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Mind 80 #18 Darkside…

Darkside...

Une pointe de beau temps, un zeste de recherche et une bonne dose de sono, voici les ingrédients pour trouver le temps et l’inspiration de faire une petite playlist. Au programme une flopée de titres qui touchent à tout : de la Dub/Deep Techno envoutante au rythme nerveux des 90’s, les adeptes de mère et sainte divine Techno seront servis. Entamons les hostilités !

Ne serait ce qu’en entendant les pointes synthéthiques du début de morceau on peut aisément retrouver le grain et la marque des 90’s. Basic Channel, autrement considérés comme les Padre de la Minimal, ont littéralement tout écrasé à leur passage : leurs sons épurés et nerveux ont marqué les esprits notamment grâce à des prestations Live de qualité et toujours impressionnantes à voir pour les nouveaux venus. Preuve en est l’efficacité de Phylyps Trak n’est plus à prouver, un simple passage en milieux de Set suffit pour re-motiver les troupes.

Paula Temple s’est taillé sa place à l’ancienne : déjà titulaire d’un paquet de mix/set en tout genre dans lesquels la perle rare est souvent présente, la Miss m’a surtout mis une claque avec Contact. Titre fortement apprécié par beaucoup de « DUR » du milieu (aka Jeff Mills par exemple), la track d’un peu moins de 6,30 minutes est comme dirait… sataniquement efficace. Le son Rave associé aux différentes envolées en puissance qui succèdent le titre sont tout bonnement jouissif, profites bien l’ami !

Plus besoin de vous présenter Jeff Mills, c’est de la culture générale de base pour tout Techos’ qui se respecte. En revanche impossible de ne pas parler de Changes Of Life dans les conditions actuelles : c’est sans doute l’un des titre des 90’s qui saura mettre tout le monde d’accord. Festif, hardcore et intemporel seront les trois qualificatifs à garder en tête.

Minute d’attention jeunes gens, au vu de ce qui se passe sur notre bonne vieille terre il est toujours bon de voir quelques oeuvres impliquées. Et c’est chose faite avec l’excellent Amazon de World 2 World (aka Jeff Mills & Mad Mike). Le titre a eu pour inspiration la destruction de la forêt amazonienne et les répercussions sur ses habitants, pas des nouvelles joyeuses mais le constat est posé, malgré les 23 ans qui nous séparent de la sortie d’Amazon la situation reste la même : les 4minutes du morceau illustrent à la perfection l’ambiance tragique des évènements.

On continue sur une bonne lancée, Phuture est dans la place. J’ai longuement hésité à choisir un titre qui puisse résumer rapidement l’esprit du groupe mais Rise From Your Grave m’a convaincu. Maitre des Groovebox et de l’Acid House, les pères spirituels du genre restituent avec classe toute la folie créatrice de la fin des 80’s/90’s. Vocal bien grave, rythme accrocheur, grave bien enrobées, bref la recette est toujours gagnante.

Quand Benjamin Damage a sortie son cultissime Delirium Tremens, le monde des Techos’ a savouré le moment. Quand la supra-pointure-subliminique de la Tech’, j’ai nommé Robert Hood, décide de remixer le morceau on ne peut qu’apprécier. Toujours aussi nerveux et puissant, ce remix devrait aisément se placer au top de vos playlist.

Jorden Hodgetts a beaucoup de talent dans la Techno. Son nom vous échappe mais si je prononce Cleric certains d’entre vous comprendront vite ou je veut en venir. Adepte des gros Kick et autres graves de la Dark Tech, ce « jeune » producteur est un vrai pro quand il s’y met. Blitz porte d’ailleurs bien son nom : préparez vous à une vague de son bien vénère. Finis les BOUM, place aux BANG.

Oh que j’ai savouré la découverte de Keith Carnal. Le kiff a été encore plus intense lorsque j’ai eu l’occasion d’écouter son maxis Instantaneously. Et la stratosphère du kiff a été atteinte une bonne fois pour toute avec Untold. A écouter avec de bons visuels, c’est typiquement le genre de track qui le mérite.

P.E.A.R.L. est sans conteste LA tête montante à étroitement surveiller dans le prochaines années. Découvert il y a peu le bonhomme m’a convaincu en rien de temps. Son dernier maxis Four Cardinal est déjà l’une des pépites de ma collection mais je choisirai de mettre en avant IVC I qui en plus de me rappeler mister Renart m’a foutu une claque de batard lors de la première écoute (et nombreuses ont été les suivantes). A recommander a vos potes de toute urgence, il a le profil du mec qui va cramer les Soundsystems de sa région.

Passons maintenant à des sonorités un tant soit peu plus contemplative. Histoire d’ouvrir le bal dans de bonnes conditions c’est Reeko qui a été choisis : je ne suis pas totalement admiratif de ses autres sorties mais je dois avouer que sa track Miracle est un vrai bonheur. La montée progressive associée aux graves puissantes (mais tout en rondeur encore une fois) se voient rapidement accompagner par un final en apothéose. A réserver dans les ambiances nocturnes en présence de gens ouverts.

