Étiquette : Berlin

Mind 80 #17

Mind 80 #17

It’s time to move on guys… ». Un peu comme un teufeur en mal de Techno il était temps que cette petite playlist débarque, qui plus est sous les bonnes auspices en plus. Qui dit début de printemps dit l’arrivée du beau temps : le contexte de fin d’année universitaire, le débarquement des ravers à l’affut du Kick de la région, cette période de l’année est juste le parfait pour se remettre à jongler sur du 120 BPM. Et en parlant de ça d’ailleurs j’ai une fine sélection qui devrait égayer vos soirées, comme d’habitude on surfera entre les vieux tubes Old School de chez Old School avant de s’attarder sur les quelques pépites des temps modernes. Étant donné la longue pause que j’ai du prendre pour revenir sur mes cours il y aura de la matière aujourd’hui, le plus étant que vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre ce qui me laisse penser que peut être je réussirai à flatter l’égo de quelques uns d’entre vous. Allez on enchaine !


Plus besoin de présenter Green Velvet aux officionados de la Techno, le bonhomme a tellement marqué son époque que je vous laisse allez sur Discogs pour allez un peu plus loin. Non si j’ai choisis de mettre en première place ce fameux « Destination Unknown » c’est bien parce que ça relève du gros coup de coeur de mon enfance : à l’époque El Padre passait souvent une cassette d’un mix à Paris dans les années 90, mix qui réunissait toute la fine crème de la scène électronique de l’époque (Laurent Garnier, Jeff Mills, Carl Craig et j’en passe jusqu’au cas de Green Velvet). « Destination Unknown » est juste une petite bombe de nervosité qui fera toujours son effet en soirée. Par ses schémas très simples pourtant, Green Velvet réussis avec cette track un exploit qui ne lui est pas étranger : faire péter le soundsystem dans une foule tout bonnement hystérique. « Mission complete ».


Lhasa est un duo qui malgré un faible nombre de sortie a réussis l’exploit de faire partie de la première vague de Techno Allemande. Leur mythique tube « The Attic » avec ses sonorités très New Wave continue toujours à faire son effet : l’ambiance qui se dégage d’ailleurs des 4 minutes du titre est tout bonnement incroyable. C’est comme si vous étiez de retour à l’UFO en pleine période de réunification de l’Allemagne et que vous écoutiez pour la première fois l’Acid House de l’époque. Expression de toute une période avec ses ambiances et messages, savourez ce petit retour aux 90’s en toute simplicité.


Là j’ai touché le Graal de toute une époque. Le doux nom de « Viper » ne vous dit surement rien, et je vous rassure c’était mon cas aussi, mais croyez moi quand j’ai pu remettre la main sur « Titty Twister » c’est un peu comme si je venais de gagner à la loterie. Là encore c’est El Padre qui m’a fait écouter ce tube il y a fort longtemps : du haut de mes 7-8 piges je me souvient de ces vocals si charismatiques, de ce gros kick bien fat qui te lance dans le rythme, bref d’une petite merveille de Trance comme on la faisait si bien à l’époque. Redécouverte par grand hasard sur la planète Youtube il y a quelques semaines, j’ai toujours cet énorme smile pendant l’écoute : rien de mieux que de retomber dans les bon vieux souvenirs de l’enfance de temps en temps.


Oh oh vous pensiez le temps des gros hit de l’époque révolue ? Que nenni les gars, les chevaliers de la Tech’ auront toujours des putin de pépites à leur disposition. La preuve avec le bon vieux Phuture (trio crée par DJ Pierre) et leur mythique hymne de l’Acid House, j’ai nommé « We are phuture ». Non mais sans rire, la claque rythmique que j’ai pas prise à la première écoute c’est juste monumental comme effet. Prenez ensuite un bon zeste d’Acid House (groovebox et synths inclus) et vous avez là la recette ultime pour forcer les gens à se bouger comme des grands malades. 9 minutes, voilà le temps qu’il suffit pour semer le chaos absolue et c’est tant mieux !


D.I.S.C.O.T.A.G !!!! Florian Kupfer réitère ici une sortie audacieuse et encore une fois toujours dans une démarche simplifiée à l’extreme. Accompagné d’une poignée de machines (Roland et ses MC ou TD n’est pas loin) le bonhomme pose une vocal bien efficace. Dans la lignée de Phuture (ci dessus) il déchainera les septs enfers sur la piste et t’emmènera dans le paradis de la House et de la Techno. Je recommande l’écoute complète du maxis (I Feel You en 12’’) pour savourer la maitrise, longue vie et prospérité à l’artiste !


Pause, pause ! C’est ici que la playlist prend son tournant House, les raisons sont multiples mais j’ai de bonnes pépites à vous. Sans Kerri Chandler on peut penser que la Deep House aurait un énorme cran de retard. Heureusement le talent de l’Américain est arriver en temps voulu et a permis le développement de tout un sous genre riche de pépites. « Mommy What’s a record » se la joue tranquille comme si tu venais de rentrer d’after et que tu avais envie de te poser dans ton canapé histoire de clôturer en beauté la soirée. Rien de plus rien de moins, le morceau est épuré mais toujours aussi agréable à entendre. C’est d’ailleurs la grande force de la Deep House : la soirée ne se termine jamais….


« Do It Again » de ce bon vieux Soichi Terada te ramènera dans les bon moments de ta vie. Très énigmatique avec sa petite mélodie entêtante, le titre passe à merveille lors de tes trajets récurrents en ville. La naïveté qui se dégage du titre est d’ailleurs le point essentiel du titre, c’est cette idée d’insouciance et de simplicité qui fait tout le talent du producteur. En un peu moins de 6 minutes te voilà sur un petite nuage de douceur et c’est ça qui est juste cool, pas besoin d’en dire plus.


