Étiquette : House

Chronique : Traumprinz, le génie anonyme…

Traumprinz

Mon avis sur ce producteur au visage caché est fait après plus d’un mois d’écoute. De la même manière que Renart, j’ai eu droit à un de ces flash qui a bien marqué mon regard sur la musique électronique actuelle. Issu du prestigieux label « Giegling », Traumprinz (nouvel alias après carrière sous le nom de « Prince Of Denmark ») apporte un sublime touché à la House : il manie comme un maître les recettes gagnantes tout en s’inscrivant dans la lignée de producteurs talentueux du moment. Déjà titulaire d’un album et d’une très bonne série de maxis, il faut aussi rajouter une série de mix vraiment à par dans le paysage actuel. Commençons !

2011 : Freedom

Premier maxis sous son nouvel alias, le tout en vinyle sous un sous-label éponyme. « Freedom » ouvre le bal avec ses graves tout en rondeur. Le rythme t’emporte dans un morceau minimaliste destiné avant tout à te lancer dans la partie. Dès lors on peut parvenir à percevoir un certain calme dans le style du producteur. Cette volonté d’emporter l’auditeur sans l’égratigner est la ligne conductrice d’un travail de production conséquent : le mixage est propre, la base simple, le boulot est fait. « Hey Baby » fait la coupure avec des kicks bien lourd, typique d’une House Old School. En samplant, la voix de l’animatrice de Best Radio 92.6 (sample aussi utilisé pour un remix de « Time » des Pachanga Boys) l’effet est à son comble : l’envoutement te saisit dans une douceur juste parfaite pour tes petites oreilles. Lourd de conséquence dans une douceur olympienne, voilà de quoi te rendre heureux après les 7 minutes du titre. « Speak To Me » opte pour ce même dépouillement : la structure du morceau reste nerveuse mas étonnamment simple. Cette simplicité se retrouve même dans les petites pointes acides qui videront ponctuer le rythme. Mais malgré tout ça, la recette est diablement gagnante : un kick tapeur, une boucle mélodique épurée, un sample d’une vocal, rien de plus n’est nécessaire pour faire durer ton kiff. « Because we love House music », cette phrase résonne parfaitement l’intention de premier maxis.

 

2012 : Say Or Do EP

Seconde sortie sur le sous-label « Traumprinz », Say Or Do EP est de loin la plus grande réussite du producteur mystérieux. Un sans faute d’une portée vraiment magistrale, voilà l’Ovni de l’année 2014 pour moi. « Say Or Do » ouvre le bal dans un demie-calme vite coupé par l’arrivée d’un kick tout simplement massif. Les graves lourdes confèrent ce côté vraiment puissant de la House, quand à cela vient s’ajouter en douceur une magnifique ligne vocal (et très émouvante par la même occasion) tu es bercé de bonheur. Transporté dans cette tornade d’ambiguité, les 5 minutes du titres racontent à elle seule tout une histoire. « Changes », dans sa nervosité rythmique, t’étonnera elle aussi quand la vague de synthé s’immiscera tout en douceur dans le morceau. Encore une fois Traumprinz y rajoute un petit sample vocal parfaitement ajusté au reste. Dis comme ça c’est peut être trop synthétique mais tu sera vraiment transporté dans un autre univers avec un bon sound system. « Changes » résonne d’intensité, d’émotions et en même temps d’une chaleur ô combien rare pour les productions électroniques du moment. Viens te percher sur cet océan de douceur l’ami, la partie n’est pas encore jouée. « Eachstep » envoie du lourd, du très très lourd. Mais pas du n’importe quoi, la dimension inquiétante du titre restera pour moi sans égal dans l’histoire que Traumprinz cherche à nous raconter. Finis les vocales joyeuses des deux premières tracks, cette fois les graves imposantes et la sombre vocale qui vient y s’ajouter tapent dur, vraiment dur. Cette lourde ambiance dégagée annonce dans le même temps une ultime track non négligeable. « Neeeeed » s’amorce, le rythme ultra chill des graves te pose tout en douceur. L’équation est simple : prend deux caissons Onken, aligne les devant toi, laisse les roucouler et tu comprendra ce qu’a voulu faire Traumprinz. Le pire dans l’histoire c’est qu’il refait le coup de la vocale bercé à coup d’écho et de réverb’ mais ça marche ! Ca marche avec un énorme smile même, tu t’enquilles un petit tarpé dans cette vague de grave et tu te dis que chiller c’est plutôt frais avec du bon son.

