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Lohhof – Untitled

Lohhof - Untitled

Amateur de House à sonorités « d’époque » vous serez charmés, j’ai là une belle pépite à vous faire écouter, qui sait peut être que ce petit maxis vous retournera l’esprit comme cela a été le cas pour moi. Aux manettes de l’EP, Lohhof, un parfait inconnu qui je suppose doit avoir des racines Allemandes (si l’on se base sur le pays de provenance des galettes). Mais là n’est pas la question, l’artiste a une place mais comme vous le savez si bien le paysage de la musique électronique dite « underground » ne s’attarde pas autant sur la personnalité du mec dans le studio. Non le plus important dans l’histoire c’est bien les 5 morceaux présent sur la galette de base. Encore tout frais (sortis je le rappelle en Février 2015) l’EP suit la continuité d’une bonne ambiance organique que l’on peut retrouver sur bon nombres de producteurs anonymes à l’heure actuelle (tel Traumprinz, DJ Metatron, les nombreux Unknown Artist et j’en passe…). Je viens de vous résumer très rapidement l’esprit du maxis mais la libre interprétation est encore de mèche, ce sera à vous de vous bouger les neurones pour capter l’ambiance de l’oeuvre. Pas besoin non plus de s’attarder sur le label, j’ai nommé Woodwork : encore tout jeune, l’EP du jour en est sa première sortie et fort heureusement la structure marque un sacré tour de force en la matière.

Le premier morceau, Algentee, pose les bases d’une House tout en rondeur : que ce soit les kick, les nappes mélodiques en arrière plan ou même les timides graves, tout les éléments s’immiscent en douceur et mettent en place une ambiance ô combien planante, « Sweet » comme dirais les anglais. Ce n’est qu’à l’arrivée de la première boucle rythmique que la sauce prend toute sa saveur : la douceur de l’intro cède la place à un mélange innovant et agréable à entendre, ça ne choque pas mais ça accompagne le contexte de base tout en douceur. D’ailleurs cette impression s’accentue considérablement dans le titre suivant, Vaulty By Nature. Malgré une base rythmique plus acide et frappeuse, l’engouement de l’artiste pour les boucles organiques donne au titre une chaleur mais dans le même temps une certaine froideur non déplaisante. Ce parcours entre les deux pôles est l’un des éléments clé des compositions de Lohhof : délivrer une House qui a le mérite de ne pas prendre parti et oscille délibérément entre sentiments ambivalents tout au long de l’écoute. La suite démontre d’ailleurs à merveille cet argument : le généralissime Midway Moodswings est tout simplement l’un des morceaux les plus inventif que j’ai pu trouver sur la toile ces derniers temps. Le mur de graves associé à la boucle rythmique (Roland avec ses Groovebox n’est pas loin) laisse d’abord l’auditeur sur un sentiment plutôt dark mais c’est sans compter l’arrivée (ou plutôt le retour) des si belles nappes mélodiques dont Lohhof a le secret. Le résultat est aérien, libérateur et procure juste une claque des plus totale si le contexte y est. Associé à un rendu visuel qui lui correspond, ce titre est capable de procurer une multitude de sentiments si la foule tente de s’immerger un tant soit peu dans l’ambiance. Voilà donc un titre à fort potentiel si vous voulez « ambiancer » votre soirée sans non plus choquer les non initiés. La suite s’amorce cependant avec Midway Moodswings (Terekke Remix) : l’auteur du remix, Terekke, est lui aussi en orbite autour de la House organique dont je vous parlais ci dessus (coup d’oeil sur Discogs recommandé). Le mix des deux univers des artistes respectifs donne lieu à un mélange encore plus accentué : oubliez le gros kick de l’original et remplacez le par des graves bien imposantes. Garder les nappes mélodiques mais mettez en second plan la partie rythmique. Je dis ça mais croyez moi ces petits détails et changements donnent naissance à une base solide, plus imposante certes mais tout autant réussie sur le plan qualitatif. Littéralement si le coup de coeur vous prend aux tripes comme cela a été le cas pour moi vous vous réjouirez à l’écoute du dernier titre, Happy Times. Le minimalisme dépouillé est la règle qui guide ce morceau pour conclure le maxis. Les DJ verront d’ailleurs en ces 6minutes de House un formidable Tool (titre qui sert à poser une base rythmique pour ensuite tranquillement enchainer sur un autre morceau). Un peu comme le nombre de marches dans votre escalier, Lohhof prend un plaisir à faire monter la sauce tout en douceur pour arriver un final dépouillé mais qui satisfera vos petites oreilles. A haut niveau d’écoute les impressions n’en seront que renforcés, c’est un petit conseil je vous conseille d’abord une écoute passive avant d’enchaîner sur l’analytique, dans ce genre de sortie l’esprit passe avant la technique et vous n’en serez que plus satisfait sur long terme.

Pour les plus flemmard qui n’auront pas lu la totalité de cette chronique, je vous résume l’oeuvre en quelques mots clés : écoute passive, sentiment de chill, House d’ambiance, pas de partis pris, voilà dans les grandes lignes ce à quoi vous devez vous attendre au moment de lancer la galette. Croyez moi je ne regrette pas la découverte, j’espère que cet anonyme Lohhof sortira de sa tanière pour nous délivrer des sorties dans le même esprit !

Chronique : Traumprinz, le génie anonyme…

Traumprinz

Mon avis sur ce producteur au visage caché est fait après plus d’un mois d’écoute. De la même manière que Renart, j’ai eu droit à un de ces flash qui a bien marqué mon regard sur la musique électronique actuelle. Issu du prestigieux label « Giegling », Traumprinz (nouvel alias après carrière sous le nom de « Prince Of Denmark ») apporte un sublime touché à la House : il manie comme un maître les recettes gagnantes tout en s’inscrivant dans la lignée de producteurs talentueux du moment. Déjà titulaire d’un album et d’une très bonne série de maxis, il faut aussi rajouter une série de mix vraiment à par dans le paysage actuel. Commençons !

2011 : Freedom

Premier maxis sous son nouvel alias, le tout en vinyle sous un sous-label éponyme. « Freedom » ouvre le bal avec ses graves tout en rondeur. Le rythme t’emporte dans un morceau minimaliste destiné avant tout à te lancer dans la partie. Dès lors on peut parvenir à percevoir un certain calme dans le style du producteur. Cette volonté d’emporter l’auditeur sans l’égratigner est la ligne conductrice d’un travail de production conséquent : le mixage est propre, la base simple, le boulot est fait. « Hey Baby » fait la coupure avec des kicks bien lourd, typique d’une House Old School. En samplant, la voix de l’animatrice de Best Radio 92.6 (sample aussi utilisé pour un remix de « Time » des Pachanga Boys) l’effet est à son comble : l’envoutement te saisit dans une douceur juste parfaite pour tes petites oreilles. Lourd de conséquence dans une douceur olympienne, voilà de quoi te rendre heureux après les 7 minutes du titre. « Speak To Me » opte pour ce même dépouillement : la structure du morceau reste nerveuse mas étonnamment simple. Cette simplicité se retrouve même dans les petites pointes acides qui videront ponctuer le rythme. Mais malgré tout ça, la recette est diablement gagnante : un kick tapeur, une boucle mélodique épurée, un sample d’une vocal, rien de plus n’est nécessaire pour faire durer ton kiff. « Because we love House music », cette phrase résonne parfaitement l’intention de premier maxis.