Moodymann, le pilier si ce n’est le dieu mythologique de la House. Déjà riche d’une tonne de sortie, le bonhomme n’a jamais perdu en qualité. Connu pour ses live et Dj set quelque peu bordéliques (mais de qualité), expliquer la carrière de Moodymann revient à faire une synthèse de Detroit dans la période 90’s/00’s. Sa musique est l’expression même de la ville, la chaleur qu’il réussit à retranscrire dans ses productions atteste de la richesse d’un genre qui perdurera à jamais. J’aurai pu choisir un tas de ses hits mais « J.A.N. » m’a semblé être un bon exemple. Les 11 minutes du titre te poseront dans une ambiance tout à fait agréable. Enfin non en réalité c’est juste le putin de pied et tu peut t’allumer ton stick, tout va toujours bien avec l’illustre Moodymann.


Même chose pour Theo Parrish, amis « discogiens » le temps est venu pour vous de vous plonger dans ses productions. Il est dur de sélectionner un seul et unique titre d’un artiste pareil, toutefois l’excellent « Friendly Children » me paraissait être le bon choix. Tu as surement du déjà entendre ce sample si énigmatique, si c’est le cas j’imagine déjà ton sourire qui se forme. Oh oui ces 11 minutes te redonneront foi en l’humanité.


Je vais faire court : Gallifré pose les bases du son à la Chicago des 80’s. Ça vous l’auriez compris rien qu’en regardant le titre, personnellement j’ai une autre vision du morceau : au lieu d’être sur ton petit nuage imagines toi plutôt au soleil, petit stick et Gin Tonic à la main, le soundsystem en plein air, la vue sur la mer, bref les conditions parfaites pour groover. Rajoutes maintenant cet excellent « Night Beats (House Rhythm) », lance toi dans le groove et si possible convie tes potes pour l’occasion. Là tu auras un semblant d’ambiance de l’époque qui te marquera jusqu’à la fin de ta vie.


On tape dans le White Label avec cet « Untitled B2 » d’un producteur inconnu. Là encore c’est parfait pour groover tranquille dans ton jardin. Le petit plus du titre c’est bien son ambiguité : très calme sur le plan des sonorités, le rythme du morceau vaut de l’or pure. Aérien comme réaliste, je discerne un putin de chapeau bas à l’artiste qui se cache derrière ces 5 minutes de génie.


Raw M.T. et sa dernière sortie ont frappé fort dans le paysage de la Techno ces temps ci. J’ai choisis « Strike » pour illustrer le talent du bonhomme et montrer qu’en 8 minutes l’artiste réussis son paris haut la main. A tout hasard si tu te retrouves en pleine « technique du spliff / spliff politics » lance ce titre et tu augmenteras tes chances d’à peu près 62%.


Allier les gros Kick d’une Techno démesuré avec le côté aérien de la Deep House c’est pas ce qu’il y a de plus facile. Je me suis pourtant royalement trompé quand j’ai écouté « Neuromance » : prépare toi à une putin de claque sismique, l’effet en soirée est juste monumental. Promis je tâcherai de tester avec la sono à pleine balle pour voir le résultat, j’ai ça en tête depuis quelques temps déjà 😉

J’espère que cette petite selection t’aura redonner foi en la sainte et douce mère « Techno ». Ma besace de titre est plutôt pleine en ce moment, mes avis que quelques chroniques et playlist vont arriver d’ici peu de temps. Allez l’amis, profites bien de ce début de printemps et prépare toi bien aux grosses teuf de l’été !

Publicités

Chronique : Paul Kalkbrenner

Paul Kalkbrenner

L’ascension Kalkbrennerienne relève du miracle : Berlin Calling l’a propulsé sur les hautes sphères de la techno dès la sortie du film éponyme. Sa masse de fans n’a fait qu’augmenté avec le temps, toutefois il devient nécessaire d’éclairer la partie immergé de l’iceberg. PK a commencé bien avant sa célèbre bande son et j’ai l’impression qu’une bonne partie de ses fans ne se rend pas compte des nombreux maxis et albums qu’il a produit par le passé. Cette (longue) chronique retracera la totalité de ses sorties, de ses surnoms « Grenade » et « Paul dB+ » jusqu’à son dernier album Guten Tag sortie en 2012. Haters ou fan absolue du bonhomme vous avez le choix de suivre cette longue rétrospective !

Paul DB+

Rusé comme un squale, Kalkbrenner démarre dans la scène électronique Berlinoise avec ce surnom de Paul DB+. Il est toutefois encadré par un Label en plein essor : Bpitch Control. A sa tête Ellen Allien, jeune patronne en quête de réforme sonore et prête à tout pour dynamiser la capitale. L’influence qu’elle exercera sur Paulo sera conséquente avec le temps, pour du bon ou du moins bon il faut reconnaitre que la miss est une des premières a avoir propulsé notre allemand bien aimé sur le devant de la scène.

Friedrichshain (1999) est la toute première sortie officielle de Paul Kalkbrenner. Dans un style résolument Tech House voir pour certains morceaux Techno, le Berlinois planche sur des rythmes agressifs et des montées par palier (voyez y l’ajout d’un kick central puis celui d’un autre kick cette fois secondaire et etc). Force est de reconnaitre que ce maxi de 4 morceaux est efficace, Crazyness Of Myself restera d’ailleurs dans les mémoires. Même si l’utilisation de boucle reste prédominante, le style de Kalkbrenner s’étoffe au fur et à mesure des pistes. Le choix des samples et autres boites à rythmes est certe classique, son utilisation et son mélange n’en sont pas moins maitrisés. Cet EP lance timidement sa carrière du bon coté des choses et lui permet d’observer la réceptivité du public face à ses productions.