 

2012 : Paradise With A Lobotomy

Cette fois l’ami Traumprinz est allé du côté de Kann Records pour sortir son 3ième maxis. Ce choix est somme toute logique étant donné la direction que prennent ses sonorités, le producteur choisis ici un peu plus de puissance pour booster la piste. « Big Baby Jesus » ouvre le bal sur un kick déjà si reconnaissable, l’envolée se fait tout en douceur sur des petites touches de réverb’ typique de la Dub Techno. La structure du titre, minimaliste de bout en bout, n’empêche pas une immersion des plus agréable, encore un pari réussi pour le producteur talentueux. Les premières secondes d’écoute de « Love Yeah » résonnent de la même manière, il faut par contre noter un sampling assez intéressant : la boucle (instrumentale comme vocal) utilisée donne un côté quasi-skizophrénique au morceau, pas de quoi te mettre mal à l’aise mais suffisamment pour marquer ton intérêt. Allié à la rigueur et au minimalisme de Traumprinz, « Love Yeah » marche de la manière la plus simple et élégante pour tout auditeur amateur de House. Renchainons maintenant avec le court « Feel », titre qui conclue cette 3ième sortie. Le gros changement de rythme occasionné fait plaisir à entendre, Traumprinz s’est créé une petite track de Dub Techno à sa manière mais la recette est gagnante. Avec ses 4 minutes, « Feel » déverse un bel ensemble de piste subtilement placée pour te faire vibrer. Certains pointeront la petite touche nostalgique du titre, cela reste au choix de l’auditeur cependant. Pour une 3ième sortie, Traumprinz s’écarte de l’écurie Giegling pour faire un petit détour non déplaisant cher Kann Records. Le producteur prend ici du plaisir à lâcher en toute tranquillité le fruit de son travail, cette impression se ressent fortement par rapport à ses autres sorties mais cela ne fait pas de mal. Après tout chacun à la droit à sa petite pause non ? 😉

 2012 – Into The Sun

Le grand retour sur Giegling est de la parti l’ami, que de plaisir ! Pour cette 4ième sortie (encore une fois un maxis) Traumprinz opte pour un côté plus progressif, plus en longueur et surtout plus orienté vers la Techno. Un choix qui va d’abord se ressentir sur la longue ballade de « I’ll Never Let You Alone » : plus de 11 minutes d’envolées nerveuses bercée par une ligne vocal de toute beauté, voilà le rapide résumé du titre pour faire court. Avec le recul cette première track pourrait aisément se placer en début de Set, sa structure simple mais entrainante pourra aisément faire vibrer la foule en un rien de temps. L’éponyme « Into The Sun » tranche indubitablement avec le précédent morceau : Traumprinz fait alliance avec un aspect bien plus synthétique tout en conservant sa patte rythmique. Cette ambivalence forme pourtant un résultat assez convaincant, la douceur qui s’en dégage est d’ailleurs surprenante d’intensité. A la manière de la leçon du soir, Traumprinz démontre tout son talent pour te faire rentrer dans sa bulle malgré les aprioris. Il est simple de trouver les prémices de son futur pseudonyme « DJ Metatron » mais j’en reparlerai après pour éviter de spoiler à tout va. En 3ième place sur les starting blocks on retrouve le curieux « Lady Lazerus ». La surprise à l’écoute est normale cher auditeur, j’ai moi même été étonné par ces sonorités organiques et le côté expérimental qui s’en dégage. J’ose le dire mais c’est sans doute la track la moins ouverte de Traumprinz, malgré sa simplicité et son originalité je déconseille aux nouveaux venus de commencer par là.