 

2012 : Say Or Do EP

Seconde sortie sur le sous-label « Traumprinz », Say Or Do EP est de loin la plus grande réussite du producteur mystérieux. Un sans faute d’une portée vraiment magistrale, voilà l’Ovni de l’année 2014 pour moi. « Say Or Do » ouvre le bal dans un demie-calme vite coupé par l’arrivée d’un kick tout simplement massif. Les graves lourdes confèrent ce côté vraiment puissant de la House, quand à cela vient s’ajouter en douceur une magnifique ligne vocal (et très émouvante par la même occasion) tu es bercé de bonheur. Transporté dans cette tornade d’ambiguité, les 5 minutes du titres racontent à elle seule tout une histoire. « Changes », dans sa nervosité rythmique, t’étonnera elle aussi quand la vague de synthé s’immiscera tout en douceur dans le morceau. Encore une fois Traumprinz y rajoute un petit sample vocal parfaitement ajusté au reste. Dis comme ça c’est peut être trop synthétique mais tu sera vraiment transporté dans un autre univers avec un bon sound system. « Changes » résonne d’intensité, d’émotions et en même temps d’une chaleur ô combien rare pour les productions électroniques du moment. Viens te percher sur cet océan de douceur l’ami, la partie n’est pas encore jouée. « Eachstep » envoie du lourd, du très très lourd. Mais pas du n’importe quoi, la dimension inquiétante du titre restera pour moi sans égal dans l’histoire que Traumprinz cherche à nous raconter. Finis les vocales joyeuses des deux premières tracks, cette fois les graves imposantes et la sombre vocale qui vient y s’ajouter tapent dur, vraiment dur. Cette lourde ambiance dégagée annonce dans le même temps une ultime track non négligeable. « Neeeeed » s’amorce, le rythme ultra chill des graves te pose tout en douceur. L’équation est simple : prend deux caissons Onken, aligne les devant toi, laisse les roucouler et tu comprendra ce qu’a voulu faire Traumprinz. Le pire dans l’histoire c’est qu’il refait le coup de la vocale bercé à coup d’écho et de réverb’ mais ça marche ! Ca marche avec un énorme smile même, tu t’enquilles un petit tarpé dans cette vague de grave et tu te dis que chiller c’est plutôt frais avec du bon son.

 

2012 : Paradise With A Lobotomy

Cette fois l’ami Traumprinz est allé du côté de Kann Records pour sortir son 3ième maxis. Ce choix est somme toute logique étant donné la direction que prennent ses sonorités, le producteur choisis ici un peu plus de puissance pour booster la piste. « Big Baby Jesus » ouvre le bal sur un kick déjà si reconnaissable, l’envolée se fait tout en douceur sur des petites touches de réverb’ typique de la Dub Techno. La structure du titre, minimaliste de bout en bout, n’empêche pas une immersion des plus agréable, encore un pari réussi pour le producteur talentueux. Les premières secondes d’écoute de « Love Yeah » résonnent de la même manière, il faut par contre noter un sampling assez intéressant : la boucle (instrumentale comme vocal) utilisée donne un côté quasi-skizophrénique au morceau, pas de quoi te mettre mal à l’aise mais suffisamment pour marquer ton intérêt. Allié à la rigueur et au minimalisme de Traumprinz, « Love Yeah » marche de la manière la plus simple et élégante pour tout auditeur amateur de House. Renchainons maintenant avec le court « Feel », titre qui conclue cette 3ième sortie. Le gros changement de rythme occasionné fait plaisir à entendre, Traumprinz s’est créé une petite track de Dub Techno à sa manière mais la recette est gagnante. Avec ses 4 minutes, « Feel » déverse un bel ensemble de piste subtilement placée pour te faire vibrer. Certains pointeront la petite touche nostalgique du titre, cela reste au choix de l’auditeur cependant. Pour une 3ième sortie, Traumprinz s’écarte de l’écurie Giegling pour faire un petit détour non déplaisant cher Kann Records. Le producteur prend ici du plaisir à lâcher en toute tranquillité le fruit de son travail, cette impression se ressent fortement par rapport à ses autres sorties mais cela ne fait pas de mal. Après tout chacun à la droit à sa petite pause non ? 😉

 2012 – Into The Sun

Le grand retour sur Giegling est de la parti l’ami, que de plaisir ! Pour cette 4ième sortie (encore une fois un maxis) Traumprinz opte pour un côté plus progressif, plus en longueur et surtout plus orienté vers la Techno. Un choix qui va d’abord se ressentir sur la longue ballade de « I’ll Never Let You Alone » : plus de 11 minutes d’envolées nerveuses bercée par une ligne vocal de toute beauté, voilà le rapide résumé du titre pour faire court. Avec le recul cette première track pourrait aisément se placer en début de Set, sa structure simple mais entrainante pourra aisément faire vibrer la foule en un rien de temps. L’éponyme « Into The Sun » tranche indubitablement avec le précédent morceau : Traumprinz fait alliance avec un aspect bien plus synthétique tout en conservant sa patte rythmique. Cette ambivalence forme pourtant un résultat assez convaincant, la douceur qui s’en dégage est d’ailleurs surprenante d’intensité. A la manière de la leçon du soir, Traumprinz démontre tout son talent pour te faire rentrer dans sa bulle malgré les aprioris. Il est simple de trouver les prémices de son futur pseudonyme « DJ Metatron » mais j’en reparlerai après pour éviter de spoiler à tout va. En 3ième place sur les starting blocks on retrouve le curieux « Lady Lazerus ». La surprise à l’écoute est normale cher auditeur, j’ai moi même été étonné par ces sonorités organiques et le côté expérimental qui s’en dégage. J’ose le dire mais c’est sans doute la track la moins ouverte de Traumprinz, malgré sa simplicité et son originalité je déconseille aux nouveaux venus de commencer par là.