Largesse EP (1999) : tout fan de Techno ou du précédent EP trouvera de très bon titres dans ce maxi. Le temps accordé aux noms des morceaux est certes dérisoires (il s’est pas cassé la tête pour le coup notre Paulo) mais ne faites surtout pas l’impasse sur ce détail, beaucoup de surprises sont à découvrir.

Largesse Plus EP (2000) : La difficulté que j’ai eu pour trouver les différents morceaux de ce maxi a été énorme : comment voulez vous trouvez des RIP acceptables d’un Vinyl tiré en 300 exemplaires ? La encore c’est à vous de forger votre propre avis sur l’oeuvre. Vous pouvez très bien adoré comme cela a été le cas pour le précédent maxi ou bien vous pouvez détester. A vous de voir !

Gigahertz (2000) : Ah ah, on arrive à une étape importante. Point d’informations superflues ici, tout les titres s’appellent « Untitled ». On reste encore dans la même veine que les précédentes productions mais un morceau sort du lot : Untitled B1. Derrière ce nom robotique se cache une pure merveille de Minimale, un titre à l’énorme potentiel lors d’un SET.

 

dB+ (2000) innove en la matière. Composé de 4 morceaux, ce maxi envoie du lourd, très lourd même. Au point que le choc se fait rude, on passe de sa précédente expérience Tech House/Techno à de la Techno/Minimal bien bourrine. Le meilleur exemple c’est bien sur Eins avec ses 6 minutes de tabassage à coup de grave bien huilées. L’ajout de quelques mélodies au fur et à mesure du morceau (qui au passage deviendront sa spécialité par la suite) laisse penser que l’allemand à déjà beaucoup d’idées derrière la tête. En opposition à la montée frénétique du 1er titre, Vier conclue le maxi sur un rythme axé vers la Dub qui tranche sévèrement avec le reste. Cela reste toutefois une bonne idée, on en sort tout content et reposé après la claque du début. Tournant nécessaire ou non, dB+ reste tout de même une grosse surprise.

Performance Mode (2001) est un cas à part : sortis sous le pseudo de Grenade, Paul Kalkbrenner s’écarte un peu de Bpitch Control pour allez vers le label Cadeaux. Structure moins importante, le bonhomme dispose d’une certaine liberté de composition : pour moi ce maxi représente sans doute un des meilleurs délires de l’allemand. On reste dans de la Techno bien brute mais un petit plus se dégage : l’ambiance froide, le rythme rapide, les sonorités agressives, tout y est pour  te faire au moins remuer la tête pendant un bon quart d’heure. Les trois morceaux se différencient pas mal mais le coup de coeur majeur est la 3ième track. Un petit air de Blade Runner (cf Vangelis) mélangé à de la Techno bien froide et puissante sont la recette gagnante de cette sortie.

Superimpose (2001), premier album et première étape majeure à franchir pour tout artiste qui se respecte. Dans le cas présent, Kalkbrenner use de tout ses talents pour ce LP. La présences de graves bien puissantes est toujours à noter mais cette fois l’aspect mélodique est plus poussé. L’allemand a pris soin de mêler une pointe de chaleur dans ses productions bien hivernales. La montée par escalier des kicks (phénomène déjà connu et qu’il reprendra par la suite) accompagnée des magnifiques vocales plonge l’auditeur dans une ambiance très très glauque. Pas sur que l’album plaise à tout le monde d’ailleurs car même si une bonne partie des morceaux sont diablement efficaces il y a tout de même des séquences ratées. Certains accuseront la « simplicité » déconcertante de quelques tracks, d’autres la merveille de puissance de Far Away ou de La Force, bref c’est à chacun de trancher. A noter tout de même que Lp doit s’écouter dans de bonnes conditions, arrêter tout de suite l’écoute avec votre Iphone en mode haut parleur, ça vous ruinera l’expérience.

Chrono (2001). Douce merveille sortie du paradis de la Minimal, ce maxi se hisse clairement dans le top 3 des productions de notre allemand. Avec ses 4 morceaux, il résume à lui seul la synthèse de tout ce que Kalkbrenner sait faire de mieux. Guardia démarre en trombe, le morceau ouvre le bal d’une belle façon  : une boucle toute conne mais o combien phasante qui se voit secondée par la suite d’une série de kick rapide. Sur le papier la recette semble dérisoire mais bordel de merde que c’est efficace, tu es dans l’obligation de remuer tes petites pattes. Le trip se poursuit avec D.E.E.P, magnifique balade électronique de 5,30 minutes. Très poétique, ce titre pourrait très bien rentrer dans une OST de film SF. Glacier quand à lui te relance dans le bain de la foule : la track malgré sa forme épurée dispose d’un énorme potentiel en club et passera largement en before avec tes potes. Faites cependant une pause deux petites secondes parce que la consécration de cette sortie c’est Precision. Ce morceau de 6 minutes te fera bander/mouiller en l’espace de trentes secondes. C’est le combo parfait entre la carte mélodique et celle des graves, le mixage est dépouillée mais foutrement dansant, les différentes montées calculées à la perfection et j’en passe tellement il y a de points forts. LE titre à retenir dans la carrière de PK ! Ecoutez le en casque ou sur un sound system efficace car c’est pas avec des petits caissons de chez Sony ou Samsung que vous allez prendre votre pied croyez moi.