2013 – Mothercave

Et voici venu le premier LP de ce bon vieux Traumprinz. Etape charnière pour bien des artistes, on peut comprendre la nécessité de s’illustrer avec une série de maxis avant de passer à l’étape suivante. Et force est de reconnaitre la sagesse de ce conseil, Traumprinz semble avoir pleinement compris la leçon de A à Z. Le timide « One Love » joue à merveille le rôle d’introduction, sa simplicité et son côté répétitif donneront le sourire. L’éponyme « Mothercave » frappe par l’envoutement de ses nappes mélodiques et son rythme nerveux, c’est le décalage spatial vers Neptune qui est en jeux l’ami, Traumprinz te donne juste l’OST qu’il fallait pour l’occasion. « It Takes Two Wings » joue plus le rôle de track pour accompagner l’ambiance de début de soirée. La Dub Techno se ressent pleinement mais quelques changements figurent en proue comme c’est le cas du vocal répétitif qui annonce la suite des hostilités. Cette suite, c’est « Believe ». Fort de ses plus de 6 minutes, ce morceau accompagnera à merveille tes excursions en territoire urbain tout en apportant son lot d’émotion au fur et à mesure de l’écoute. Plus besoin de rappeler la sobriété de Traumprinz, ses maxis t’ont déjà mis en confiance et du devrais être à l’heure actuelle sous le charme de son style. Continuons cependant avec le mystérieux « There Will Be XTC » : ce morceau est une énigme à lui tout seul, un assemblage de genres pourtant diamétralement opposés. Prenez les mythiques synthétiseurs de Vangelis sur la l’OST de Blade Runner, ajoutez y un kick tribal, un rythme typique du Dubstep et des vocales nerveuses et vous voilà éberlué devant ce monument de Techno. C’est sans doute l’un des plus gros virage qu’aie fait Traumprinz, tirons lui le chapeau pour cette prise de risque qui donne des merveilles. « Yo man, petit tarpé au De Graal d’Amsterdam ? Yeah man on y go ». Tu rentres dans l’établissement, tu te poses et tu fais le point de ta journée. Une musique spécifique pour ce petit moment d’aparté ? « The Monkey » bien entendu, voilà la track absolue pour chiller dans les règles de Traumprinz. Crois moi que le rythme de ce titre trainera dans ta petite tête et te forcera à la réécoute d’ici peu, crois moi… Il est toutefois des merveilles qui ne sont pas exemptes de défauts, la preuve avec « Kiefermuskelkater » qui malgré son rôle d’interlude ne parvient pas à te mettre sur le cul comme cela a été le cas avec les précédentes tracks. Trop répétitif, trop simpliste, c’est la première erreur de Traumprinz mais on peut lui pardonner avec le sourire. Si tu es amateur des longues envolée à la Minilogue, « I Found Truth In A Soft Night Of Confusion But I Lost It » devrait te plaire. En jouant sur des graves en arrière fond et un rythme typique d’une machine qu’on redémarre, le mystérieux producteur délivre ici un penchant pour la Minimal tout nouveau pour tes petites oreilles. Mission réussis pour cette petite douceur, tu es encore une fois dans la bulle de Traumprinz avant de t’en rendre compte. Terminons maintenant le LP avec « Ambient 006 », une curieuse ballade synthétique qui conclue l’expérience d’une surprenante manière. En effet, Traumprinz a jugé bon de rajouter quelques notes de violons (bien entendu passé à quelques modifications sur ordinateur) pour apporter un peu de chaleur à son titre. Le morceau gagne d’ailleurs en intensité, but voulu pour conclure ce premier album ô combien réussie. Sortis sur Giegling (encore une fois !) en 2013, « Mothercave » a apporté sa pierre à l’édifice tout en permettant à Traumprinz de se forger sa propre identité sur la scène électronique Européenne. A partir de là, il a tout d’un grand !

2014 – All The Things

Rappelle toi l’ami du virage vers lequel s’orientait Traumprinz avec son premier album et tu pourras te donner un premier aperçu de cet énième maxis. Le terme énième n’a aucune visée péjorative étant donné la recette à succès du producteur qui continue de faire vibrer nos petites oreilles. La preuve avec « Messed Up Jam », un morceau de 7 minutes froid en apparence mais à fort potentiel cinématographique. Très répétitif (je pense aux notes de synthétiseur), le titre n’a rien d’une ébauche mais s’apparente plutôt à une entrée en douceur dans un Traumprinz 2.0. « All The Things » est LE titre qu’il faut retenir sur ce maxis. Il initie les nouvelle sonorités phares que choisis Traumprinz tout en gardant la patte rythmique si chère au producteur. Ce mélange donne naissance à 9 minutes de voyages auditif, parfait pour chiller sur une plage en plein été. Les vocales magnifiquement mises en valeurs se marient parfaitement avec le kick robotique et la rythmique Techno du début de titre. « Don’t cryyyyyyyyy », rien que cette petite vocale te mettra sous le charme… « I Gave My Life » sort en apparence de cette petite île de douceur mais t’amènera à terme sur une claque similaire au titre précédent. C’est cette fois l’alliance grave-vocale qui est mise en avant, la ligne mélodique apparaissant plus tardivement mais apportant sa petite pointe de mélancolie comme il le fallait. Tout est millimétré pour te transporter lentement sur de nouveaux horizons. « Let It Go » est un pure titre d’Ambient comme il se doit d’être, rien à redire là dessus si ce n’est l’ouverture musicale de l’auditeur vers d’autres genres. Mission unièmement réussie pour ce maxis, Traumprinz utilise les bonnes combinaisons pour un résultat innovant de réalisme.

