Étiquette : Krautrock

Mind 80 #16

Mind 80 #16

De retour avec la playlist à Bibi, il y a matière à groover cette semaine. Je réitère le sempiternel topo histoire de te mettre dans les conditions : de la House qui te fout le smile (le contraire aurait été très bizarre), de la Techno comme il se doit d’être et quelques petites perles que les Officionados qualifieront de « Classics ». Si toi aussi tu fais un big fuck à cet hiver qui s’étire en longueur, que tu as juste envie de teuffer sous le soleil du Printemps et que pour conclure tu as envie de changer d’air cette playlist pourrait te plaire. Allez c’est partis, branche ton ampli et fais cracher ton Soundsystem comme si tu étais en enfer !

Des graves biens lourdes, le nom d’Inner City, Kevin Sanderson pose déjà les bases. Prend maintenant en compte le fait que c’est l’un des piliers de Detroit, rajoutes y des sonorités typiques de l’époque et te voilà perché dans l’au delà. Sans rire si tu veut te ré-imprégner de cet esprit quasi-idyllique des débuts de la Techno fonce regarder le documentaire « Universal Techno », tout est dit (dans les grandes lignes) et tu te rêveras à teuffer aux côtés de toute la fine bande.

 

Voilà sans doute la petite perle de la journée qui te redonnera le sourire même dans les conditions les plus extrêmes. Genn Watanabe fait partis des producteurs qui ont tout juste sortis quelques Maxis avant de s’ériger au panthéon de la House. Le rythme frappeur, ce bon vieux piano si reconnaissable, des pauses suivis de montées, la petite mélodie entêtante, tout les ingrédients te mettront dans un état de Groove le plus total. Le mec a trouvé le moyen de résumer en 5 minutes tout les moments les plus marquants des soirées de l’époque, Putin de merci man.

 

On reste dans les bonnes vieilles terres de l’Amérique pour continuer dans la veine House. Place au Chill cette fois ci, The African Dream sort son album éponyme en 1994 dans un tumulte de sortie diverse. Pourtant un morceau m’a particulièrement marqué dans l’ensemble, Makin A Living. Je vais te résumer la chose en deux points bien précis : primo les nappes bien Deep ont fait leur effet en un clin d’oeil, secondo les auditeurs avisés reconnaitront ce bon vieux sample de 20th Century Steel Band. Maintenant  je te renvoie à ma chronique de l’ami Paul Kalkbrenner, si tu es avisé tu sauras que le filou renard a utilisé le même sample pour Gebrunn Gebrunn. La boucle est elle bouclée ? Maybe.

 

Tout le monde connait Robert Hood donc je ne m’attarderai pas sur la carrière du célèbre bonhomme. A l’inverse Ø [Phase], même s’il se hisse à la vitesse de la lumière sous les projecteurs, peut être inconnu pour certains d’entres vous. Pour ceux concernés je vous offre la cerise sur le gâteau : un Remix diablement accrocheur accompagné d’un clip mystique qui fera indéniablement son effet en After. Libre a vous de comprendre la signification planquée de la vidéo, pour ma part je reste en plein kiff sur l’ambiance psyché qui s’en dégage.

 

Ah ah j’ai toujours aperçu ce bon vieux Tommy Four Seven un bon paquet de fois sur la toile. Inculte de ses productions pendant bien longtemps l’ami Rebolledo m’a mis sur la piste avec ce monstrueux Sor. Encore une fois le clip de 29 November Films fait son effet : tu pourrais presque croire que les graves bien Trash passaient réellement en boite à l’époque. L’un des rares morceaux de Techno Industrielle qui en plus de te donner le Smile te mettra dans un état de grand malade sur la piste. Pour les curieux je vous invite à écouter les Podcats CLR de Tommy Four Seven, on retrouve la même ambiance.

 

Pur instant délire cette fois ci. Petit topo pour que vous compreniez le pourquoi du comment : el Padre a eu pendant un temps sa période « Radio allemande » (Surf Music et j’en passe…). Comprenez moi bien, ces radios comportent un lot infinis de styles, genres allant du Krautrock à cette bonne vieille Techno Industrielle. Dans la continuité du morceau précédent je me suis dit que ce serait bien sympa de caler les mecs de Feindflug : vous aussi vous deviendrez accro à ces mélodies bien kitch, à ce Kick bien Trash, en clair à cette bonne vieille ambiance comme seul les Allemands savent la restituer. Avertissement, fais gaffe à ton système audio parce que ça crache les sept enfers.