Zeit (2001), second album et étape incontournable pour tout fan qui se respecte. A l’opposé de son premier LP, Kalkbrenner se lance dans des ambiances bien plus chaudes. La preuve dès Sie Liebt Mich qui te fait décoller en douceur sur une nappe de mélodie envoutante. Frühling tape dans le même délire mais cette fois l’arrivée du kick est plus rapide. Les simples petites notes de piano qui résonnent au bout d’une minute te donneront forcément un bon souvenir de la track. Zeit change par contre la donne : sur un sample fort proche de My Weakness (Moby) l’allemand pose son matos et déploie toute sa puissance. Long trip de 5,30 minutes, ce morceau est injustement méconnu selon moi. L’album se poursuit avec Kranich, titre plus orienté vers le calme ambiant de ton petit duvet. Selber surfe sur la même vague que Crazyness Of Myself, toujours le genre de sonorité bonne à entendre. Unterton est un monstre d’ambient, le genre de titre forcément présent sur une playlist de vacances. Smaragd conclue le Lp d’une belle manière : cette courte odyssée synthétique joue parfaitement le rôle qu’on lui a assigné. Je passe bien sur les quelques interludes qui pour moi ont peu d’importance et certains morceaux présents sur la version vinyle : et oui, Bpitch Control a sortis deux versions de Zeit toutes deux agencées différemment. J’ai un faible pour la version numérique mais les deux sont appréciables. Tournant majeur dans carrière, ce second album lance Kalkbrenner sous les tropiques loin de son Berlin natal et c’est tant mieux au vu du résultat.

Brennt (2002) est le maxi qui suit la sortie de Zeit. Mille excuses humble auditeur je me suis trompé : notre allemand a passé environ 1 an a écumer les soirées et autres teknivals de son gout. Cette absence s’est malheureusement fait sentir sur la production : on sent que l’allemand a eu une petite panne d’inspiration et un profond coup de mou. Brennt est un morceau plutôt sympa pourtant mais le délire de l’ambiance prend trop le dessus sur la force brute. Dampf parvient à remonter le niveau mais là encore sans réel coup de coeur. Les deux autres tracks du maxi sont quand à elle inintéressantes. Petite erreur donc, pas de quoi se tirer une balle dans le crâne non plus.

F.FWD (2003) : Derrière ces initiales mystérieuses se cache deux morceau bandant. Bandant dans le sens que le minimalisme a beau être poussé à son maximum je continue à me dire que ça envoie sévère jour après jour. Clairement orienté vers une Techno bien classique, F.FWD (titre éponyme) te plongera dans une transe de Raver pendant 7,30 minutes. Miles Away poursuit l’expérience et calme le jeu : produit sous MD (99% certain) ce titre est d’un barré sans égal. Content de voir que notre PK est de retour, surtout avec deux bombes comme celles ci.

Steinbeisser (2003) : Tu n’as pas le temps de te poser qu’un autre maxi pointe le bout de son nez. Pas des moindres d’ailleurs, on reste dans la tradition des deux titres et on garde le même niveau de production que F.FWD. Ah non attendez, on passe Mac 5 cette fois ci. Steinbesser surfe sur un délir quasi tribal saupoudré de pointes mélodiques jouissives. Les graves saturées font bientôt place à des kicks teigneux et à des petites pauses nécessaires pour se rétablir mentalement. Oui c’est efficace, oui tu passes ça à Neuilly passy on te prendra pour un tarré mais bordel ça déchire sa race ! Le pire c’est que ça continue avec Mundgucci. Derrière ce nom enfin prononçable (« Thanks Dutch ») se cache une petite bombe de speed, le genre de titre qui peu importe l’heure d’écoute te réveillera forcément et te poussera à allez clubber plus vite qu’un rat des champs. Il aura suffit d’un tout petit quart d’heure pour démontrer le talent de Paul Kalkbrenner.

Self (2004) : si il n’y a plus de bouffe on va à la Cafet’ ! Ok blague de merde, je sors. Plus sérieusement on est face au 3ième Lp du bonhomme donc on arrête de déconner et on se met à l’écoute. Tout le monde connait le célèbre et bon Dockyard donc je ne m’attarderais pas dessus. Je passe aussi les interludes de 2 minutes qui sont sympa mais pas très intéressantes à l’écoute casque. Je commence donc avec Page Three : on reconnait direct le style et ça sonne un peu à la Zeit. Bon point qui se poursuit avec Queer Follow, bouse sans nom qui ne mérite aucune description de ma part. Heureusement The Grounch arrive et on retrouve le sourire : retour vers la minimal et les graves bien hardcore que PK nous faisait il y a peu. Ah ça fait du bien tout d’un coup, on se prend une méchante claque mais on en redemande. C’est donc en absorbant ta dose que se lance Since 77. Plus reposant et entrainant que ça tu meures, les douces nappées mélodiques sont tout bonnement jouissives. Gros travail dans le mixage (ça se sent dès les premières secondes) et idée prodigieuse sont les crédos de ce titre. Marbles fait presque mal à tes tympans, les sonorités ont beau me rappeler Moby elles restent agressives (bien trop après l’expérience précédente). Le problème vient surtout (et a mon avis) de la tracklist qui est mal agencée, il aurait fallu placer le morceau en début d’album. Ah ah, on arrive enfin à Castanets, mystère total du sampling. Pourquoi je vous dit ça ? Et bien el padre et moi même avions un jour écouté une cassette de Dub qui comportait le sample en question sauf que par malheur aucun de nous deux n’a pris le temps de prendre note. Alors quand il s’agit de retrouver LE bon morceau sur 500 cassettes, « good luck and may the force be with you ». Ne tentez pas de chercher sur le net car j’ai déjà procédé à des fouilles industrielles et nul internaute n’a eu la patience de révélez le titre. Au delà de cette petite histoire fort sympathique Castanets est un très bon morceau, de la Minimal pure mais efficace. Je passe The Palisades et pour une fois je vous laisse écouter tout seul (et oui comme des grands).

