Mois : juin 2014

Mind 80 #10

Mind 80 #10

« Comme prévu voici la 10ième compil’ du blog ! ». Ça fait déjà un bon bout de temps que je rédige des chroniques donc il est temps que je passe à autre chose (cf Harmonia). Pas de panique cependant, quand je dis ça c’est tout simplement pour te faire comprendre que l’article d’aujourd’hui va pousser les choses vers le haut. Le programme est vaste : 30 morceaux, de la Nu Disco en passant par la House ou bien des perles d’Ambiant, tous étant bien sur tirés de la plateforme à succès Soundcloud. Je me suis volontairement éloigné des sentiers de la Techno pour apporter un peu de chaleur à ce début d’été, la Nu Disco étant très vaste j’ai du bon potentiel dans mes bagages. Un peu de respect aussi, cette playlist résume dans les grandes lignes beaucoup de mes découvertes personnelles, la plupart des gens attentifs à la musique préfèrent conserver leur secret tranquille dans leur coin (je pense aux DJ fourbes qui en pètent pas une pour filer une petite tracklist) mais je considère qu’il est temps de partager mon savoir. Changement de présentation aussi, la petite description que je donnais pour chaque titre dans les précédentes playlist n’a pas lieu d’être dans celle ci (merde quoi, c’est l’été faut que je profites aussi un peu). Ne t’impatiente pas l’amie, ce « blabla » est nécessaire, c’est quand même l’occasion de célébrer cette 10ième fucking playlist ! Embarques avec ton ampli à tubes à bord de l’USS Enterprise et jettes toi dans le vide galactique et temporel !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PS : Un petit merci fait toujours plaisir l’amie, n’hésite pas à partager cette compil’ avec tes potes !

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Chronique : Harmonia

Harmonia

Le Krautrock c’est très vaste l’amie. Tellement vaste qu’on en oublie les racines et les pôles créatifs qui ont su forger le phénomène au cours du temps. Heureusement me voilà revenu d’outre tombe pour te présenter un cas à part dans ce joyeux bordel. Premièrement il y a Michael Rother, co-créateur du célèbre Neu! (regarde par toi même tu comprendras le talent du bonhomme) suivis de Hans Joachim Roedelius et Dieter Moebius. Ces 3 gars se sont lancés avec le nom de scène « Harmonia » et ont sortis des studios plusieurs pépites fortes intéressantes. Deuxièmement on est en pleine 70’s et le courant créatif en Allemagne atteint des strates bien jouissives, il n’y a qu’a regarder toutes les têtes cultes qui ont fait vivre cette époque pour se rendre compte de la situation. Et troisièmement Harmonia est un cas à part : pourquoi donc tu me diras ? Et bien c’est ce que je vais tâcher de vous montrer, sort de ton grenier ton vieux ampli à tubes et plonges un petit coup avec Ganesh !

 

1974 – Musik Von Harmonia : Chose rare les compères se sont directement attelé à la fabrication d’un album. A l’heure actuelle faire ce paris revient littéralement à se tirer une balle dans le pied. Mais non, c’était tout une époque donc c’est à toi de t’adapter. Après tout il est temps de commencer la lecture avec Watussi. Ces 6 minutes d’introduction à la galette font leur effet de suite : si on est clairement dans un esprit Rock au niveau du rythme, la patte électronique est envoutante : comment à cette époque là ces mecs sont ils parvenus à te sortir un titre comme ça ? Savante question à laquelle je te laisse méditer, Watussi est un petit nuage indien dans l’avènement d’une nouvelle ère musicale : celle des innombrables synthétiseurs électroniques qui ont déboulé chez la horde de producteur et autre expérimentateur transie de plaisir. Le groupe était en avance sur son temps, sur tout les domaines et c’est ça qui est incroyable. Sehr Kosmisch poursuit cette idée innovante : à la manière de Time des Pachanga Boys, les membres d’Harmonia te transportent dans un sublime voyage au delà du réel, au delà même des genres de l’époque. Cette track appuie aussi sur un autre côté jusque là pas encore exploité dans la formation : le visuel. On est face à la bande son d’un Comics SF des 70’s retrouvé par hasard. L’esprit de l’album est d’ailleurs indivisible de cette partie visuelle : ou que tu l’écoutes tu auras toujours le désir de t’imaginer ailleurs et c’est ça qui frappe le plus. Allez renchainons avec Sonnenschein. S’il fallait synthétiser au maximum l’esprit de ce morceau, je dirais simplement « Rencontre avec Ganesh ». A ce jour c’est la plus belle fusion Germano-Indienne que j’ai pu trouver sur le net, et je pèse mes mots l’amie. On est en plein trip parapsychique, voir cosmique si ton état le permet. Outre ce gros point fort (celui de la fusion) Sonnenschein est un sans faute total : sur le point rythmique les tambourins remplissent leur rôle à la perfection. Si on passe du coté des mélodies ces incessantes petites pointes acides t’hypnotiseront pendant les milles années à venir. Mais comme tout voyage il est temps de revenir à la réalité : Dino est là justement pour faire la part des choses. Curieusement le mixage général du titre semble bien plus contemporain que celui couramment utilisé dans les 70’s : dans tout les cas le mastering a bien été bossé, chapeau bas à l’ingénieur son derrière tout ça. Dino pourra vous rappeler Sunya Beat (chronique ici même l’amie) à certains moments, et c’est tant mieux tant les deux groupes semblent se correspondent sur certains aspects. Cette petite transition de 3,30 minutes à l’immense mérite de te mettre la patate après les précédentes expériences bien envoutantes. Le doux petit nuage qu’installe la track est cependant amené à disparaitre face à Ohrwurm. Ce 5ième morceau va te plonger en plein thriller psychologique c’est moi qui te le dis. Plus de l’expérimentation, Ohrwurm effraiera les plus sceptiques mais là encore je peut comprendre. A chacun de voir les choses à sa manière, pour une fois je vous laisserai juger par vous même. Heureusement on arrive à Ahoi!. Si tes jambes ont besoin de repos alors clique sur Play d’office. Merveille absolue de la détente, cette track pourtant bien courte (5 minutes !) est l’ascension directe au paradis que tu cherchais depuis des lustres. Et comme toute ascension il y a des paliers : celui de la fin saura te propulser à Mac 10. Veterano poursuit l’aventure, le pep’s qui se dégage des lignes de synthés et de la réverb’ en continue ne sont que des preuves de tout le talent d’Harmonia. Garde tout de même ce titre en tête, on le recroisera par la suite et d’une bien belle manière. La conclusion est proche cependant, la galette est arrivé à Hausmusik. Ce morceau est à classer à part : la part intrumentale/synthétique est homogène, le tout coordonné des mains de maitres par nos 3 compères. La composition a beau eu être faite en studio, je persiste à croire qu’Harmonia a toujours fonctionné en live perpétuel. Mais c’est une chose courante de l’époque après tout, des merveilles telles que cet album mettent toujours du temps à  ressortir des bas fonds des disquaires…