2013 – Mothercave

Et voici venu le premier LP de ce bon vieux Traumprinz. Etape charnière pour bien des artistes, on peut comprendre la nécessité de s’illustrer avec une série de maxis avant de passer à l’étape suivante. Et force est de reconnaitre la sagesse de ce conseil, Traumprinz semble avoir pleinement compris la leçon de A à Z. Le timide « One Love » joue à merveille le rôle d’introduction, sa simplicité et son côté répétitif donneront le sourire. L’éponyme « Mothercave » frappe par l’envoutement de ses nappes mélodiques et son rythme nerveux, c’est le décalage spatial vers Neptune qui est en jeux l’ami, Traumprinz te donne juste l’OST qu’il fallait pour l’occasion. « It Takes Two Wings » joue plus le rôle de track pour accompagner l’ambiance de début de soirée. La Dub Techno se ressent pleinement mais quelques changements figurent en proue comme c’est le cas du vocal répétitif qui annonce la suite des hostilités. Cette suite, c’est « Believe ». Fort de ses plus de 6 minutes, ce morceau accompagnera à merveille tes excursions en territoire urbain tout en apportant son lot d’émotion au fur et à mesure de l’écoute. Plus besoin de rappeler la sobriété de Traumprinz, ses maxis t’ont déjà mis en confiance et du devrais être à l’heure actuelle sous le charme de son style. Continuons cependant avec le mystérieux « There Will Be XTC » : ce morceau est une énigme à lui tout seul, un assemblage de genres pourtant diamétralement opposés. Prenez les mythiques synthétiseurs de Vangelis sur la l’OST de Blade Runner, ajoutez y un kick tribal, un rythme typique du Dubstep et des vocales nerveuses et vous voilà éberlué devant ce monument de Techno. C’est sans doute l’un des plus gros virage qu’aie fait Traumprinz, tirons lui le chapeau pour cette prise de risque qui donne des merveilles. « Yo man, petit tarpé au De Graal d’Amsterdam ? Yeah man on y go ». Tu rentres dans l’établissement, tu te poses et tu fais le point de ta journée. Une musique spécifique pour ce petit moment d’aparté ? « The Monkey » bien entendu, voilà la track absolue pour chiller dans les règles de Traumprinz. Crois moi que le rythme de ce titre trainera dans ta petite tête et te forcera à la réécoute d’ici peu, crois moi… Il est toutefois des merveilles qui ne sont pas exemptes de défauts, la preuve avec « Kiefermuskelkater » qui malgré son rôle d’interlude ne parvient pas à te mettre sur le cul comme cela a été le cas avec les précédentes tracks. Trop répétitif, trop simpliste, c’est la première erreur de Traumprinz mais on peut lui pardonner avec le sourire. Si tu es amateur des longues envolée à la Minilogue, « I Found Truth In A Soft Night Of Confusion But I Lost It » devrait te plaire. En jouant sur des graves en arrière fond et un rythme typique d’une machine qu’on redémarre, le mystérieux producteur délivre ici un penchant pour la Minimal tout nouveau pour tes petites oreilles. Mission réussis pour cette petite douceur, tu es encore une fois dans la bulle de Traumprinz avant de t’en rendre compte. Terminons maintenant le LP avec « Ambient 006 », une curieuse ballade synthétique qui conclue l’expérience d’une surprenante manière. En effet, Traumprinz a jugé bon de rajouter quelques notes de violons (bien entendu passé à quelques modifications sur ordinateur) pour apporter un peu de chaleur à son titre. Le morceau gagne d’ailleurs en intensité, but voulu pour conclure ce premier album ô combien réussie. Sortis sur Giegling (encore une fois !) en 2013, « Mothercave » a apporté sa pierre à l’édifice tout en permettant à Traumprinz de se forger sa propre identité sur la scène électronique Européenne. A partir de là, il a tout d’un grand !

2014 – All The Things

Rappelle toi l’ami du virage vers lequel s’orientait Traumprinz avec son premier album et tu pourras te donner un premier aperçu de cet énième maxis. Le terme énième n’a aucune visée péjorative étant donné la recette à succès du producteur qui continue de faire vibrer nos petites oreilles. La preuve avec « Messed Up Jam », un morceau de 7 minutes froid en apparence mais à fort potentiel cinématographique. Très répétitif (je pense aux notes de synthétiseur), le titre n’a rien d’une ébauche mais s’apparente plutôt à une entrée en douceur dans un Traumprinz 2.0. « All The Things » est LE titre qu’il faut retenir sur ce maxis. Il initie les nouvelle sonorités phares que choisis Traumprinz tout en gardant la patte rythmique si chère au producteur. Ce mélange donne naissance à 9 minutes de voyages auditif, parfait pour chiller sur une plage en plein été. Les vocales magnifiquement mises en valeurs se marient parfaitement avec le kick robotique et la rythmique Techno du début de titre. « Don’t cryyyyyyyyy », rien que cette petite vocale te mettra sous le charme… « I Gave My Life » sort en apparence de cette petite île de douceur mais t’amènera à terme sur une claque similaire au titre précédent. C’est cette fois l’alliance grave-vocale qui est mise en avant, la ligne mélodique apparaissant plus tardivement mais apportant sa petite pointe de mélancolie comme il le fallait. Tout est millimétré pour te transporter lentement sur de nouveaux horizons. « Let It Go » est un pure titre d’Ambient comme il se doit d’être, rien à redire là dessus si ce n’est l’ouverture musicale de l’auditeur vers d’autres genres. Mission unièmement réussie pour ce maxis, Traumprinz utilise les bonnes combinaisons pour un résultat innovant de réalisme.

 2014 – Intrinity

Avec ce nom plein de promesses, Traumprinz sWe lance une nouvelle fois dans la composition d’un maxis. « I love Ya » renoue avec ses précédentes productions, un kick lourd d’intensité ouvre le titre avant d’être accompagné d’un combo vocal-synthétiseur tout autant frappant. C’est un peu comme si tu te remettais un bon vieux Creedence Clearwater Revival mais à la sauce House, un classique jamais déplaisant à réécouter. « Intrinity » décoiffe net après une petite dizaine d’écoute. Je dis ça de manière expéditive mais ce titre est un vrai plaisir pour tes petites oreilles, il t’entrainera dans un univers si représentatif des productions de Traumprinz que tu redemanderas ta dose à tout va. C’est pendant ces 7 minutes de folies auditive que tu te lâcheras pleinement sur la piste, ça je peut te le promettre. « Something Magic » te rappellera quand à elle tout l’esprit du Chicago des 90’s. Pas besoin de dire plus, tout est résumé pour que tu puissances te lancer dans l’écoute de cet EP.

