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Mind 80 #18 Darkside…

Darkside...

Une pointe de beau temps, un zeste de recherche et une bonne dose de sono, voici les ingrédients pour trouver le temps et l’inspiration de faire une petite playlist. Au programme une flopée de titres qui touchent à tout : de la Dub/Deep Techno envoutante au rythme nerveux des 90’s, les adeptes de mère et sainte divine Techno seront servis. Entamons les hostilités !

Ne serait ce qu’en entendant les pointes synthéthiques du début de morceau on peut aisément retrouver le grain et la marque des 90’s. Basic Channel, autrement considérés comme les Padre de la Minimal, ont littéralement tout écrasé à leur passage : leurs sons épurés et nerveux ont marqué les esprits notamment grâce à des prestations Live de qualité et toujours impressionnantes à voir pour les nouveaux venus. Preuve en est l’efficacité de Phylyps Trak n’est plus à prouver, un simple passage en milieux de Set suffit pour re-motiver les troupes.

Paula Temple s’est taillé sa place à l’ancienne : déjà titulaire d’un paquet de mix/set en tout genre dans lesquels la perle rare est souvent présente, la Miss m’a surtout mis une claque avec Contact. Titre fortement apprécié par beaucoup de « DUR » du milieu (aka Jeff Mills par exemple), la track d’un peu moins de 6,30 minutes est comme dirait… sataniquement efficace. Le son Rave associé aux différentes envolées en puissance qui succèdent le titre sont tout bonnement jouissif, profites bien l’ami !

Plus besoin de vous présenter Jeff Mills, c’est de la culture générale de base pour tout Techos’ qui se respecte. En revanche impossible de ne pas parler de Changes Of Life dans les conditions actuelles : c’est sans doute l’un des titre des 90’s qui saura mettre tout le monde d’accord. Festif, hardcore et intemporel seront les trois qualificatifs à garder en tête.

Minute d’attention jeunes gens, au vu de ce qui se passe sur notre bonne vieille terre il est toujours bon de voir quelques oeuvres impliquées. Et c’est chose faite avec l’excellent Amazon de World 2 World (aka Jeff Mills & Mad Mike). Le titre a eu pour inspiration la destruction de la forêt amazonienne et les répercussions sur ses habitants, pas des nouvelles joyeuses mais le constat est posé, malgré les 23 ans qui nous séparent de la sortie d’Amazon la situation reste la même : les 4minutes du morceau illustrent à la perfection l’ambiance tragique des évènements.

On continue sur une bonne lancée, Phuture est dans la place. J’ai longuement hésité à choisir un titre qui puisse résumer rapidement l’esprit du groupe mais Rise From Your Grave m’a convaincu. Maitre des Groovebox et de l’Acid House, les pères spirituels du genre restituent avec classe toute la folie créatrice de la fin des 80’s/90’s. Vocal bien grave, rythme accrocheur, grave bien enrobées, bref la recette est toujours gagnante.

Quand Benjamin Damage a sortie son cultissime Delirium Tremens, le monde des Techos’ a savouré le moment. Quand la supra-pointure-subliminique de la Tech’, j’ai nommé Robert Hood, décide de remixer le morceau on ne peut qu’apprécier. Toujours aussi nerveux et puissant, ce remix devrait aisément se placer au top de vos playlist.

Jorden Hodgetts a beaucoup de talent dans la Techno. Son nom vous échappe mais si je prononce Cleric certains d’entre vous comprendront vite ou je veut en venir. Adepte des gros Kick et autres graves de la Dark Tech, ce « jeune » producteur est un vrai pro quand il s’y met. Blitz porte d’ailleurs bien son nom : préparez vous à une vague de son bien vénère. Finis les BOUM, place aux BANG.

Oh que j’ai savouré la découverte de Keith Carnal. Le kiff a été encore plus intense lorsque j’ai eu l’occasion d’écouter son maxis Instantaneously. Et la stratosphère du kiff a été atteinte une bonne fois pour toute avec Untold. A écouter avec de bons visuels, c’est typiquement le genre de track qui le mérite.

P.E.A.R.L. est sans conteste LA tête montante à étroitement surveiller dans le prochaines années. Découvert il y a peu le bonhomme m’a convaincu en rien de temps. Son dernier maxis Four Cardinal est déjà l’une des pépites de ma collection mais je choisirai de mettre en avant IVC I qui en plus de me rappeler mister Renart m’a foutu une claque de batard lors de la première écoute (et nombreuses ont été les suivantes). A recommander a vos potes de toute urgence, il a le profil du mec qui va cramer les Soundsystems de sa région.