 

1975 – De Luxe : Basé à Harmonia Studio Forst (leur studio vous l’aurez compris), nos trois compères de chez Harmonia continue leurs travaux innovants. C’est ainsi qu’ils nous pondent ce cher LP De Luxe (+3000 pour le jeux de mot). Bon bref renchainons sur la galette : De Luxe (Immer Wieder) ouvre le bal avec un certain côté « Retro ». Ok nous sommes en 2014, ça a pu vieillir avec le temps mais pour être clair et net le morceau a perdu de son aura d’origine. Premier sans faute pour la bande, rien de grave cependant. Walky-Talky va même inverser les choses, ces 10 minutes de bande son dignes d’un bon vieux Western psychédélique font leur effet, c’est indéniable. Continuons cependant avec Monza (Rauf und Runter), 3ième morceau du Lp. Ah s’aillait, la patate Rock n Roll a débarquer dans la place ! Et si en plus on vous sert un titre garage dans l’esprit d’Harmonia, qu’est ce que ça donne à votre avis ? Et bien une bonne révélation mystique. Allez il est temps de lancer Notre Dame. Faisons une pause par contre, la bataille s’annonce rude. Rien que le début du morceau te fera penser à un mélange tarré de « Super Mario 64/Eurovision ». Etonnant non ? Je n’y suis pour rien là dedans, Notre Dame est soit à prendre avec humour, soit à voir d’un oeil nostalgique, la track a bien trop vieillie pour jouer un autre rôle croyez moi. Mon précieux, qu’en est il du reste de l’album ? Aucun problème l’amie, Gollum est dans la place. Hommage au cultisme SDA ou simple délire sous champ’, ce titre dégage un esprit lunatique fort agréable. C’est aussi (et encore une fois) la preuve qu’Harmonia sait s’y prendre pour t’introduire dans leur petit monde. Un peu de curiosité l’amie, je te laisse sur le paysage idyllique de Kekse.

 

 

 