2014 : DJ Metatron – U’ll Be The King Of The Stars

C’est avec un plaisir non dissimulé que je rajoutes ce maxis signé sous le pseudonyme « DJ Metatron ». Si le nom sonne un peu comme le grand méchant de Transformers (cimer la référence), il n’en est rien de la qualité de production qui a été accordée pour cette sortie. Traumprinz s’est forgé un autre nom pour explorer de nouvelles possibilités. On est face à du lourd, du très lourd, la perle gagnante de l’année qui terminera indubitablement sur le Podium. « U’ll Be The King Of The Stars » sonne avec innocence, ouverture d’esprit et émotions. En te conviant avec douceur dans cette 1ère tentative sous son nouveau nom, Traumprinz s’illustre sous un nouveau jour mais toujours avec qualité. « Rave Child » est plus nerveux mais initie encore une fois avec succès la notion d’ouverture d’esprit. Mes avis que ce morceau pourrait aisément figurer dans la bande son d’un film de SF correctement réalisé. Digne du travail d’un grand, « Rave Child » est unique, indissociable de Traumprinz/DJ Metatron mais unique, rien que ça c’est très fort. La petite pause contemplative de « Spiral Worlds » est indissociable du reste du maxis, elle apporte son lot de douceur et de calme nécessaire pour une écoute dans les bonnes conditions. « The Colour (Sad Sad Euphoria Breakbeat Mix) » reprend la situation précédente dans un rythme nouveau pour le producteur anonyme. Si l’esprit du morceau colle parfaitement avec le reste, les changements occasionnés (rythmiques surtout) donnent un nouveau rendu et une surprise non déplaisante. Comme toute chose à une fin, il est temps de terminer avec « Oh Ah ». Avec cette recette on ne peut plus simple, DJ Metatron achèvera de convaincre les derniers récalcitrants à son style. La track est assimilable à une synthèse de tout ce qu’il y a de mieux sur le maxis, l’émotions toujours au rendez vous, le rythme est entrainant, le minimalisme régnant toujours aussi efficace, bref tout est sélectionné et placé à merveille pour te transporter dans un nouveau monde. C’est l’ENORME CLAQUE DE 2014, la grosse révélation de malade qui restera incrusté dans ta tête.

 

J’ai écris cette retrospective avec un plaisir non dissimulé : celui de faire connaitre à au moins quelques personnes la carrière d’un producteur génialissime à mes yeux. Traumprinz figure déjà dans ma liste des grands artistes de notre génération. L’évolution de son style est elle aussi à prendre en compte : elle est représentative d’un artiste désireux de se renouveler et porteur d’un message on ne peut plus agréable pour tes oreilles. Que ce soit sur ses maxis, son LP ou encore sous son pseudonyme DJ Metatron, Traumprinz a tout du mec qui saura se hisser aisément au panthéon de la House ! En cadeau (et pour te montrer que on en a jamais terminer réellement) voici un remix encore Unreleased, un autre remix officiel et surtout deux mixes qui te convaincront du talent du gars, à la prochaine l’ami !

PS : Mention spéciale pour le mix RA.387, une pure merveille à fort potentiel d’addiction.

Gidge – Autumn Bells

Gidge - Autumn BellsChaque saison a son ambiance, son rythme ou encore ses paysages. Si la plupart des mortels privilégient l’été comme la période la plus fastueuse de l’année, des gars comme Jonatan Nilsson et Ludvig Stolterman ont eux choisis de voir différemment les choses. Déjà titulaires d’un premier EP plutôt intéressant (cf -> For Seoul EP), les deux compères ont sortis en Septembre 2014 leur premier LP, Autumn Bells, disponible sur Bandcamp en version numérique comme physique (Vinyl ma gueule !). Le moins que je puisse dire après 2 semaines d’écoutes c’est que le résultat décoiffe de jour en jour : enfin un album avec une vrai atmosphère, une continuité parfaitement maitrisée, des sonorités innovantes… Bref, « The Must Have » du moment selon moi ! Si ce petit aparté t’as mis la puce à l’oreille, continue la lecture de cette chronique, tu ne le regretteras pas.

 

Rentrons dans l’immersion avec Fauna, Pt I. Cette entrée en la matière peut vite décourager au premier abord (je pense au « pseudo vacarme » qui s’en dégage) mais une écoute analytique au casque te permettra de comprendre la valeur du morceau. La multitude de détails qui se dégage dans cette petite introduction va vite s’accélérer avant d’atteindre un final envoutant de réalisme. De l’Ambiant comme je n’en avais pas vu depuis des lustres, les deux Suédois ont particulièrement peaufiné le traitement du son afin de restituer toute l’ambiance de l’Automne. Ni chaud, ni froid, l’équilibre est parfait pour démarrer le LP.

Comme je l’ai dit précédemment, Autumn Bells est un LP plus que cohérent pour son époque. A l’heure d’internet et de la masse musicale qui sort tout les jours sur je ne sais combien de plateformes différentes, les artistes comme les auditeurs ne prennent pas forcément assez le temps de se poser pour « vivre » la musique. You poursuit la même veine artistique que Fauna Pt I mais dans un genre subtilement différent. Peut être plus tribale, le rythme de la track fait immédiatement penser aux magnifiques paysages d’Europe du Nord. La 1ère partie du titre pose ainsi les bases en t’insérant dans le rythme, la seconde partie quand à elle apporte sa touche mélodique et te transporte elle au coeur même de l’ambiance du titre. Toujours en douceur, Gidge, te transporte dans son petit univers feutré d’Automne et parvient à te redonner le sourire. C’est cependant l’envolée théâtrale de la fin du morceau qui te procurera le plus de plaisir, sourire au lèvre obligatoire.

Oh oh oh, voilà déjà arrivé Fell In Love. Ne vous étonnez pas, c’est clairement le titre le plus accessible du duo. Toutefois ne vous méprenez pas aussi sur la simplicité du morceau : mieux vaut un engrenage simple et efficace plutôt qu’une cohorte de pistes toutes plus mal mixées les unes que les autres. Les notes de piano qui font figure d’introduction suivront continuellement le titre avant d’être accompagné par les « si reconnaissables » beat du duo. C’est cet écart entre la finesse du piano et les graves imposantes qui donnent à Fell In Love tout son charme, rajoutez y des vocales poétiques et la recette prend alors tout son sens. Croyez moi que vous allez vite être réceptif à tout ça. Que de poésie l’ami, que de poésie…

Prenez Eric Serra et sa cultissime OST du Grand Bleu. Prenez les nappes mélodiques qu’il maitrise à merveille et rajoutez y l’esprit de Gidge, voici venu Rest. Même si l’album prend ses racines dans les forêts d’Europe du Nord, Rest a clairement des influences marines dès les premières secondes d’écoute. La composition minimaliste du titre rend le résultat hautement interprétatif. A chacun de trouver le cadre qui collera avec cet esprit, dans tout les cas l’immersion sera plus que convaincante.