Passons maintenant à des sonorités un tant soit peu plus contemplative. Histoire d’ouvrir le bal dans de bonnes conditions c’est Reeko qui a été choisis : je ne suis pas totalement admiratif de ses autres sorties mais je dois avouer que sa track Miracle est un vrai bonheur. La montée progressive associée aux graves puissantes (mais tout en rondeur encore une fois) se voient rapidement accompagner par un final en apothéose. A réserver dans les ambiances nocturnes en présence de gens ouverts.

Si il y a bien une catégorie de sortie qui est un peu à part c’est le fameux « Unknown Artist ». Ne jamais sous estimer ces petites pépites, bien souvent les producteurs s’y lancent justement pour sortir des sentiers battus et c’est gagnant dans beaucoup de cas. L’exemple que j’ai en tête justement suffira à vous convaincre : #0000ff a et ses 10minutes sont parfaits pour te caler tranquille au soleil avec un bon petit spliff et pourquoi pas une bonne bière bien fraiche. Profites bien l’ami.

On en arrive à la conclusion, étape ô combien difficile. J’ai choisis Fresh & Low qui est une valeur sure de la scène Deep House anglaise. Le titre date de 1997 et n’a toujours pas pris une ride, les amateurs de Groove seront donc servis. Pour les autres, New Life est un titre très accessible : ça donnera à certain l’impulsion nécessaire pour rechercher les perles rares dans les tréfonds du web. Bonne écoute !

Sunya Beat – Comin’ Soon

Comin' Soon

Peu d’entre vous ont du entendre parler de Sunya Beat. Très peu, une infinité même, et c’est bien normal car le groupe Allemand ne joue pas la carte de la communication : site du label à l’abandon, pressage ultra limité et j’en passe… On peut seulement les trouver sur Amazon en numérique ou sur Discogs pour la version vinyl. Je suis passé par ce dernier personnellement et je vais tenter de vous expliquer pourquoi. Tout d’abord l’histoire remonte au padre qui avait fait un enregistrement d’une radio Allemande sur le net. Sur la tracklist, Am Anfang, un des titres de Comin’ Soon. On a tout les deux été allumé par ce son : mélange subtil de sonorités indiennes et du psyché/Krautrock Allemand, ça a été le coup de foudre. Je me suis donc vite décidé à en savoir un peu plus, mais là je suis tombé sur une impasse : aucun moyen de télécharger l’album (mis à part Amazon mais mes tunes étaient au plus bas), aucune communication comme j’ai pu le marquer précédemment, enfin en bref un mur, un peu comme celui de Berlin pendant la guerre froide. Jusqu’à ce que noël arrive, et par la même occasion les rentrées d’argent : aucune hésitation, je commande la galette sur Discogs. Risqué, au pris de 30 euros il y a intérêt que l’investissement soit bon. Quelque jour plus tard, le colis arrive. Déballage fait, je m’empresse de lancer la platine pour deguster tout ça.

Je retombe donc sur Am Anfang, première piste de l’album. La magie opère toujours, je retrouve cette merveille psychédélique Indienne mais cette fois avec la qualité du vinyle. 4 minutes de plaisir, peut être trop court à mon avis tellement le guitariste en jette (non mais vraiment, le gas utilise à la perfection la pédale Ouah Ouah). Bref, monstrueux, du psychédélique comme on en voit plus depuis très longtemps (de mémoire j’ai pris la même claque uniquement avec les Floyd et Tame Impala, c’est dire !).

Ca continue avec Bond’s Off, un remix du thème de James Bond par les 3 Allemands  : là encore les sonorités indiennes (les percussions par exemple) se mélangent admirablement avec la marque Krautrock (distorsions à gogo, effets de réverb’ et j’en passe). Le célèbre riff de guitare accompagne le tout, s’atténuant à des moments pour revenir faire trembler l’auditeur. L’idée au départ semblait loufoque mais le résultat en jette, ce mélange de genres  relève juste du génie, une autre pépite !

Lys trois se démarque justement des deux précédentes pistes : on pense même à du Santana tellement le rythme et la guitare semblent similaire. Pourtant, on reconnait très vite la patte Sunya Beat, ne serait ce qu’avec l’apparition de riffs endiablés vers les 6,30 minutes du morceau. Parce que oui, ça monte en puissance petit à petit pour atteindre une apogée bandante. 10 minutes de pied total, l’hymne à la détente par excellence quoi. 3 ième pépite au tableau, ça relève du miracle !

Le sourire aux lèvres, j’attaque la suite avec Sierra nostra. L’introduction de 2 minutes laisse très vite place à une batterie endiablée, là encore accompagnée « Indiennement » de la fameuse guitare. Ca « groove » presque, j’en reste étonné d’ailleurs sur le moment. Mais c’était sans compter le savoir faire Allemand : une pause de plus de 2 minute plonge l’auditeur dans une transe, sur fonds de vocals obscurs et luminescents. Ca repart cependant très rapidement avec le batteur qui remet le rythme et un guitariste qui nous délivre un magnifique solos . Ok, Sunya Beat se place déjà dans le top des découvertes 2012.