 2014 – Intrinity

Avec ce nom plein de promesses, Traumprinz sWe lance une nouvelle fois dans la composition d’un maxis. « I love Ya » renoue avec ses précédentes productions, un kick lourd d’intensité ouvre le titre avant d’être accompagné d’un combo vocal-synthétiseur tout autant frappant. C’est un peu comme si tu te remettais un bon vieux Creedence Clearwater Revival mais à la sauce House, un classique jamais déplaisant à réécouter. « Intrinity » décoiffe net après une petite dizaine d’écoute. Je dis ça de manière expéditive mais ce titre est un vrai plaisir pour tes petites oreilles, il t’entrainera dans un univers si représentatif des productions de Traumprinz que tu redemanderas ta dose à tout va. C’est pendant ces 7 minutes de folies auditive que tu te lâcheras pleinement sur la piste, ça je peut te le promettre. « Something Magic » te rappellera quand à elle tout l’esprit du Chicago des 90’s. Pas besoin de dire plus, tout est résumé pour que tu puissances te lancer dans l’écoute de cet EP.

2014 : DJ Metatron – U’ll Be The King Of The Stars

C’est avec un plaisir non dissimulé que je rajoutes ce maxis signé sous le pseudonyme « DJ Metatron ». Si le nom sonne un peu comme le grand méchant de Transformers (cimer la référence), il n’en est rien de la qualité de production qui a été accordée pour cette sortie. Traumprinz s’est forgé un autre nom pour explorer de nouvelles possibilités. On est face à du lourd, du très lourd, la perle gagnante de l’année qui terminera indubitablement sur le Podium. « U’ll Be The King Of The Stars » sonne avec innocence, ouverture d’esprit et émotions. En te conviant avec douceur dans cette 1ère tentative sous son nouveau nom, Traumprinz s’illustre sous un nouveau jour mais toujours avec qualité. « Rave Child » est plus nerveux mais initie encore une fois avec succès la notion d’ouverture d’esprit. Mes avis que ce morceau pourrait aisément figurer dans la bande son d’un film de SF correctement réalisé. Digne du travail d’un grand, « Rave Child » est unique, indissociable de Traumprinz/DJ Metatron mais unique, rien que ça c’est très fort. La petite pause contemplative de « Spiral Worlds » est indissociable du reste du maxis, elle apporte son lot de douceur et de calme nécessaire pour une écoute dans les bonnes conditions. « The Colour (Sad Sad Euphoria Breakbeat Mix) » reprend la situation précédente dans un rythme nouveau pour le producteur anonyme. Si l’esprit du morceau colle parfaitement avec le reste, les changements occasionnés (rythmiques surtout) donnent un nouveau rendu et une surprise non déplaisante. Comme toute chose à une fin, il est temps de terminer avec « Oh Ah ». Avec cette recette on ne peut plus simple, DJ Metatron achèvera de convaincre les derniers récalcitrants à son style. La track est assimilable à une synthèse de tout ce qu’il y a de mieux sur le maxis, l’émotions toujours au rendez vous, le rythme est entrainant, le minimalisme régnant toujours aussi efficace, bref tout est sélectionné et placé à merveille pour te transporter dans un nouveau monde. C’est l’ENORME CLAQUE DE 2014, la grosse révélation de malade qui restera incrusté dans ta tête.

 

J’ai écris cette retrospective avec un plaisir non dissimulé : celui de faire connaitre à au moins quelques personnes la carrière d’un producteur génialissime à mes yeux. Traumprinz figure déjà dans ma liste des grands artistes de notre génération. L’évolution de son style est elle aussi à prendre en compte : elle est représentative d’un artiste désireux de se renouveler et porteur d’un message on ne peut plus agréable pour tes oreilles. Que ce soit sur ses maxis, son LP ou encore sous son pseudonyme DJ Metatron, Traumprinz a tout du mec qui saura se hisser aisément au panthéon de la House ! En cadeau (et pour te montrer que on en a jamais terminer réellement) voici un remix encore Unreleased, un autre remix officiel et surtout deux mixes qui te convaincront du talent du gars, à la prochaine l’ami !

PS : Mention spéciale pour le mix RA.387, une pure merveille à fort potentiel d’addiction.

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Mind 80 #12 « Special Amsterdam »

 

Lezard cosmique

J’ai eu le temps de fouler les douces contrées de la capitale Hollandaise. 10 jours auront suffis pour me convaincre qu’Amsterdam est un lieu ou il fait bon vivre (même si tout n’est pas parfait non plus, je pense à ces Tram diaboliques). Entre l’armada de vélos à tout les coins de rue, l’ambiance de « collitude man » qui règne dans l’ensemble et la somme de trucs à faire, autant le dire tout de suite : éclate toi bien si tu y vas, tu as de la marge ! 