Si il y a bien une catégorie de sortie qui est un peu à part c’est le fameux « Unknown Artist ». Ne jamais sous estimer ces petites pépites, bien souvent les producteurs s’y lancent justement pour sortir des sentiers battus et c’est gagnant dans beaucoup de cas. L’exemple que j’ai en tête justement suffira à vous convaincre : #0000ff a et ses 10minutes sont parfaits pour te caler tranquille au soleil avec un bon petit spliff et pourquoi pas une bonne bière bien fraiche. Profites bien l’ami.

On en arrive à la conclusion, étape ô combien difficile. J’ai choisis Fresh & Low qui est une valeur sure de la scène Deep House anglaise. Le titre date de 1997 et n’a toujours pas pris une ride, les amateurs de Groove seront donc servis. Pour les autres, New Life est un titre très accessible : ça donnera à certain l’impulsion nécessaire pour rechercher les perles rares dans les tréfonds du web. Bonne écoute !

Mind 80 #17

Mind 80 #17

It’s time to move on guys… ». Un peu comme un teufeur en mal de Techno il était temps que cette petite playlist débarque, qui plus est sous les bonnes auspices en plus. Qui dit début de printemps dit l’arrivée du beau temps : le contexte de fin d’année universitaire, le débarquement des ravers à l’affut du Kick de la région, cette période de l’année est juste le parfait pour se remettre à jongler sur du 120 BPM. Et en parlant de ça d’ailleurs j’ai une fine sélection qui devrait égayer vos soirées, comme d’habitude on surfera entre les vieux tubes Old School de chez Old School avant de s’attarder sur les quelques pépites des temps modernes. Étant donné la longue pause que j’ai du prendre pour revenir sur mes cours il y aura de la matière aujourd’hui, le plus étant que vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre ce qui me laisse penser que peut être je réussirai à flatter l’égo de quelques uns d’entre vous. Allez on enchaine !


Plus besoin de présenter Green Velvet aux officionados de la Techno, le bonhomme a tellement marqué son époque que je vous laisse allez sur Discogs pour allez un peu plus loin. Non si j’ai choisis de mettre en première place ce fameux « Destination Unknown » c’est bien parce que ça relève du gros coup de coeur de mon enfance : à l’époque El Padre passait souvent une cassette d’un mix à Paris dans les années 90, mix qui réunissait toute la fine crème de la scène électronique de l’époque (Laurent Garnier, Jeff Mills, Carl Craig et j’en passe jusqu’au cas de Green Velvet). « Destination Unknown » est juste une petite bombe de nervosité qui fera toujours son effet en soirée. Par ses schémas très simples pourtant, Green Velvet réussis avec cette track un exploit qui ne lui est pas étranger : faire péter le soundsystem dans une foule tout bonnement hystérique. « Mission complete ».


Lhasa est un duo qui malgré un faible nombre de sortie a réussis l’exploit de faire partie de la première vague de Techno Allemande. Leur mythique tube « The Attic » avec ses sonorités très New Wave continue toujours à faire son effet : l’ambiance qui se dégage d’ailleurs des 4 minutes du titre est tout bonnement incroyable. C’est comme si vous étiez de retour à l’UFO en pleine période de réunification de l’Allemagne et que vous écoutiez pour la première fois l’Acid House de l’époque. Expression de toute une période avec ses ambiances et messages, savourez ce petit retour aux 90’s en toute simplicité.


Là j’ai touché le Graal de toute une époque. Le doux nom de « Viper » ne vous dit surement rien, et je vous rassure c’était mon cas aussi, mais croyez moi quand j’ai pu remettre la main sur « Titty Twister » c’est un peu comme si je venais de gagner à la loterie. Là encore c’est El Padre qui m’a fait écouter ce tube il y a fort longtemps : du haut de mes 7-8 piges je me souvient de ces vocals si charismatiques, de ce gros kick bien fat qui te lance dans le rythme, bref d’une petite merveille de Trance comme on la faisait si bien à l’époque. Redécouverte par grand hasard sur la planète Youtube il y a quelques semaines, j’ai toujours cet énorme smile pendant l’écoute : rien de mieux que de retomber dans les bon vieux souvenirs de l’enfance de temps en temps.


Oh oh vous pensiez le temps des gros hit de l’époque révolue ? Que nenni les gars, les chevaliers de la Tech’ auront toujours des putin de pépites à leur disposition. La preuve avec le bon vieux Phuture (trio crée par DJ Pierre) et leur mythique hymne de l’Acid House, j’ai nommé « We are phuture ». Non mais sans rire, la claque rythmique que j’ai pas prise à la première écoute c’est juste monumental comme effet. Prenez ensuite un bon zeste d’Acid House (groovebox et synths inclus) et vous avez là la recette ultime pour forcer les gens à se bouger comme des grands malades. 9 minutes, voilà le temps qu’il suffit pour semer le chaos absolue et c’est tant mieux !