Landmarke 3 continue dans la lignée du morceau précédent, cette fois en version 15 minutes. Plus structurée, on pense tout de suite à de l’Ambient. Rythme posé, légère guitare en fond, percussions encore une fois Indienne, le fait d’avoir composé ce morceau peut demeurer un mystère au départ, mais à mon avis l’aspect scénique accompagné d’une bonne dose de ganja peut donner la réponse. Au final, cette ballade planante peut se traduire par une très longue interlude, ce qui est à mon avis un très bon choix étant donné ce qui va suivre.

C’est donc en étant arrivé au milieu du Lp que je reste sur le cul devant une telle claque : comment ces mecs là peuvent continuer à rester dans l’ombre alors qu’ils réalisent sans doute un des meilleur album de Krautrock de la décennie ? Vaste question l’amis,  je crois avoir ma petite idée là dessus : le plaisir est leur mot d’ordre, l’argent ne les intéresse pas et ils préfèrent marcher en Live plutôt qu’en vente d’album. Vrai ou faux, à chacun d’interpréter, mais devant un tel génie c’est l’hypothèse la plus probable.

Mais trève de bavardages, on reprend la suite des évènements. Skies Unlimited débarque et le moins que l’on puisse dire c’est que le morceau voit haut : la guitare prend ainsi un rôle secondaire voir même mélodique au début, la percussion quand à elle ne bouge pas tout du long (tout en restant très Indienne dans l’idée). Ce sont au final les distorsions et autres reverberations qui sont justes jouissives. Totalement planant,on a droit ici un morceau sans étiquettes, mélant comme ils savent si bien le faire différents courants (je pense à la Dub ou l’Ambient). Enorme merci, voilà ce que tu devras dire l’amis.

Mais la jouissance ultime dans cet album, c’est Delhi Slide. Je classerais aisément ce morceau dans le panthéon de la musique. C’est divin dans l’idée, jouissif à l’écoute, et bandant quand on y repense. La montée en puissance des précédents morceaux revient encore une fois mais pas du tout dans le même état d’esprit : Delhi Slide se savoure seulement après des dizaines voir des centaines de lectures. La guitare qui est toujours dans le même accordement que le reste de l’album passe ainsi pour un vocal : la finesse des notes surprend, le Lp étant tiré d’un live et n’autorisant donc aucune retouches ou travail de Post-Production. Ce travail colossal porte ainsi ses fruits sur cet aspect là, l’album ne pouvant être pleinement savouré qu’en live tellement l’ambiance qui s’en dégage semble magnifique. Dans le même genre que les Pachanga Boys avec Time, Sunya Beat délivre la même claque avec Delhi Slide. Encore !

Gamma Weg sort de cet esprit par contre, ne serait ce que pour les percussions. Les traditionnelles font ainsi place aux numériques, le morceau en perd ainsi toute crédibilité même si l’on parvient à entendre de temps à autres la patte Sunya Beat. Gorgée d’idée mais quasi-vide dans la forme, je me dit que le groupe aurait pu se passer de ce morceau.

Herzberg Anthem est dans une situation diamétralement opposé : séparée en deux parties, la première aborde un coté groovy, reposant même. La seconde quand à elle part dans le trash, la saturation et les notes aigues poussées au maximum. Cette opposition coupe littéralement le morceau en deux. C’est fourbement bizarre au début, mais après multiples réécoutes on s’y prend.

Enfin pour Voodoo Chile (titre exclusif à la version Vinyle) c’est le déferlement total. Reprise de Jimi Hendrix dans le riff de guitare devenu maintenant mythique, tout le reste est passé à la trappe et a été remplacé par les inspirations de Sunya Beat. On se retrouve donc avec un titre à part entière, un remix unique qui change les idées reçues à propos des trop nombreuses reprises dans le monde du rock et du psyché. Seul la batterie et la guitare figureront parmi les points communs envers la star des 60’s. Mais c’est tellement bon qu’on en oublie que c’est la fin de Comin’ Soon. Fin d’un album injustement méconnu pourront dire certains, mais dans un sens je suis content qu’ils restent dans cette forme d’anonymat scénique : ça leur plait, c’est leur expérience et ils en tirent un putin de plaisir en live. Que demander de plus si ce n’est multiplier leurs apparitions en Europe tellement on en bave à l’écoute ! Allez l’amis, c’est la fin de cette chronique, garde en mémoire que c’est un des meilleurs albums psychédélique que tu puisses écouter dans ta vie et que si tu veut en profiter pleinement il faudra passer par le Vinyl.

Allez, pour que t’en profites directement et en un seul clic j’ai rippé ma version vinyle pour la mettre sur youtube. Tu as juste a cliquer sur play et hop tout l’album va s’enchainer 😉 (Elle est pas belle  la vie l’amis !)