Place maintenant aux choses sérieuses : la playlist qui suit correspond à une partie de ce qu’on l’a pu écouter là bas, beaucoup de choses sont manquantes mais dans l’esprit cela résume assez bien le séjour. Attends toi à de multiples rebondissements, tu passeras des Black Uhuru à du Drake, tu pourras même retrouver les bon vieux Stealers Wheel. Autre détail, j’ai ajouté des petites descriptions résumant très rapidement le moment ou tel morceau est passé (l’ambiance, le lieu et nos états respectifs sont renseignés d’ailleurs, un peu d’humour ne fait pas de mal). Avec l’espérance que je fasse une compil’ similaire pour Berlin l’année prochaine je t’ordonne de profiter de suite l’ami !

 

Quoi de mieux que de rentrer dans un coffeeshop, passer à la caisse et savourer pleinement les heures de labeurs du mois d’aout sur du bon reggae (très très bon même). Quand en plus tu as dormis seulement quelques heures dans le bus, tu comprendras que l’adaptation est plutôt rude. Mais justement, tout prend sens avec les Black Uhuru, pose toi tranquillement sur le canap’ et amuse toi à observer le caméléon du De Graal.

 

Si tu as été bercé par le célèbre album Play de Moby ou bien si tu as déjà vu le film « La Plage » avec mister Guillaume Canet et Di Caprio, tu comprendras tout de suite le sens de Porcelain. Sorte de petit iceberg de douceur, cette track a aussi l’énorme potentiel de te réveiller un peu de tes torpeurs (thanks « Indica » !). On reste encore au De Graal mais cette fois c’est au studio que ça ce passe : outre une sonorisation correcte, l’esprit du coffee colle parfaitement. Que demander de mieux ?

 

Le petit nuage de douceur sur lequel on s’était allongé a continué. En parfaite continuité avec Moby, Morcheeba réussis là ou tant d’autres ont échoué : transmettre assez d’émotion sans non plus transformer la track en niaiserie pop. Au moment de l’écoute nous étions rentré dans la phase dite « contemplative » : jeux de regards avec les personnes aux alentours suivis d’une bonne balade au Vondelpark. Se balader en toute sérénité est clairement l’un des avantages d’Amsterdam. C’est d’autant plus appréciable avec cette track de Morcheeba.

 

 

Place à l’action cette fois ci. Totalement inconnu de mes petites oreilles, J Dilla a l’énorme avantage de te faire bouger un peu quand tu as passé une journée un peu enfumée. Say My Name est idéale à écouter quand la ville commence à passer du côté obscur. Pas de Chill’ ni de Groove’, l’heure est à la nervosité. C’est d’ailleurs grâce à ça que l’on a eu les forces de se bouger dans le centre le temps d’une soirée (l’endroit est affreusement touristique à la base mais il faut bien le faire, c’est pour la bonne cause).

 

Déjà que l’original transpire le groove absolu, ce mashup redonne un petit coup de jeune au titre plus que culte d’Indeep. Découverte sur Radio Meuh, nous n’avons pas eu la chance de pouvoir écouter cette petite merveille pendant le séjour. Si je l’ai rajouté dans la playlist c’est parce que l’idée de s’écouter cette track en plein dans le zoo de la ville m’aurait parut être une savante idée. Qui sait, peut être que les vautours auraient apprécier !

 

En rentrant dans l’Atlantis (coffeeshop dans le sud est de la ville), je ne pensais pas trouver une ambiance pareille à Amsterdam. Vois tu l’ami quand l’on te sert un bon Burning Spear (root de chez root) ton petit sourire transparait. Ce même sourire s’élargit encore plus quand l’on te sert l’or vert sur la table. Et pour compléter le tout quand tu commences à reconnaitre les habitués des lieux au fur et a mesure de la journée, là tu es bel et bien là ou tu dois être. Amateur de fauteuils massants ou de bons canapés bien moelleux, fonce tout de suite à l’Atlantis, tes oreilles ne le regretteront pas.

 

On reste à l’Atlantis encore un peu l’ami, faut bien profiter. Place à une reprise du grand Bob, ce dernier s’est attaquer au très connu « Soul Rebel » des Gladiators. Les deux versions ont heureusement le même esprit : la détente absolue. L’anecdote sympa c’est qu’au moment de l’écoute un grand rasta s’est mis à accompagner les vocales : le résultat était vraiment réussis, chapeau bas !