Press On (2004) : Encore un maxi ?! Bordel il a une armée d’esclave sous ses ordres ou c’est moi qui bug ? Trève de plaisanterie, Kalkbrenner est un grand bosseur et prend du plaisir a enchainer les sorties. On retrouve le titre éponyme déjà présent sur Self. Surprise par contre avec John 3-21 : on reste dans le style du premier morceau mais cette fois on prend ça comme une belle invitation à bouger. Petite réussite donc, Bpitch Control a surement voulu se faire un peu de tunes par ci par là histoire d’arranger les fins de mois.

Tatü-Tata (2005) : déjà culte pour les fans de Kalkbrenner, ce maxi est un sans faute total. Vous me direz qu’avec deux morceaux c’est pas bien compliquer de réussis la mission. Et bien… Oui et non : Kalkbrenner innove non seulement avec Gebrunn Gebrunn tout comme il reste dans sa ligne directrice (et bien bonne) avec Tatü-Tata. Le premier titre est d’une puissance sans nom (quels kicks putin !) tandis que l’autre mise sur une montée presque dans le groove (oui oui écoutez bien les graves dans le fond). Point bonus, les vocales utilisés pour Gebrunn Gebrunn seront plus tard repris dans un des remix de Paulo (vous verrez dans une prochaine chronique).

Maximalive (2005) : POWAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!! Je vais être clair : mon live album préféré de techno, celui que j’écoute tout les jours sans jamais m’en lasser. Et ce qui me donne envie de péter une gueulante c’est que ce Lp (si on peut le qualifier comme ça) est totalement inconnu pour une majorité des fans de Paulo. Et oui, les hipsters auront toujours deux petits neurones pour suivre tout ce qui fait le « buzz ». Sérieusement je donnerais cher pour assister à un live de cette qualité : Kalkbrenner reprend ici tout ses plus grands morceaux (période Bpitch Control) et les mixes avec une aisance sans égal. Du pur talent de producteur allié à une prouesse de DJ. Composé de 3 parties (chacune d’elles comprenant environ 4/5 morceaux), ce Lp transformera ta piaule en rave party pendant une bonne heure, garantie illimité. On entend du Torching (« Ah ah, Yes Yes » sur des kicks bien fat), du Gigahertz, du Mundgucci, du Steinbesser, du F.FWD et pleins d’autres morceaux unreleased. Mais quel kiff quoi, on m’aurait donné ça à mes 10 ans j’aurais chialé de bonheur. L’une des meilleures voir LA meilleure sortie de Paul Kalkbrenner.

Reworks (2006) : album en version numérique, Maxi dans sa forme vinyle. Ici ce sont tout les potes à Paulo qui se lancent dans le remixage de ses productions. On a droit à tout les genres et c’est tant mieux car chacun y trouvera son compte. Outre Ellen Allien, Modselektor ou encore Agoria (et j’en passe) Kalkbrenner nous offre même un autoremix de Der Berserker (je préfère toute de même l’original). C’est un peu comme si toute la famille avait voulu rendre un hommage au mentor du label, au gas qui a propulsé Bpitch Control sur la scène Européenne de la Techno. Alors allume ton spliff et accorde toi une petite minute de silence en faveur de tout ce Crew de passionné.

Keule (2006) : Décidément la sortie de maxi à tout va est un des autres talent caché de PK. On se magne le cul de poser la galette sur la platine et c’est partis pour Keule. Chose rare dans sa carrière, Kalkbrenner use d’une panoplie de synthétiseur boosté a du 120 BPM. Etrange au premier abord, diablement jouissif après écoute approfondie. Atzepeng que vous connaissez surement (Berlin Calling bonjour !) marque un petit tournant dans le style de l’Allemand. On sent que la force brute de ses précédentes sorties fait peu à peu place à des lignes mélodiques plus intenses. Bonne ou mauvaise chose, à vous de voir ! Freund Blase arrive à la fin de la galette (vinyle si vous ne comprenez pas) : a moitié surpris, le titre ne se hisse pas dans les espérances tant attendues. Demie succès qui se rapproche du sans faute, Keule (le maxi hein) est un bon trip qui annonce de grandes choses.

Altes Kamufel (2007) : Maxi sorti avant Berlin Calling, on retrouve le maintenant célèbre Altes Kamufel mais cette fois en version longue. Autre point important, la présence d’Icl Muss Aus Dit Milieu Heraus (oui je sais c’est totalement imprononçable, surtout pour un breton). Belle surprise pour l’occasion, ce morceau de 7 minutes s’écoute avec plaisir. On se croirait même en plein festoch’ de Transe lorsque les mélodies débarquent. Encore un de ses Maxi qui rentre dans la catégorie du sans faute.