 

Ah ah dieu que j’aime la bande à Giegling. Non seulement ces gars là produisent de la Techno de rêve mais en plus il restent dans l’anonymat le plus total, le top pour garder la forme en tant que producteur. Avec UV, Vril nous pond 10 minutes de Techno ultra nerveuses. Avec un peu d’habitude tu saura reconnaitre son style en quelques secondes et c’est bien ça le Kiff suprême : être préparé face à l’assaut des graves tout en savourant l’instant présent. Peace, Respect & Techno. Voilà les trois émotions qui se dégagent du morceau malgré sa force brute.

 

Pas besoin de vous présenter Low Jack, un simple tour sur Discogs, R.A et tout les sites de musiques électroniques reconnus vous permettront de bien connaitre le bonhomme. Si j’ai choisis Slow Dance c’est bien parce que ce morceau illustre à merveille le style du producteur : une masse de sonorités disparates réunis dans une ambiance proche du glauque, le tout accompagné d’un kick bien fat. En un peu plus de 7 minutes le gars impose sa marque de fabrique : si vous avez l’occasion d’allez le voir en DJ Set ou bien en Live, foncez !

 

Je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Si ce Remix de Barnt tranche nettement avec les morceaux précédents de la playlist je ne pouvais pas m’empêcher de le mettre. Etant un grand fan de Barnt j’ai toujours suivis l’actualité qui entoure le producteur. Toutefois ce Remix m’a pendant longtemps échappé des mains, la faute à des Tracklists incomplètes (j’ai découvert le titre dans un mix de mister Rebolledo). Voilà la chose corrigée, Barnt a repris le travail déjà excellent de Daniel Avery pour nous délivrer ces 10 minutes de trip cosmique avec les Mayas. Ce Remix, en plus de s’inscrire dans la ligne artistique des deux producteurs, est un Putin d’ovni capable de mettre la foule en délire si les l’endroit le permet. Et je pèse mes mots bordel, écoutes ce morceau dans les bonnes conditions parce que tu vas t’en souvenir pendant longtemps si tu gères le truc.

Cette Mind 80 #16 est maintenant terminée, à toi l’ami de chercher les perles rares qui te feront vibrer toute la nuit. Continue de suivre l’actualité du blog, pas mal de chroniques sont à venir dont certaines qui devraient forcément te faire groover au 7ième ciel. Allez, je me tire

 

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Chronique : Harmonia

Harmonia

Le Krautrock c’est très vaste l’amie. Tellement vaste qu’on en oublie les racines et les pôles créatifs qui ont su forger le phénomène au cours du temps. Heureusement me voilà revenu d’outre tombe pour te présenter un cas à part dans ce joyeux bordel. Premièrement il y a Michael Rother, co-créateur du célèbre Neu! (regarde par toi même tu comprendras le talent du bonhomme) suivis de Hans Joachim Roedelius et Dieter Moebius. Ces 3 gars se sont lancés avec le nom de scène « Harmonia » et ont sortis des studios plusieurs pépites fortes intéressantes. Deuxièmement on est en pleine 70’s et le courant créatif en Allemagne atteint des strates bien jouissives, il n’y a qu’a regarder toutes les têtes cultes qui ont fait vivre cette époque pour se rendre compte de la situation. Et troisièmement Harmonia est un cas à part : pourquoi donc tu me diras ? Et bien c’est ce que je vais tâcher de vous montrer, sort de ton grenier ton vieux ampli à tubes et plonges un petit coup avec Ganesh !

 