Mon avis subjectif sur Autumn Bells atteint son paroxisme avec Dusk. Ma première écoute du morceau s’est soldée par l’une des plus grosses claque du moment. Prenez l’ambivalence et la poésie de Fell In Love et vous pourrez vous faire un rapide aperçu de la chose. Cependant les deux compères ont abaissé les changements de rythme dans un soucis de continuité avec le morceau précédent. Le choeur mélodique, élément majeur du titre, te transportera sur un petit nuage de douceur cosmique. Je ne sais pas quel instrument/VST/synthétiseur Gidge ont pu utiliser afin d’en arriver à ce résultat mais je tire mon plus grand chapeau bas de la saison pour cette originalité plus que convaincante. Bref, de la grande maitrise par deux gars qui ont une grande imagination.

Amateur de Rone vous serez servis comme des rois avec Fauna Pt II. Le début plutôt chaotique (je pense aux gros kicks qui s’alignent rapidement) sera vite suivis d’une bonne vieille nappe mélodique comme seul Gidge savent le faire. Ressemblance avec Rone il y a c’est bien vrai, là ou ça tranche cependant c’est clairement sur l’envolée du titre. Vos oreilles de fourbes remarqueront d’emblée l’accélération progressive du morceau : les 8 minutes du morceau semblent donc logique. Là encore Fauna Pt II fait figure de titre plus qu’accrocheur pour les nouveaux venus, encore plus pour les adorateurs de mister Erwan Castex.

Le soucis du détail de Gidge se retrouve vraiment sur Huldra. Track la plus agressive de l’album, il ne faut surtout pas négliger la part importante des vocales ou encore les schémas rythmique qui viennent s’ajouter progressivement en cascade avec le kick des graves. Cet assemblage donne un résultat vraiment frais, proche même de l’interprétation en direct. La patte de Gidge, est vite reconnaissable après l’écoute des morceaux précédents, toujours comme si le duo surfait entre territoire connu et nouvelles découvertes.

On enchaine ensuite avec Growth, avant dernière track du LP. Comme si l’expérience précédente nous avait déjà bien essoufflé, les deux compères ont choisi le paris de la douceur avant la conclusion finale. Tout l’aspect contemplatif se retrouve dans ces 8,46 minutes d’écoutes : à mes yeux Growth s’allie instinctivement à l’image, comme si le tout avait été conçu comme une OST d’un film indépendant. Les graves toujours aussi lourdes (mais pas agressives non plus) se marient élégamment avec la naïveté des vocales. D’un point de vue rythmique la stabilité est encore maitresse : certes les coupures des kicks interviennent par ci par là au fur et à mesure de l’écoute mais c’est toujours dans un soucis de naturel, comme si l’auditeur devait être choyé pour qu’il garde son casque sur son petit crâne. Impressionnant de réalisme, Growth joue son rôle à merveille, double chapeau bas pour le duo !

Et on en arrive à la grosse part du gâteau, le sésame d’Autumn Bells, j’ai nommé Norrland. Si je devais vous recommander un seul et unique morceau à sélectionner en toute urgence c’est bien celui ci. Le cor nordique ouvre le bal de la meilleure des façons qu’il soit : tu es scotché sur ton siège dès les premières secondes d’écoute en te demandait « mais ou diable ont ils trouvé cette idée géniale ?! ». L’interlude qui suit t’accorde une petite pause, pause ponctuée des mélodies maintenant si reconnaissable du duo et des petites touches qui rendent leurs productions indissociables de l’image. La reprise, qui a beau être encore une fois très progressive, est magnifiquement orchestrée : le cor se remet en marche sur un rythme auquel tu t’es déjà bien habituée, tes petites oreilles frétillent d’impatience, bref tu es dans le kiff total. Tout se poursuit jusqu’à la conclusion, timide soit elle, et sa petit ligne mélodique qui te rappelle que l’expérience prend malheureusement fin. Les derniers moments d’écoutes, sorte d’ultime captation sonore du grand Nord Suédois, achèvent le tout dans un léger murmure.

Si certains peuvent me trouver très imprécis (voir abstrait) sur cette chronique d’Autumn Bells il y a une raison logique pour expliquer ça : tout le monde ne rentrera pas dans l’esprit de cet album. Et pourquoi ? Simplement parce que l’ambiance qui s’en dégage n’est perceptible qu’à travers une écoute prolongée du LP. Gidge a fait un paris de grand malade : sortir un VRAI album, et non une suite de morceaux qui termineront dispersés sur ton baladeur favoris. Cette habitude de merde d’écouter un mp3 par ci un mp3 par là (en qualité de merde qui plus est) constitue d’ailleurs la plaie de notre période : les gens ne prennent plus le temps de se poser et de savourer honnêtement et naturellement la musique. Le maigre pourcentage d’auditeur que je pourrais toucher avec cette chronique ne compte pas : si même une personne réussissait à capter l’esprit d’Autumn Bells ma mission serait un succès. Pourquoi donc ? Parce que Gidge a composer ce magnifique LP dans ce sens là et que moi (dans mon petit rôle d’intermédiaire) aurait réussis à transmettre le message. C’est aussi simple que ça l’ami, ça ne sert à rien de déformer le message d’origine, autant le faire passer de manière sincère. Sur ce je fonce me faire une petite session d’écoute en solo, tchao l’ami !

 

Chronique : Zenker Brothers

Zenker Brothers

Les deux compères nous viennent d’une belle contrée Allemande, Munich. Relativement jeunes (et armés de leurs éperons) les « Zenker Brothers » forment le fer de lance d’une génération talentueuse. Ils en sont encore à leur débuts mais Marco et Darius savent faire cracher ton caisson c’est moi qui te le dit. Ta vie après une simple écoute de leurs galettes va sensiblement changer mais je laisse encore le mystère tout entier… Pas de Dolorean cette fois ci mais la bonne vieille loco’ de Doc, vous comprendrez par la suite.

2011 – Berg 10 EP : C’est sur leur label Ilian Tape que les frères Zenker décident de se lancer. Quoi de plus logique après tout ? La jeune structure a auparavant signer de belles productions donc tout semble allez pour le mieux. En résulte donc 3 morceaux à commencer par Berg 10. Savante entrée dans la matière dans leur univers, l’auditeur est fraichement acceuillie par une rafale de grave ponctuée d’une petite réverb’. Quoi de plus classique après tout ? Que nenni, c’était sans compter sur la petite ligne mélodique qui te ramènes dans ta tendre enfance. La magie du titre c’est avant tout ce mélange : les deux frères se renvoient la balle en y rajoutant chacun un peu de leur savoir et si au premier abord l’écoute te laisse de marbre, les suivantes feront leur effet. Inti poursuit l’idée mais on est plus face à un titre d’ambiance qu’à une track Techno. Remarquez, le morceau a peut être de l’avenir du coté des OST qui sait. Pourtant ce cher Inti en a dans le ventre, la montée se fait en douceur et sans se presser ce qui plaira à certain. Sans être le bouc-émissaire de leurs productions, cette seconde track à un petit air d’inachevé mais passons, il y a heureusement une suite qui arrive. Studio est dans la place que tu te retrouves déjà à groover dans ton salon. La précédente bavure est immédiatement corrigée avec cette solide track : le rythme est on ne peut plus entrainant, la ligne de grave envoutante, les petites mélodies attachantes, je manque d’adjectif pour exprimer ma pensée mais restons en là. Yeahhhhhhh, un premier maxis réussis ça fait toujours plaisir !