2007 – Live 1974 : On en arrive au choses sérieuses. Sortis de sa tombe en 2007, ce live est un ovni à lui tout seul. De la pure improvisation comme seul Harmonia sait le faire. Les standards de l’époque ont loupé une grande oeuvre quand j’y pense. Mais bon il est temps de se lancer dans la bataille avec Schaumburg. Ces 11 minutes de voyage intersidéral au coeur de la galaxie m’ont envouté dès la première écoute. Impossible de ne pas se prendre au rythme d’ailleurs, le morceau a beau être joué en toute simplicité j’ai été hypnotisé par l’ambiance qui s’en dégage. Si comme moi tu étudie l’histoire alors imagine toi en plein empire Perse et tu comprendras. Ouaahhhhhhhhh… Remet toi de tes émotions l’amie, l’heure est à Veteranissimo. Pour faire simple c’est la variante en version longue de Veterano, l’un des morceaux présent sur leur premier album Musik Von Harmonia. On est cette fois face à 17 minutes de pure improvisation minimaliste. Michael Rother délivre ici toute son talent dans les rythmiques électroniques : c’est simple en apparence mais quand tu commences à te laisser allez tu comprends tout le talent du bonhomme. Ouaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh quel putin de plaisir. Décroches toi un peu de ce nuage car il reste encore Arabesque. Michael Rother se plonge dans l’ombre pour laisser la place à son acolyte Hans Joachim Roedelius. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cet enchainement se fait à merveille : les nappes mélodiques en fond du titre font leur effet tout comme les riffs de guitare tous plus déchirés les uns que les autres. C’est aussi le temps idéal pour se faire un petite pause et s’en couler une petite. Bref, un gros point fort pour un Live album qui démarre très bien. Tellement bien que Holta-Polta arrive en renfort. Changement d’ambiance par contre, le glauque est clairement affiché sur la porte d’entrée dès les premières secondes d’écoute. Retour aussi à la patte synthétique du groupe, mis à part quelques riffs de guitare TOUT est composé à la sauce électronique. Et c’est ça qui est magnifique à voir, nous sommes en 1974 et ces mecs ont déjà compris toutes les possibilités des nouveaux matériels de l’époque. Enorme chapeau bas Harmonia, vous avez réussis avant tout le monde. Et comme il s’agit d’une réussite absolue on a droit à un dernier voyage intersidéral avec Ueber Ottenstein. Si j’ai lancé ce blog c’était surtout dans le but de faire découvrir des sons intéressant pour tout le monde. Comprenez les choses de cette manière en fait : tout le monde n’accrochera pas avec Harmonia, ça c’est sur, mais si au moins une personne peut entrevoir toute la magie de ce groupe alors je considérerais que cette chronique a eu raison d’être. C’est aussi le moyen de rendre hommage à des génies oubliés qui ont transformé à jamais l’histoire de la musique électronique. Enfin bref, écoutes…

 

PS : Live 1974 a beau avoir été remasterisé en 2007 l’album n’est pas entièrement disponible sur le net (Youtube, Soundcloud, etc…) donc n’hésiter pas à l’acheter sur Amazon en version digitale ou bien sur Discogs en CD ou LP.

Chronique : Unknown Artist – Doge 001

Unknown Artist - Doge 001

Petite pointe de Old School aujourd’hui, je doute fortement que vous ayez entend parler du bonhomme derrière la galette dont je vais vous parler. Pourquoi donc alors ? Et bien le gars n’a tout bonnement laissé aucune information pour le suivre, juste un « Unknown Artist » histoire de dire que c’est officialisé sur un label. « Ca craint grave ton truc » tu me diras. Que nenni l’amie, c’est même tout le contraire, embarque avec moi et tu verras !

Observe petit(e) manant(e) que tu es ce cher Organ House et remet en question tes pensées préétablies. L’introduction du titre est commune dans le milieux, ne t’attend pas à quelque chose de révolutionnaire. Là ou ça commence à bouger cependant c’est au niveau de la ligne de synthé qui débarque vers le milieu du morceau. Par la suite le producteur a même rajouté quelques petits vocales qui te tenteront vite à bouger sur la piste. A titre introductif Organ House fait un sans faute : c’est le début de soirée qui commence, l’ambiance est encore fixé sur les débats entre potes, tout va bien. Fucking Bingo ! « Winter is coming ». Cold Summer Lights va mettre un terme à cette insouciance apparente du début de galette. La veine Old School est toujours de mise je te rassure, rien de troublant. Le rythme est posé, la groovebox en plein délire auditif le tout manié par la main du maitre. Après l’introduction c’est bien à une transition que tu dois faire face, les 5 minutes du titres laissent clairement entrevoir ce petit message tout doux. Mais bon, derrière tout ça tu commences à méditer et je vais t’apporter de quoi te rassasier pleinement. Imagine toi dans un banquet remplis de Skekses tout plus repus les uns que les autres. La nourriture, le bon cône, le siège bien feutré, bref du grand bonheur digne d’un empereur des temps modernes. Get Up se lance timidement mais tu sais que la track va faire son effet. C’est une certitude même. Cette putin de boucle qui accompagne la totalité du titre va même raisonner dans ton petit crâne pour l’éternité. Du côté rythmique c’est un sans faute total, le précédent cadre feutré t’entraine sur la vague du début d’été en douceur, ça groove comme il se doit. Les plus barrés d’entre vous tomberont sous le charme de cette pépite c’est moi qui vous le dit ! Difficile de faire mieux pour la suite d’ailleurs. Way With Her surf sur le côté Deep House du maxi, l’idée de base étant bien présente mais sa maitrise quelque peu déconcertante. L’expérimentation avec les vieilles MC 303 ou autre MC 909 a bien des limites l’ami, il faut savoir rester clair dans ses projets. Et c’est bien là le problème de cette dernière track : au lieu de conclure en beauté la galette Way With Her est plus un joyeux méli mélo d’expérimentations en tout genre. La partie mélodique résolument planante pourra tout de même plaire aux « officionados » du genre. Mais ne nous plaignons pas, 1 sans faute pour 3 grosses claques ça fait toujours plaisir !

 

PS : Le maxi est dispo’ sur plusieurs sites (je vous conseille pour ma part le bon vieux Decks) donc n’hésiter pas à passer commande.