1974 – Musik Von Harmonia : Chose rare les compères se sont directement attelé à la fabrication d’un album. A l’heure actuelle faire ce paris revient littéralement à se tirer une balle dans le pied. Mais non, c’était tout une époque donc c’est à toi de t’adapter. Après tout il est temps de commencer la lecture avec Watussi. Ces 6 minutes d’introduction à la galette font leur effet de suite : si on est clairement dans un esprit Rock au niveau du rythme, la patte électronique est envoutante : comment à cette époque là ces mecs sont ils parvenus à te sortir un titre comme ça ? Savante question à laquelle je te laisse méditer, Watussi est un petit nuage indien dans l’avènement d’une nouvelle ère musicale : celle des innombrables synthétiseurs électroniques qui ont déboulé chez la horde de producteur et autre expérimentateur transie de plaisir. Le groupe était en avance sur son temps, sur tout les domaines et c’est ça qui est incroyable. Sehr Kosmisch poursuit cette idée innovante : à la manière de Time des Pachanga Boys, les membres d’Harmonia te transportent dans un sublime voyage au delà du réel, au delà même des genres de l’époque. Cette track appuie aussi sur un autre côté jusque là pas encore exploité dans la formation : le visuel. On est face à la bande son d’un Comics SF des 70’s retrouvé par hasard. L’esprit de l’album est d’ailleurs indivisible de cette partie visuelle : ou que tu l’écoutes tu auras toujours le désir de t’imaginer ailleurs et c’est ça qui frappe le plus. Allez renchainons avec Sonnenschein. S’il fallait synthétiser au maximum l’esprit de ce morceau, je dirais simplement « Rencontre avec Ganesh ». A ce jour c’est la plus belle fusion Germano-Indienne que j’ai pu trouver sur le net, et je pèse mes mots l’amie. On est en plein trip parapsychique, voir cosmique si ton état le permet. Outre ce gros point fort (celui de la fusion) Sonnenschein est un sans faute total : sur le point rythmique les tambourins remplissent leur rôle à la perfection. Si on passe du coté des mélodies ces incessantes petites pointes acides t’hypnotiseront pendant les milles années à venir. Mais comme tout voyage il est temps de revenir à la réalité : Dino est là justement pour faire la part des choses. Curieusement le mixage général du titre semble bien plus contemporain que celui couramment utilisé dans les 70’s : dans tout les cas le mastering a bien été bossé, chapeau bas à l’ingénieur son derrière tout ça. Dino pourra vous rappeler Sunya Beat (chronique ici même l’amie) à certains moments, et c’est tant mieux tant les deux groupes semblent se correspondent sur certains aspects. Cette petite transition de 3,30 minutes à l’immense mérite de te mettre la patate après les précédentes expériences bien envoutantes. Le doux petit nuage qu’installe la track est cependant amené à disparaitre face à Ohrwurm. Ce 5ième morceau va te plonger en plein thriller psychologique c’est moi qui te le dis. Plus de l’expérimentation, Ohrwurm effraiera les plus sceptiques mais là encore je peut comprendre. A chacun de voir les choses à sa manière, pour une fois je vous laisserai juger par vous même. Heureusement on arrive à Ahoi!. Si tes jambes ont besoin de repos alors clique sur Play d’office. Merveille absolue de la détente, cette track pourtant bien courte (5 minutes !) est l’ascension directe au paradis que tu cherchais depuis des lustres. Et comme toute ascension il y a des paliers : celui de la fin saura te propulser à Mac 10. Veterano poursuit l’aventure, le pep’s qui se dégage des lignes de synthés et de la réverb’ en continue ne sont que des preuves de tout le talent d’Harmonia. Garde tout de même ce titre en tête, on le recroisera par la suite et d’une bien belle manière. La conclusion est proche cependant, la galette est arrivé à Hausmusik. Ce morceau est à classer à part : la part intrumentale/synthétique est homogène, le tout coordonné des mains de maitres par nos 3 compères. La composition a beau eu être faite en studio, je persiste à croire qu’Harmonia a toujours fonctionné en live perpétuel. Mais c’est une chose courante de l’époque après tout, des merveilles telles que cet album mettent toujours du temps à  ressortir des bas fonds des disquaires…

 