 

 

2013 – Lion On Mars : Bingo, 2 ans d’attentes équivalent bien souvent à 4 années de pure plaisir. Tu veut savoir pourquoi ? Et bien commence l’écoute du magnifique Knighthof. Cette petite bombe de Techno te redonnera le pep’s qui te manquait en début de soirée. La base rythmique (qui pourrait se résumer à une bonne groovebox des 90’s) s’accompagne merveilleusement bien avec la boucle « semie-orientale » du morceau. Répétitif mais jouissif, Knighthof est l’une des plus grandes réussites des Zenker Brothers. On renchaine cependant avec The Future Is You, second titre de la galette. Changement d’ambiance cette fois ci, les deux frères ont tapé dans l’ambiance tribale des afters de folie. Le pire c’est que le rendu final, plutôt simple à l’écoute, fait son effet. Tu garderas même en mémoire le « Big Kick » qui rythmeras ton petit coeur pendant 6 minutes. Heureusement que Davin est là pour te calmer un minimum. Si cette troisième track emprunte légèrement à Knighthof, les douces nappes mélodiques qui apparaissent en milieu de morceau sauront t’apaiser. Remplie d’émotion, Davin est le genre de titre qui apportera un semblant de mélancolie en plein SET tout en demeurant fidèle à la sainte et douce Techno. « Petite pause neurologique en cours, merci de patienter quelques minutes ». Voilà c’est bon, tes petites oreilles reposées sont prêtes à se lancer sur Cosmilian. Cosmique ou comique à chacun de choisir, j’opte toutefois pour le premier choix. Cette dernière track est un cas à part : sans être en avance sur son temps elle a le mérite d’innover chez les Zenker Brothers. Attention toutefois, dégainer ce titre en plein SET peut vite faire chambouler l’ambiance donc je recommande l’écoute studio. J’ai envie de dire qu’on en arrive à la conclusion de ce second maxis. L’ambiance générale est plus que positive, aucun sans faute au compteur à déplorer et en plus de cela un style vraiment à part de ce qui se fait traditionnellement à Berlin. Comme quoi sur un malentendu ça peut marcher.

 

 

2014 – Stratus Phunk : Mouhahaha on en arrive au sésame ultime, mon coup de coeur absolue. J’ai fait la connaissance des Zenker Brothers par le biais d’une amie (thanks « Grande Chambellante ») et surtout avec Knighthof. Je ne vais pas me plaindre de ça, loin de là même. Non, si j’ai très vite adhéré au style des deux allemands c’est surtout par le biais du morceau éponyme Stratus Phunk. 10 minutes de pure folie et parfaitement orchestrées, le tout plongé dans un magnifique clip du studio « The 29 November Films ». Au programme : samplage des cheminots, gros rythme bien tapeur, envolée nerveuse pour une fin diablement jouissive, communion parfaite entre la vidéo et l’audio, bref du très très très bon boulot à l’Allemande. Je comprend pourquoi les gars du Tresor ont signé, ce seul titre parvient à renverser ton petit crâne en quelques secondes. Renchainons toutefois avec Thirty-Who. Ce second morceau est très facilement assimilable à une grosse Rave Party sur Pluton. Nos potes extraterrestres pourraient pas s’empêcher de se déchainer sur la piste c’est moi qui te le dit. Chose malheureuse, la précédente claque avec Stratus Phunk est difficilement éclipsable d’ou un sentiment de manque à la fin des 6 minutes. Heureusement Vamp Like (ultime track) rajoute un peu de trash à l’ambiance générale : le gros rythme furieux transportera les junkies dans un nouvel espace tridimensionnel. Bref une finale en beauté !

 

Chronique : Renart

Renart

Derrière cette photo qui te rappellera le roi Arthur (et toute sa bande de joyeux copains) se cache pourtant l’un des producteurs les plus en vogue du moment. Son nom c’est Renart, le Goupil des temps modernes mais surtout un gars qui te propulse en pleine renaissance auditive à chaque écoute. Mais comment le mystérieux Frédéric Destres parvient il à te sortir ces sons de l’espace ? Je vais tenter d’apporter une petite réponse à ce propos, mon but est déjà de parler de la carrière du jeune producteur et ce à quoi elle est amenée à être dans quelque temps. Pose toi en forêt avec un bon soundsystem et lance toi dans une « Medieval Party » si tu as le cran Macfly !

 

2010 – Music For The Royal Fireworks EP : C’est dans le courant de cette année là que le Goupil est sortis de sa tanière pour te balancer son tout premier Maxis. 3 compositions pour 3 remixes, ça commence déjà bien avant même d’allumer le compteur. Comme introduction à l’ensemble on a droit au magnifique Wolf Winterwood, titre nerveux bourré de synthés qui saura égayé tes afters de folie d’été. On remarque presque une petite pointe de sonorité arabes à certains moments (Acid Arab bonjour), c’est un très bon point mais cela reste à nuancer selon les avis (et oui je vois des choses partout, je suis un petit fou !). La track éponyme, Music For The Royal Fireworks, est quand à elle beaucoup plus subtile. La base rythmique très solide du titre (ainsi que ses graves) fait place à des envolées mélodiques par à coup très bien pensées. Ça pourra te rappeler Qualia (de son dernier maxis) au départ mais tu deviendras quand même vite accros à ce morceau. Autre détail les deux morceaux déjà abordés comportent un petit coté Electro-Clash très plaisant à entendre. Néanmoins la merveille du maxis c’est avant tout chose ce bon vieux Oiseau de Malheur. Combine la nervosité de Voyage Chromatique avec des graves ultra saturés et te voilà plongé en plein trip avec les corbac’s de Game Of Thrones. J’abuse peut être un peu les choses mais quand on te procure tes 6,30 minutes de kiff avec cette track tu en ressors indéniablement satisfait. Mais oui monsieur, je fait l’impasse sur les trois remixes de la galette car mon but est avant tout de chroniquer notre célèbre Goupil !

https://soundcloud.com/ftw/sets/renart-music-for-the-royal-fireworks-ep   (Sorry l’amie pas de lien intégrable).