 

J’ai depuis longtemps dépassé le stade des recherches intensives sur Soundcloud. Les raisons sont multiples mais disons que j’avais l’impression de toujours découvrir le même genre de son. Pushing On aurait surement pu rentrer dans cette catégorie mais heureusement pour vous ce n’est pas le cas. A la place des divers schémas « soundcloudien » (ça se trouve à la pelle) on a droit à un bon morceau de House bien envoutant. Du coté de l’ambiance nous étions à ce moment là au Barney, un très bon coffee dans le centre à l’ambiance bien « lounge ». Fonce là bas si tu désires tester les vaporisateurs sur de la bonne Deep House, tu seras pleinement convaincu !

 

Je sens le petit sourire qui se forme sur tes lèves à la vue de l’artiste au dessus. Et oui, quand je t’ai dit que c’était diversifié c’était vrai l’ami. En revanche je t’avoue que Drake ou même les divers éléments du Rap US actuel ne sont pas ma tasse de thé, il faudra laissez ça entre les mains d’un plus fin connaisseur. Trève de bavardages, nous étions à l’Atlantis et tout se passait pour le mieux. On a même eu droit à la venue d’un magicien qui nous a fait une petite démonstration de l’étendue de ses pouvoirs (prend un Bang, remplis la douille jusqu’à en crever, aspire la totalité en une taff et tu comprendras qu’il y a des gars qui déconnent vraiment pas).

 

OUHHHHH YEAHHHHH. Vois tu l’ami dans la vie il y a quelques éléments qu’il convient de définir à propos de l’or vert :

  • La Monté : Tu l’attribues à la puissance de ton or vert mais en réalité c’est une vilaine fourberie de « Mrs Nicotine ». Attention toutefois à passer à l’étape suivante.
    • Le premier palier : Généralement un passage décisif car tout se joue à ce moment précis ; soit tu gères le coup et ta soirée est lancée, soit tu lâches les reines bien trop tôt au risque de te ramasser royalement. Je t’aurais prévenu !
  • La vitesse de croisière : Rigole rigole mais c’est bel et bien prouvé. Si tout s’est bien passé lors du premier palier alors tu as les honneurs de pouvoir gouter à cette seconde partie. Encore mieux, si tu accompagnes le tout avec du bon son tu seras comme sur un petit nuage.
  • Le « Groove » : Là on entame le gros de la bataille. Ton état de fusion avec la musique transcende les étapes précédentes, tu te dois de garder constant le flux qui te relie au Sound System car si coupure il y a tu seras condamné à errer dans le vide galactique de tes pensées.

Mais pourquoi toute cette explication et surtout dans quel but ? Celui de groover jusqu’à la tombée de la nuit l’ami, et c’est bien avec You Will Know de LTJ que tu vas y arriver.

 

Si tu as lu ma chronique sur les gentils bonhommes de Salut c’est cool tu connais déjà l’esprit qui anime leurs délires. En revanche si tu ne les connais pas mais que tu es à la recherche d’une histoire marrante ouvre bien tes petites oreilles : 21h, deux gugus bien frais, le dernier dans son plumard avec une énorme fièvre. Le point commun entre ces trois énergumènes : une belle montée euphorique avec un soupçon de ballade nocturne dans la tête. Après une longue (relative) escapade en ville (périmètre de 600 mètres tout au plus) et une montée d’enfer nous revoilà de retour dans ce bon vieux dortoir. Le casque solidement attaché, voilà venu le temps du bon vieux Salam Alaykoum. Et la, « c’est leeeeee kiffffffffff ». Sous champ l’ami.

 

« Venez comme vous êtes ». Ne pensez pas à Macdonald en entendant ça mais plutôt au centre ville d’Amsterdam. Car si comme moi la diversité est un gage de qualité, vous serez servis en arrivant dans la capitale hollandaise. Plutôt que de caser les différentes ethnies par quartier comme d’autres grandes villes, tout est mélangé dans un vaste melting-pot. Il n’y a pas un moment ou vous vous sentirez mal à l’aise là bas, chacun a ses idées, ses points de vue et chacun respecte son prochain. De la a dire que c’est le paradis sur terre il ne faut pas trop déconner, Amsterdam a aussi des quartiers un peu tendu mais l’idée de base est là : respect, ouverture, cohabitation.

 

Triste moment que le départ. Après 10 jours dans la capitale, le constat est simple : on reviendra. Mais en attendant c’est le retour à la réalité qui nous attend, une chose qui est loin d’être facile. C’est pour cela que l’Edit des Stealer Wheels par Todd Terje m’a accompagné tout le long du chemin du retour. Même si on s’éloignait de plus en plus, nos petites têtes respectives étaient encore dans le rythme de la ville. Et Stuck In The Middle With You me permettait de garder le souvenir de ces 10 jours déjantés.