1975 – De Luxe : Basé à Harmonia Studio Forst (leur studio vous l’aurez compris), nos trois compères de chez Harmonia continue leurs travaux innovants. C’est ainsi qu’ils nous pondent ce cher LP De Luxe (+3000 pour le jeux de mot). Bon bref renchainons sur la galette : De Luxe (Immer Wieder) ouvre le bal avec un certain côté « Retro ». Ok nous sommes en 2014, ça a pu vieillir avec le temps mais pour être clair et net le morceau a perdu de son aura d’origine. Premier sans faute pour la bande, rien de grave cependant. Walky-Talky va même inverser les choses, ces 10 minutes de bande son dignes d’un bon vieux Western psychédélique font leur effet, c’est indéniable. Continuons cependant avec Monza (Rauf und Runter), 3ième morceau du Lp. Ah s’aillait, la patate Rock n Roll a débarquer dans la place ! Et si en plus on vous sert un titre garage dans l’esprit d’Harmonia, qu’est ce que ça donne à votre avis ? Et bien une bonne révélation mystique. Allez il est temps de lancer Notre Dame. Faisons une pause par contre, la bataille s’annonce rude. Rien que le début du morceau te fera penser à un mélange tarré de « Super Mario 64/Eurovision ». Etonnant non ? Je n’y suis pour rien là dedans, Notre Dame est soit à prendre avec humour, soit à voir d’un oeil nostalgique, la track a bien trop vieillie pour jouer un autre rôle croyez moi. Mon précieux, qu’en est il du reste de l’album ? Aucun problème l’amie, Gollum est dans la place. Hommage au cultisme SDA ou simple délire sous champ’, ce titre dégage un esprit lunatique fort agréable. C’est aussi (et encore une fois) la preuve qu’Harmonia sait s’y prendre pour t’introduire dans leur petit monde. Un peu de curiosité l’amie, je te laisse sur le paysage idyllique de Kekse.

 

 

 

2007 – Live 1974 : On en arrive au choses sérieuses. Sortis de sa tombe en 2007, ce live est un ovni à lui tout seul. De la pure improvisation comme seul Harmonia sait le faire. Les standards de l’époque ont loupé une grande oeuvre quand j’y pense. Mais bon il est temps de se lancer dans la bataille avec Schaumburg. Ces 11 minutes de voyage intersidéral au coeur de la galaxie m’ont envouté dès la première écoute. Impossible de ne pas se prendre au rythme d’ailleurs, le morceau a beau être joué en toute simplicité j’ai été hypnotisé par l’ambiance qui s’en dégage. Si comme moi tu étudie l’histoire alors imagine toi en plein empire Perse et tu comprendras. Ouaahhhhhhhhh… Remet toi de tes émotions l’amie, l’heure est à Veteranissimo. Pour faire simple c’est la variante en version longue de Veterano, l’un des morceaux présent sur leur premier album Musik Von Harmonia. On est cette fois face à 17 minutes de pure improvisation minimaliste. Michael Rother délivre ici toute son talent dans les rythmiques électroniques : c’est simple en apparence mais quand tu commences à te laisser allez tu comprends tout le talent du bonhomme. Ouaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh quel putin de plaisir. Décroches toi un peu de ce nuage car il reste encore Arabesque. Michael Rother se plonge dans l’ombre pour laisser la place à son acolyte Hans Joachim Roedelius. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cet enchainement se fait à merveille : les nappes mélodiques en fond du titre font leur effet tout comme les riffs de guitare tous plus déchirés les uns que les autres. C’est aussi le temps idéal pour se faire un petite pause et s’en couler une petite. Bref, un gros point fort pour un Live album qui démarre très bien. Tellement bien que Holta-Polta arrive en renfort. Changement d’ambiance par contre, le glauque est clairement affiché sur la porte d’entrée dès les premières secondes d’écoute. Retour aussi à la patte synthétique du groupe, mis à part quelques riffs de guitare TOUT est composé à la sauce électronique. Et c’est ça qui est magnifique à voir, nous sommes en 1974 et ces mecs ont déjà compris toutes les possibilités des nouveaux matériels de l’époque. Enorme chapeau bas Harmonia, vous avez réussis avant tout le monde. Et comme il s’agit d’une réussite absolue on a droit à un dernier voyage intersidéral avec Ueber Ottenstein. Si j’ai lancé ce blog c’était surtout dans le but de faire découvrir des sons intéressant pour tout le monde. Comprenez les choses de cette manière en fait : tout le monde n’accrochera pas avec Harmonia, ça c’est sur, mais si au moins une personne peut entrevoir toute la magie de ce groupe alors je considérerais que cette chronique a eu raison d’être. C’est aussi le moyen de rendre hommage à des génies oubliés qui ont transformé à jamais l’histoire de la musique électronique. Enfin bref, écoutes…

 

PS : Live 1974 a beau avoir été remasterisé en 2007 l’album n’est pas entièrement disponible sur le net (Youtube, Soundcloud, etc…) donc n’hésiter pas à l’acheter sur Amazon en version digitale ou bien sur Discogs en CD ou LP.