Camping 02 (2007) : Cette fois on a droit à un jolie Single. Der Senat s’enclenche et démarre tout doucement. Baignée dans la minimale, cette track surprend plutôt au premier abord. C’est éloigné du style de Kalkbrenner, on pourrait certes faire un léger rapprochement entre les sonorités mécaniques de Mundgucci mais ça en reste là. 6 minutes d’ascension électroniques dans elle plus grand calme et la plus grande finesse. Chapeau l’artiste.

Berlin Calling (2008) : Je dirais que 99% des personnes de mon âge (18 ans en clair) connaissent Kalkbrenner avec cet album/OST. Ce doux mélange de morceaux déjà connus (Castanets, Queer Follow, etc…) et d’inédits (Train, QSA, Bengang, Torted, Absynthe) dégage un putin de souffle jouissif. C’est varié et après avoir vu le film ça colle parfaitement aux scènes en questions. Que ce soit avec Revolte ou notre Paulo (alias ickarus) pète un énorme câble ou Torted quand sa copine et une de ses amies se tapent gros trip en boite, tout y passe. Clairement une des meilleures OST électroniques de la décennie, Berlin Calling est très vite devenu le symbole d’un Berlin paradisiaque et d’une Allemagne porté vers la Techno. Et bon dieu que ça fait du bien ! Qui n’a pas chantonné les lyrics de Sky and Sand ?! Qui n’a jamais écouté le moindre morceau de cette OST ?! Petite piqure de rappel, l’album est disponible en version numérique (logique quoi) mais aussi en Vinyl (3 maxis vendus séparément de mémoire).

Bingo Bongo (2008) : accrocheur comme nom tu me diras. La première track éponyme rentre dans cette idée de « tu mixe n’importe quoi et ça donne du n’importe quoi ». Un peu comme si tu déballais une groovebox et que tu te lançais dans un paquet d’expérimentation. Schwere Ware tape quand à elle dans le dark : graves et mélodies acides sont les deux piliers du morceau. Enorme tube pour after selon moi, ce deuxième titre est injustement méconnu du grand public.

Icke Wieder (2011) : Détesté par une masse de fan en délire, ce 5ième album est un cas à part dans la discographie de Paul Kalkbrenner. Non pas qu’il soit forcément brouillon, loin de là d’ailleurs, ce Lp comporte pourtant son lot de surprise : Böxing Leise, Gutes Nitzwerk ou encore Kleines Bubu sont de très bon titres par exemple. Malheureusement il y a aussi tout un lot d’erreur : Des Stabes Reuse ou Jestrüpp sont proche de l’hérésie si l’on se fie à la carrière prospère de l’allemand. Album « moyen », Icke Wieder trouvera ses partisans chez les nouveaux venus dans la Techno : c’est un bon moyen pour rentrer dans la sphère électronique en douceur. Je décerne toutefois un point bonus pour Der Breuzen et la claque que le morceau envoie.

Guten Tag (2012) : Ici l’ami je t’invite à jeter un oeil sur ma précédente chronique. Allez, c’est détaillé et tu trouveras sans doute les réponses à tes questions. Clique ici

Voili voilou, cette chronique sur la carrière de Paul Kalkbrenner s’achève ici. Je suis bien conscient que j’ai oublié pas mal de choses : entre les remixes et les inédits de A Live Documentary ça fait un paquet de truc. Mais croyez moi une autre chronique sera nécessaire afin d’en parler convenablement. J’espère avoir éclairé une partie d’entre vous sur cet artiste talentueux qu’est PK. Je remercie aussi les gens qui prennent le temps de ripper leurs vinyles pour ensuite les poster sur youtube (et ce gratuitement). Ces personnes là sont vitales pour analyser la carrière de tel ou tel personne dans la Techno. Sur ce fête bien ça l’ami, dis toi que tu trouvera forcément ton bonheur dans cette masse de maxi/Lp/OST/single 😉

Mind 80 Selection #1

Petite nouveauté de cette année, au lieu de publier morceau par morceau (rubrique sons du jour en clair), j’ai décidé de faire de temps en temps des petites sélections : par genre ou par artistes (je verrais en fonction de mes humeurs), je ferais en sorte de varier les plaisirs et pouvoir rendre heureux toute la petite foule qui me suit.

On commence donc avec un peu de Funk. Premier choix, I Wanna Boogie d’Amine Edge. Derrière ce titre se cache dans doute l’un des meilleurs et des plus subtile mélange de techno et de Funk. Edge nous sample un petit vocal (aucune référence par contre de ce coté là) qui donne juste envie de s’éclater sur la piste. Niveau grave, le grand jeu est dévoilé, ça tabasse dur sans saturer, enfin en clair c’est valable pour un bon milieu de soirée histoire de lancer les affaires sérieuses.

Second choix dans la même optique Funky,  Go to Work feat The Pimps of Joytime (Hot Toddy Remix) de J Boogies Dubtronic Science. Ligne de basse envoutante, un petit coté World/House dans le vocal, un rythme fortement accrocheur (franchement présentez moi quelqu’un qui reste immobile pendant l’écoute, strictement impossible). Le matin, ça passe comme dans du beurre (pour le réveil mais aussi le trajet) : « Let’s Go To Work ! » comme nous dirait le chanteur.