 

Crois moi l’ami j’aurais vraiment aimé mettre l’ensemble de ce qu’on a écouter là bas dans la compile. En y réfléchissant pendant quelques temps le paris était bien trop compliqué d’ou une playlist limité aux moments marquants (et dont on se souvient bien entendu). Il manque beaucoup de choses néanmoins, sachez juste que les morceaux sélectionnés sont représentatifs de ce qu’on a pu vivre là bas. Mais n’oubliez pas, « là ou on va il n’y a pas de routes ! ».

Mind 80 #11

Mind 80 #11

Entamons le vif du sujet si tu le veut bien. La précédente playlist s’attaquait au Nu Disco en passant par quelques petites pépites de House, maintenant que le Before touche à sa fin un peu de Techno ne ferait pas de mal. Et par un peu je sous entend une bonne vingtaine de track finement sélectionnées pour tes petites oreilles. Si j’en suis déjà rendu à ma 11ième compil’ c’est grâce à toi cher lecteur, ce modeste blog va bientôt (et de manière symbolique) dépasser les 3000 vues. Moi qui pensait toucher tout au plus une dizaine de personne imaginez ma surprise ! Gratitude et remerciement suprême seront donc mes maîtres mots si vous le voulez bien. Trêve de fourberies cependant, il est temps d’allumer l’ampli et de pousser ta sono à bloc ! « Skekses Power ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PS : House, Techno, Minimal, Tech Progressive, bref il y a de tout et pour tout les gouts. Rappelle toi simplement que cette sélection plutôt hétéroclite fait l’impasse sur pas mal de choses mais ça c’est pour la suite 😉

Mind 80 #9

Ampli Gryphon

« 21 Mai 2014, tu attends les résultats des partiels du second semestre avec grande hâte. Le stress de l’après-bataille se fait ressentir mais tu demeures de marbre, tu ne dois pas craquer. Tu commences à… ». Bref, sort toi ces idées à la con de ton crâne et écoute plutôt la petite playlists du mois, tes neurones apprécieront.

Démarrons en puissance avec Morpho de Marcus Zenker. Il a beau être jeune le bonhomme nous livre un pure titre « techno old-school », titre qui s’accompagne en plus d’un très bon clip en hommage au célèbre Trésor (club mythique en Allemagne pour les intimes). C’est épuré, rythmiquement « maitrisé enfin bref du grand art pour tout amateur de techno qui se respecte.

 

Moonin va te donner ta dose de mélancolie c’est moi qui te le dis. Le producteur a samplé pour l’occasion le célèbre Deep Burnt de Pepe Bradock et a rajouté sa sauce mélodique derrière. Le résultat final est surprenant, le genre de morceau à s’écouter face à la mer avec un bon casque, un petit verre de rouge en main.

 
Tout le monde connait Todd Terje à l’heure ou j’écris ces lignes. Ça s’est fait par le biais de son célèbre « Inspector Norse » ou bien avec d’autres morceaux mais dans tout les cas on peut dire que le Norvégien maitrise la totale : Nu Disco, House, j’en passe tellement le rayon est grand. Son édit de Dub Like An Egyptian (à l’origine composé par The Bangles) renforcera juste cette idée dans ta petite tête. C’est le début de l’été donc prépare le barbecue et toutes les sauces qui vont avec !

 

C’est bien a des moments de ne pas avoir à expliquer les choses. Tout ce que je sais sur ce titre (et même les autres morceaux du maxis) c’est que ça fait son effet : ça « groove » comme dirait l’autre. Bref lance ton aprem’ avec ça et tout iras bien. Enfin n’oublie pas de t’en couler une petite avant, c’est encore mieux crois moi.

 
Un jour comme les autres je me lance dans une énième recherche sur le net. J’en ressort vaincue, juste un petit maxis attrapé par hasard mais rien de plus. J’oublie vite et je passe à autre chose. Grosse erreur que j’ai fait là, quelques semaines plus tard « El Padre » me ressort le même maxis (que je lui avais filé par clé USB sans faire gaffe). Si tout les titres de la galette sont franchement fun, celui qui a le plus retenu mon attention c’est bien Kivelenge (The Busy Twist Remix) des Kalambya Boys. Allez l’amie, embarque toi pour les caraïbes !

 

Subjected m’était encore inconnu il y a peu de temps. C’était sans compter quelques excellentes playlists Youtube qui regorgent de merveilles en matière de Techno. Si tu kiff les frelons/guêpes qui attaquent une ruche d’abeilles (snif) et qu’en plus de ça tu as envie de ressentir le pouvoir du caisson alors fonce sur Nastes.