2010 – Voyage Chromatique (Single) : Je ne vous présente plus ce tube devenu mythique en un rien de temps. Voyage Chromatique c’est un peu comme si tu prenais un zeste de l’esprit de Philip K. Dick et que tu l’associais finalement avec une Techno tout droit sortis du monolithe de 2001 : L’odyssée de l’espace. « That’s a fucking Bingo » tu pourras dire, je serais d’accord avec toi l’amis car les 7,40 minutes du morceau ont eu droit à un très beau clip (et quand je dis très beau c’est très beau). Badaboum cosmique dans ta tête !

2011 – Voyage Chromatique EP : Il fallait réitérer le trip pour convaincre la foule. Renart nous livre ici un maxis très spécial, des inédits saupoudrés de bon remix par ses potes. Malpertuis nous dévoile un Edit vraiment sympa de Voyage Chromatique : si peu de choses changent réellement, cette version est plus uniforme et assez intéressante pour y jeter un coup d’oeil. Renart renchaine avec Charlatan, une track au nom aguicheur qui te prouvera que la Techno en période de fête ça peut être cool en fin de compte. Tu commenceras même à te poser une question : mais d’ou sort-il tous ces samples, mélodies et j’en passe ?! Grande énigme l’amie, intéresse toi plutôt au morceau suivant, Confiture. Le petit son du carillon, aussi bête soit il, donne une sacré immersion dès les premiers coups lancés. Pour résumer ce titre de manière objective on est face à une sacré expérimentation rythmique comme mélodique. Confiture est et restera un sacré morceau, tu t’amuseras à le fredonner dans des situations bien barjo en compagnie de tes potes. FAON en a lui aussi fait les frais en nous en pondant un remix « illico-presto ». Plus traditionnel sur certains aspects, le résultat reste tout bonnement jouissif. Tu es dans ta bulle, perdu dans tes idées à te questionner sur la manière dont la track a été composée. Larcier rejoint le champ de bataille et nous livre sa version des choses : la carte de l’envoutement est tirée, tu ne peut rien y faire ton trip ne fait que commencer.

2010-2011 – Inédits : Ne stresse pas l’amie j’ai tout bonnement donné le nom « Inédits » aux différentes tracks du Goupil qui étaient inclassables. Enfin non, pas inclassables mais plus à part. Je commencerais donc avec le très bon Al Isra, titre méconnu du grand public mais qui a pourtant un énorme potentiel en milieu de soirée. C’est sans doute pour moi l’une des plus belle fusion qu’il m’ai été donné d’entendre : le coté expérimentateur de Renart se marrie avec celui de la balade électronique en plein moyen-orient. La carte rythmique est elle aussi impeccable, nerveux mais juste comme il faut. Mais comme toute chose à une fin il va être temps de lancer Songe Enigmatique Séquentiel. 13,30 minutes de délire auditif à réserver aux puristes de l’extreme. C’est précisément avec CETTE track que tu peut apercevoir le génie créatif de Renart : une belle part d’imagination poussée à coup d’expérimentations innovantes sans aucun temps morts. Il est certain que ce morceau n’est pas adressé à tout le monde mais les quelques personnes qui sauront apprécier l’idée du titre comprendront ce que je veut dire. La suite se trame déjà avec Styx. Cette fois ci Renart s’attaque presque au travail d’un compositeur d’OST : sortir la carte de l’ambiance et faire planer le mystère. Sans faute absolue, à bon rendement sur un bon système audio vous pourrez presque vous imaginez dans le Solaris russe de 1972.

2012 – Petits Charmes : Ma découverte de Renart remonte précisément à ce Maxis. Déjà 2 ans que je m’écoute cette petite merveille, c’est fous comme le temps passe vite quand on y pense. 4 morceaux uniques composent la galette, galette qui commence ainsi avec Au Matin, La Mort De L’Astre. Outre ce nom plutôt évocateur Renart a tiré la carte de simplicité en utilisant tout ce qu’il sait faire de mieux à bon escient. Le résultat est impressionnant : un style particulier t’envoute pendant les 6 minutes du morceau, bref du travail de maestro. L’expérience se poursuit avec la track éponyme, Petits Charmes. Elle porte bien son nom d’ailleurs, l’ambiance chaude doublée des magnifiques petites notes de synthé est convaincante dès les premières secondes d’écoutes. Les nappes mélodiques qui surviennent et disparaissent au fur et à mesure du titre rajoutent vraiment un petit plus qu’on attendait tous. Pour avoir vu ce que ça donnait en live (et je suis loin d’être le seul) l’ambiance que procure Petits Charmes est absolument unique. Tellement unique que Renart nous a dégotté une autre version, Petits Charmes (Le Poème). La structure reste similaire mais tout auditeur qui se respecte aura remarqué les subtiles réverb’ placé sur le synthé d’origine. Comble du plaisir on a droit à une très bonne vocale (de qui, je ne sais pas) qui rajoute un coté presque skyzophrénique au titre. La seconde partie s’accélère nettement avec des réverb’ encore plus dingue, en bref du grand génie à la Française. Ouh ouh ouh on arrive au met ultime, le Saint Graal absolue de ma bibliothèque audio. Quand j’ai entendu la première fois Conte D’Été je n’ai pas réussis à classer le morceau dans telle ou telle catégorie. Le titre va à l’encontre même des concepts préétablis de la musique électronique : Renart a fait preuve d’audace en ressortant de sa besace ses meilleurs samples. Ou plutôt la totale, groovebox, synthés, vocales et j’en passe. Ces 7,50 minutes te transporteront sur un petit paradis imaginaire et feront de toi un être repus de musique (du moins pendant longtemps, très longtemps). Trop de Techno dans la tête depuis quelque temps ? Alors jette toi sur Conte d’Été de suite et amuse toi à écouter les vocales de la petite fille qui s’amuse à observer le studio du Goupil. Du grand art, et à la Française merde !