On continue avec le DJ SET de notre amis Rebolledo. Ca se passe à la Boiler Room de Berlin, le tout dans une bonne ambiance underground et franchement en matière de sélection, le boss de Coméme fait très fort : un savant mix de tout les genres, ce qui l’a inspiré pendant sa jeunesse jusqu’à ses propres productions comme Black Naga qui vient de sa collaboration avec Superpitcher (Pachanga Boys). L’orgie intervient cependant au bout de 28 minutes avec Supasong de X-Press 2. Grosse découverte, rien que pour cette track je le bénie ! En bonus, je vous invite à regarder du coté des commentaires, vous pourrez voir la tracklist faite par mes soins (et oui j’ai été le seul à me bouger pour en faire une)

Et c’est repartis pour Kalkbrenner. Ah oui, certains vont me dire que le bonhomme est déjà assez connu pour qu’on en parle même dans d’obscurs blogs comme le mien, mais attention je ne compte pas revenir sur ses productions récentes (pour ça allez voir ma chronique de Guten Tag). Non, moi c’est à ses maxis que je m’intéresse particulièrement, j’ai récemment découvert plusieurs de ses surnoms de l’époque, comme Paul DB+ par exemple. Et c’est sous ce premier réel nom de scène qu’il nous a pondu  le maxis Gigahertz : attention on touche à la crème de la minimale Allemande, la preuve avec le 3ième morçeau (le génie dans son besoin de presser son oeuvre n’a pas pris le temps de nommer les tracks) :

 (Juste comme indication, le gugus a utilisé d’autres surnom comme Grenade, Kalkito ou encore Ickarus)

Ayant vu le dernier Tarantino (Django Unchained), je n’ai pas pu me retenir de terminer cette petite sélection par un morceau de la bande son : le choix a été dur, mais c’est finalement le thème principal qui m’a le plus marqué. Un vrai Western Spaghettis comme on en fait plus, vraiment la musique s’accorde particulièrement bien avec les plans et scènes du films. Composé par Luis Bacalov (inconnu de ma petite tête jusque là, oui je suis peut être inculte sur certains sujets), on ne pouvait pas rêver mieux comme musique de Western !

 

 

Paul Kalkbrenner – Guten Tag

Guten Tag

Notre allemand bien aimé a enfin sortis son album, Guten Tag, disponible en de multiples versions ( le vinyle me donne bien envie de passer à la caisse d’ailleurs). Alors qu’en est-il de ce nouvel opus ? A t-il réussis à remonter le niveau par rapport à Icke Wieder (qui certes était un bon album de techno, mais demeurait bien en dessous du résultat de Berlin Calling) ? C’est ce que je vais tenter de vous expliquer, et pour rassurez les impatients, « mister kalkbrenner » est revenu à sa grande période de succès !

Mais place à la petite chronique : on le rappelle, Paul est dans le milieux depuis les années 90, et a alterné différentes périodes : certains parlent d’avant-Kalkbrenner et d’un après, pour ma part je resterais en dehors de cette vision même si l’artiste a su alterner « Techno bien agressive » à une « Techno plus mélodique ». Cette dernière partie a lancé son succès, et je trouve dommage qu’on ne parle pas de ses EP comme Chrono ou dB+ qui pour moi sont de pures merveilles.

Enfin bref, Guten Tag est là, autant admirer la galette ! On se lance donc avec Schnurbi, titre introductif a l’album : bizarrement, cela fait penser au thème de « Batman The Dark Knight Rises » mais en plus planant, moins appuyé sur les basses. Je suis peut être le seul à penser ça, mais dans tout les cas ça me plait ! On poursuit ensuite avec Der Stabsvörnern (essayez de le dire rapidement, franchement impossible). Malgré ce nom bien ancré dans la langue Allemande (c’est sur que c’est pas de l’italien), cette track  est peut être une des plus grosse claque de Guten Tag. Avec des graves bien lourd, un kick unique à notre Paul adoré, et une  belle petite mélodie qui vient s’installer en milieu de morceau, on peut juste dire chapeau. C’est surprenant car ça diffère légèrement de son style général, mais on applaudis cette vague de fraicheur ! Kernspalte passe juste ensuite pour détendre l’atmosphère. Track de transition, elle apporte aussi son petit charme même si on garde encore en tête le rythme du morceau précédent. Spitz-Auge continue dans l’esprit de l’album : un titre ravageur basé sur des graves bien lourdes et saturées. On réussit a entendre vers le milieu du morceau quelques notes bien similaires à celles de Aaron, célèbre morceau présent sur Berlin Calling. On est content mais l’on se dit que Paul aurait pu faire mieux, bien mieux même.

On enchaine donc très vite sur Globale Gehung, autre morceau transitoire. Les fans les plus acharnés laisseront défiler, les autres décideront de passer à la suite. Et cette suite, c’est Das Gezabel. Petit rappel, Paul l’avait présenté bien avant la sortie de l’album, illustré d’un beau clip. Cette petite perle se base essentiellement sur le coté mélodique : on retrouve la pate kalkbrenner, mais en plus léchée, plus aboutie. On ne peut qu’en tomber sous le charme bien entendu, c’est l’aboutissement d’une carrière qui a su évoluer et emprunter de nouvelles portes, étapes bien compliquées dans le monde la Techno. Vörnern-Anwärter nous fait quitter ce petit monde sur les nuages pour quelque chose de plus basique. Avec ses 3 minutes, le morceau peut paraitre bien court, mais le choix est résolu : présenté sous la forme d’une instru’ répétitive, on est très vite surpris par cette idée bien barrée. Je doute que Paul passe cette track en live (peut être trop calme pour la foule), mais pourtant la démarche pourrait être originale (à condition d’en faire une sorte de mashup je pense). Vörnern-Anwärter est ainsi un vraie petite perle réservée à l’élite des fans. On continue avec Hinrich Zur See : plus classique, la track séduira le commun des mortels en tout cas. Encore une fois, l’aspect mélodique est bel et bien présent : c’est travaillé et ça peut rappeler l’excellent D.E.E.P de l’allemand. N’attendez donc pas un morceau tout en puissance, ici Paul joue la carte de l’envoutement, de l’ambiance.