The Twins – You’ve Got A Twin In The Attic (You Lunatic)

You've Got A Twin In The Attic (You Lunatic)

Mystiquement jouissif de voir débarquer un second maxis de la part de Julienne Dessagne, tels seront mes mots. Mais cette fois on passe de Hippie Dance (salut les Pachanga Boys) à Optimo Music, un label très prometteur. Enfin bon l’important vous me direz c’est la qualité et justement je vais m’y attarder. Si vous avez lu ma précédente chronique sur le premier maxis (ici même l’ami) vous avez deja une petite idée du style et du talent de la française derrière The Twins. Dans le cas contraire je serais heureux de partager avec vous cette petite pépite de 2014. Allez Marty, fais péter la Dolorean !

You’ve Got A Twin In The Attic (You Lunatic) se lance sur un kick bien nerveux et envoutant. La patte rythmique est présente, le minimalisme est visé mais tout en finesse. L’arrivée de la partie mélodique pourra te paraître étrange au départ mais crois moi avec les écoutes tu t’y feras. La carte bonus réside bien entendu dans les magnifiques vocals : c’est l’élément clé du titre et son association avec le rythme bien dosé du début fait et fera des merveilles. Tu te retrouves ainsi à planer sur la voix lactée sans raisons apparentes. Si le style n’est pas des plus ouvert au grand public tu trouveras forcément le petit coté underground qui te plait tant. Car oui ces 8 minutes d’introduction sont tout bonnement à retenir pour la suite. Visuel comme sonore ce morceau incarne toute l’idée du maxis : quelque chose de simple en apparence mais très poussé dans le fond. Un ovni musical en quelque sorte et ce n’est que le début.

Water Coaster passe simplement la seconde vague de kiff dans ta petite tête. Nouveau stade d’ascension mystique, le titre est clairement orienté vers les clubs et fera des ravages en compagnie de tes potes bien fous. Le schéma Kick>Mélodique>Vocals est réutilisé mais dans un tout autre but : la transe. Oui oui tu m’as bien entendu, la belle a tiré une nouvelle carte et c’est diablement bien foutu. Point de BPM ultra speed et de vagues de champis, on est face à une très bonne track de House saupoudré du même coté mystique de The Twins. A l’heure actuelle je n’ai toujours pas réussis à trouver de titre dans le même genre, mission impossible ou problème de recherche je ne sais pas mais au moins ça prouve que le titre est unique. Seconde réussite passée malheureusement inaperçu dans le coeur des mortels l’ami, que de déception. Mais bon je reste positif, un jour ou l’autre la track résonnera dans les afters de ta ville.

Ah ah on en arrive à ce putin de Love Monarchy. Il s’agit toutefois de poser le contexte des choses : ce 3ième morceau est en réalité un hommage à David Bowie, plus précisément à son titre Just for One Day (Heroes). N’ai pas honte l’ami, tout le monde a eu l’occasion d’écouter l’horrible remix de « mister Guetta » à ce sujet, pour ma part je préfère de loin l’original. Revenons en maintenant aux Twins par contre. Love Monarchy emprunte uniquement un extrait de la partie vocale du titre de Bowie, rien de plus. Et c’est ça qui est fort justement, quand on s’attarde sur l’instrumentale on est face à quelque chose de radicalement opposé : une grosse guitare (électrique bien sur) poussée à coup de réverb’ à gogo. C’est aussi simple que cela mais cette fois ci la belle française fait démarrer l’instru’ en dernière position. Du coup tu as une belle introduction bien mystique pendant les 4 premières minutes puis tu renchaines sur la seconde partie endiablée du titre. Réussite totale et absolue je te le dis, Julienne s’écarte du précédent Water Coaster et conclue avec brio le maxis. Un peu moins de 25 minutes d’écoutes t’auront suffie pour apprécier la bulle de The Twins. Intemporel et mystique dans l’idée, le maxis a su démontrer que la musique électronique peut très facilement fusionner avec des genres bien opposés. Comme dit précédemment cet ovni musical en séduira plus d’un avec le temps, tout n’est qu’une affaire de semaines voir de mois. Comme simple exemple la galette a tourné chez moi tout le week-end et c’est loin d’être finis. Alors profite l’ami tu en garderas de beaux souvenirs.

 

Ah et j’allais oublier, du fait de sa sortie récente je n’ai pas réussis à trouver de liens vers youtube et ci. Heureusement le lecteur de Kompakt propose un bon aperçu, vous aurez tout les morceaux direct mais pour éviter la copie illégale ils ont mis en place des silences à différents intervalles. Pas de panique donc, le lien n’est que temporaire et dès que j’aurais mis la main sur une version potable et intégrable je ferais une petite mise à jour.

http://www.kompakt.fm/releases/you_ve_got_a_twin_in_the_attic_you_lunatic/detached