2013 – Et Le Rêve Des Absents : C’est en ce mois de Novembre 2013 que Frédéric nous lâche cet EP : Et le rêve des absents est une vraie surprise, un savant mélange tribal/mélodique sur une vague d’ambiance psychédélique. Rares sont les sorties à me procurer un tel plaisir, j’ai mis du temps à rédiger cette chronique en partie pour cette raison car l’oeuvre se savoure sur le long terme, en écoute casque ou avec un très bon Sound-System. Stratagème nous laisse pénétrer doucement dans cet univers chaotique, champ de bataille entre les Kick d’une techno agressive et d’une suite de mélodies synthétiques. On se reprend à penser à Voyage Chromatique, l’atmosphère du single revient à quelques moments mais ici elle est poussée à son paroxysme. Introduction en douceur et qui joue à merveille son rôle, cette première track démontre un important travail de production et de réflexion, tout  est millimétré et orchestré à la perfection. Ces 6 minutes de plaisir se poursuivent avec Qualia placé en seconde position de la galette. L’agressivité est remontée de 10 crans avec des Kick bien lourd, ça surprend même au départ mais très vite on se prend a planer. L’envoutement se fait ici par palier successif, des notes de synthés saturées qui s’amplifient, ralentissent et se relancent au fur et à mesure de l’écoute. Point d’ajouts barbants, ici Renart vise un minimalisme maitrisé et qui te fait bouger pendant 5,30 minutes. La Bataille de Synthèse poursuit cette épopée et le moins que l’on puisse dire c’est que ça envoie : une montée en puissance tout bonnement jouissive, cette track a un sérieux avenir en club ! Ce 3ième morceau même s’il est de la même veine que les deux précédents surprend beaucoup plus dès la première écoute car on nage en plein dans un mélange Minimal agressive/Ambient. Surprise surprise l’ami ça ne s’arrête pas pendant les 5 minutes suivantes et bien au contraire, ici l’animal te livre une véritable fresque mélodique. Comme quoi une boite à rythme, un synthé, une pannelle de VST et un producteur talentueux peuvent donner un véritable chef d’oeuvre. Attention l’ami ne te dit pas que l’aventure est finie, bien au contraire il reste encore la fameuse track éponyme Et le Rêve de absents. Parce que l’apogée de ton trip se situe bien entendu dans ces dernières 7,30 minutes. Ecouter la galette de manière disparate ne ferait que casser l’idée, l’écoute d’une traite est largement conseillée (surtout avec une bon casque ou une belle paire d’enceintes). Car oui, ce dernier morceau équivaut à la démultiplication de Voyage Chromatique à coup de M16. Les kicks te lancent en pleine Rave, les mélodies en plein voyage interstellaire. Faire mieux me paraît difficile voir suicidaire tellement l’idée est géniale.

2012-2013 – Renart Remixes : Pour faciliter le rangement de ma Bibliothèque MP3 j’aime bien simplifier les choses. C’est ainsi que j’ai décidé de rassembler tout les remix de Renart dans une seul compil’ histoire de faire perdurer le trip comme il se doit de faire. Avant toute chose il s’agit de te faire apprécier l’esprit du Goupil donc je commencerais avec Love Is Not A Joke (Renart Remix). Initialement composé par Ahmad Al Kosem, ce morceau marque l’affection que porte Renart vis à vis des sonorités du moyen-orient. Et c’est tant mieux vu le résultat nerveux que ça donne : crois moi ta soirée risque de devenir complètement tarée si tu passes ce titre. Bon point donc, en plus d’être un producteur émérite Renart affirme désormais ses talents de remixeur. Bell (Renart Remix) est aussi une petite merveille : les graves sont bien mixés et se marie parfaitement avec le coté un peu déjanté des mélodies. Parfait pour faire monter l’ambiance et en même temps rester dans le cadre du milieu de soirée. Dream Is On (Renart Remix) de Loony Wise Men change la donne en faisant péter ton caisson. Les graves envoutantes font très vite place au son industriel qui se répète tout du long, et ce en appelant en renfort des vocales robotiques à certains moments. « Très intriguant » : telle sera ta réaction, mais « très kiffant » tel sera ton souvenir (Maître Yoda est avec moi les gars). Si tu veut de reposer après cette bataille nerveuse alors enchaine avec Sometimes I See (Renart Remix) de Larcier. Je pourrais presque reconnaitre un sample de John Shepheard (Type on A pour être précis) mais l’ambiance posée du titre me dissuade de faire preuve de réflexion. Calme toi l’amie et endors toi tout simplement. Si tu veut que ça groove tout en planant alors démarre Atoms & Axes (Renart Remix). Tu vas bien phaser sur les vocales lancinantes en intro mais ce sont les graves qui forgent l’essence même du titre. Petit détail tu peut même entendre le petit clic d’un trackpad Apple, et oui le Goupil a pensé à tout ! Ça ne te suffit pas ? Alors pars avec moi dans le désert Syrien pour découvrir l’histoire des souverains Perses avec Atabat (Renart Remix). C’est le géniallissime Omar Souleyman qui a été remixé, en élément de comparaison tu peut imaginer l’excellent Surf Smurf (Rebolledo Version) transformé à la sauce du moyen-orient et de l’asie mineure. Alicia (Renart Remix) va te booster un petit coup avant d’affronter le mur du son du Berghain. Imagine l’USS Enterprise passer en vitesse lumière avec Renart qui te pose un set dans le même temps, tout est dit. Si tu es tombé sous le charme de Petits Charmes (yeah la blague) alors jette toi sur The Wheel (Renart Remix) de Square Mode. Petit retour aux ambiances chaudes du sud de la France le tout servis sur un petit nuage de volupté musicale. Mushroom (Renart Remix) de vOPhoniQ surfe sur la même tendance, dis toi que des petits champignons seront parfait pour savourer l’expérience (pas de blague voulue). Je t’ai gardé le meilleur pour la fin l’amie, c’est pas tout le monde qui est capable de pondre un remix pareil. Je parle de Enfant Flamme (Renart Remix) originalement composé par Blind Digital Citizen. Point d’introduction mélodieuse le kick est déjà lancé à fond. Non ce qui frappe c’est le goût prononcé de Renart pour les envolées mélodiques. Le coté d’abord agressif du titre fait la part belle à un côté bien plus poétique, coté qui m’a d’ailleurs rappelé le talent de Vangelis sur la bande son de Blade Runner. Je te laisse découvrir le remix de Home Music par tes propres moyens, là aussi c’est du grand art. Oh mon petit c’en est finis des remixes malheureusement, le Goupil a disparu dans un buisson. Pas grave, la suite est tout aussi énorme.

2013 – Normal Music 01 : La courte apparition de Renart chez Normal Music est une histoire à ne pas oublier. Un seul titre en a découlé pour l’instant, Or Sang Tu Mens. Une petite bombe d’envoutement comme le jeune producteur sait le faire, que ce soit en Live ou bien en écoute chez toi tu resteras fasciné par cette track. Là est le talent de Renart justement…

2013 – Acid Arab Collections #1 : LE titre absolu de la compilation. Versatile Records à du être bien content en voyant la réaction des gens à l’écoute de Sahra min tahab. LA combinaison parfaite de la puissance de la Techno, de l’envoutement des mélodies et enfin des sonorités arabes (Syriennes pour plus précis). Si tu as l’occasion de partir dans le désert un de ces quatre embarque ton Ipod et ce morceau d’office. Si tu es encore plus chanceux ramène ta sono et fais péter le son avec les scorpions du Sahara. Bref c’est Renart quoi.