Der Buhold arrive justement pour donner un coup de fouet à tout ça. Le morceau se présente avec un kick bien bourrin, mêlé plus tard par une sublime mélodie, encore une fois typique de l’artiste. A 2,12 minutes, c’est même l’orgie auditive ! C’est après ces 5 minutes de pur plaisir que se lance Speiseberndchen. Orienté vers un rythme bien plus posé (au début en tout cas), la track pourra aisément se placer dans les playlist d’avant-soirée. Ni trop calme, ni trop hard, cette petite pause dans l’écoute de ce Lp est vraiment bien pensée (encore une autre idée géniale de Paul tient). On passera Fochleise-Kassette qui fait tellement penser à Coldplay que l’on se demande pourquoi les Anglais n’ont pas cherché à porter plainte (non plus sérieusement, ces 30 secondes de mélodie auraient pu être facilement enlevées de l’album). On se change ainsi les idées avec Trümmerung, autre perle du Lp. Apothéose, voilà le mot qui conviendrait : avec un BPM bien élevé (ne voyez pas non plus une piste de Hard-Tech), on est très vite soulagé par l’incroyable talent dont dispose Paul : ça peut paraitre basique (et même répétitif à la longue) mais je demande a voir la tête des détracteurs en plein live ! Parce qu’avec le rapide aperçu du Festival de Berlin (là ou justement je vous avais dit que Paul avait passer cette  même track), ça claque à foison ! Datenzwerg nous permet ainsi de faire une petite pause dans cet enchainement de festivité. Les 30 secondes peuvent cependant paraitre bien courtes. On renchaine alors avec Schwer Verbindlich, véritable clin d’oeil à la bande son d’American Beauty (les petites notes de synthé, le rythme ou encore les petits effets par ci par là). On en sort avec un gros ou sourire aux lèvres pour aborder Der Ast-Spink. Bien plus agressif, le morceau montre le coté sombre de Paul : une petite réverb’, des graves bien lourdes, une mélodie toute simple qui se marie avec élégance avec le reste du morceau, non il n’y a rien à dire, encore une autre merveille de Guten Tag. Des Bieres Meuse a la lourde tache de nous faire oublier  la bombe précédente, mais ça ne marche pas. Track optionnelle, on aurait bien pu s’en passer pour directement arrive à Das Gezabel De Luxe, conclusion de l’album.

Et en parlant justement de cette conclusion, ce dernier morceau est vraiment étonnant : une guitare acoustique bien rythmée, de bons kicks bien placé, de la mélodie typique à la  Kalkbrenner, tout y est ! Un hymne du Far-West version XXIième siècle, à vous de voir, mais dans tout les cas, on ne pouvait pas trouver meilleure fin à cet incroyable Lp. Et c’est ça que Paul arrive à parfaitement gérer : une performance sans aucun temps mort (on oublie les 2 ou 3 transitions), un renouvellement de son style (bien sur n’allez pas voir par là un scindage de sa carrière, non, je parle plus d’un aboutissement de ses talents et de son savoir faire). Parce que l’ami n’a pas finis de nous faire bouger, sa longue tournée de 2013 à travers le monde étant là pour nous montrer qu’il ne déconne pas avec les Live : il l’a dit lui même, sa conception de la musique passe forcément par la foule, il est née dedans et ne parviendra jamais à s’en séparer. Paul Kalkbrenner nous livre ainsi un magnifique Lp, sans doute à classer dans le top 10 des albums de l’année. C’est certain, ce nouvel opus se vendra comme des petits pains (grosses distributions prévues) et pas mal de gens viendront critiquer cette « industrialisation de l’artiste » : rien à foutre, Guten Tag est et restera une perle, à vous de voir dans quel état d’esprit vous l’écouterez, mais autant vendre en masse une bonne production que de se taper les sortis pouilleuses de Steve Aoki !

Paul Kalkbrenner – Berlin Festival 2012

Notre Paul en chef est apparu lors du festival de Berlin : un set traditionnel comme certains pourraient le dire, mais là ou il surprend c’est qu’il nous donne l’aperçu de plusieurs tracks de son nouvel album « Guten Tag » qui rappelons le sortira le 30 Novembre. Et pour le plus grand plaisir des fans de la première heure, Mister kalkbrenner semble être revenu vers un son de la qualité de Berlin Calling ou encore de ses EP « Chrono » et « dB+ ». Oui l’Allemand est de retour, et l’attente engendrée par ce Live nous torture l’esprit de jour en jour !

La tracklist du live :

01. Paul Kalkbrenner – Der Stabsvörnern
02. Paul Kalkbrenner – Absynthe
03. Paul Kalkbrenner – Jestrupp
04. Paul Kalkbrenner – Square 1
05. Paul Kalkbrenner – Altes Kamuffel (Berlin Calling Edit)
06. Michel Cleis – La Mezcla (feat. Toto La Momposina – Paul Kalkbrenner Remix)
07. Paul Kalkbrenner – Plätscher
08. Paul Kalkbrenner – Trümmerung
09. Paul Kalkbrenner – Kleines Bubu
10. Paul Kalkbrenner – Sky And Sand
11. Paul Kalkbrenner – Der Buhold
12. Paul Kalkbrenner – Aaron

Les morceaux en gras sont ceux du nouvel album, pour le reste, ça vient majoritairement de Berlin Calling, d’Icke Wieder et d’autres sorties.