D.I.S.C.O.T.A.G !!!! Florian Kupfer réitère ici une sortie audacieuse et encore une fois toujours dans une démarche simplifiée à l’extreme. Accompagné d’une poignée de machines (Roland et ses MC ou TD n’est pas loin) le bonhomme pose une vocal bien efficace. Dans la lignée de Phuture (ci dessus) il déchainera les septs enfers sur la piste et t’emmènera dans le paradis de la House et de la Techno. Je recommande l’écoute complète du maxis (I Feel You en 12’’) pour savourer la maitrise, longue vie et prospérité à l’artiste !


Pause, pause ! C’est ici que la playlist prend son tournant House, les raisons sont multiples mais j’ai de bonnes pépites à vous. Sans Kerri Chandler on peut penser que la Deep House aurait un énorme cran de retard. Heureusement le talent de l’Américain est arriver en temps voulu et a permis le développement de tout un sous genre riche de pépites. « Mommy What’s a record » se la joue tranquille comme si tu venais de rentrer d’after et que tu avais envie de te poser dans ton canapé histoire de clôturer en beauté la soirée. Rien de plus rien de moins, le morceau est épuré mais toujours aussi agréable à entendre. C’est d’ailleurs la grande force de la Deep House : la soirée ne se termine jamais….


« Do It Again » de ce bon vieux Soichi Terada te ramènera dans les bon moments de ta vie. Très énigmatique avec sa petite mélodie entêtante, le titre passe à merveille lors de tes trajets récurrents en ville. La naïveté qui se dégage du titre est d’ailleurs le point essentiel du titre, c’est cette idée d’insouciance et de simplicité qui fait tout le talent du producteur. En un peu moins de 6 minutes te voilà sur un petite nuage de douceur et c’est ça qui est juste cool, pas besoin d’en dire plus.


Moodymann, le pilier si ce n’est le dieu mythologique de la House. Déjà riche d’une tonne de sortie, le bonhomme n’a jamais perdu en qualité. Connu pour ses live et Dj set quelque peu bordéliques (mais de qualité), expliquer la carrière de Moodymann revient à faire une synthèse de Detroit dans la période 90’s/00’s. Sa musique est l’expression même de la ville, la chaleur qu’il réussit à retranscrire dans ses productions atteste de la richesse d’un genre qui perdurera à jamais. J’aurai pu choisir un tas de ses hits mais « J.A.N. » m’a semblé être un bon exemple. Les 11 minutes du titre te poseront dans une ambiance tout à fait agréable. Enfin non en réalité c’est juste le putin de pied et tu peut t’allumer ton stick, tout va toujours bien avec l’illustre Moodymann.


Même chose pour Theo Parrish, amis « discogiens » le temps est venu pour vous de vous plonger dans ses productions. Il est dur de sélectionner un seul et unique titre d’un artiste pareil, toutefois l’excellent « Friendly Children » me paraissait être le bon choix. Tu as surement du déjà entendre ce sample si énigmatique, si c’est le cas j’imagine déjà ton sourire qui se forme. Oh oui ces 11 minutes te redonneront foi en l’humanité.


Je vais faire court : Gallifré pose les bases du son à la Chicago des 80’s. Ça vous l’auriez compris rien qu’en regardant le titre, personnellement j’ai une autre vision du morceau : au lieu d’être sur ton petit nuage imagines toi plutôt au soleil, petit stick et Gin Tonic à la main, le soundsystem en plein air, la vue sur la mer, bref les conditions parfaites pour groover. Rajoutes maintenant cet excellent « Night Beats (House Rhythm) », lance toi dans le groove et si possible convie tes potes pour l’occasion. Là tu auras un semblant d’ambiance de l’époque qui te marquera jusqu’à la fin de ta vie.


On tape dans le White Label avec cet « Untitled B2 » d’un producteur inconnu. Là encore c’est parfait pour groover tranquille dans ton jardin. Le petit plus du titre c’est bien son ambiguité : très calme sur le plan des sonorités, le rythme du morceau vaut de l’or pure. Aérien comme réaliste, je discerne un putin de chapeau bas à l’artiste qui se cache derrière ces 5 minutes de génie.


Raw M.T. et sa dernière sortie ont frappé fort dans le paysage de la Techno ces temps ci. J’ai choisis « Strike » pour illustrer le talent du bonhomme et montrer qu’en 8 minutes l’artiste réussis son paris haut la main. A tout hasard si tu te retrouves en pleine « technique du spliff / spliff politics » lance ce titre et tu augmenteras tes chances d’à peu près 62%.


Allier les gros Kick d’une Techno démesuré avec le côté aérien de la Deep House c’est pas ce qu’il y a de plus facile. Je me suis pourtant royalement trompé quand j’ai écouté « Neuromance » : prépare toi à une putin de claque sismique, l’effet en soirée est juste monumental. Promis je tâcherai de tester avec la sono à pleine balle pour voir le résultat, j’ai ça en tête depuis quelques temps déjà 😉

J’espère que cette petite selection t’aura redonner foi en la sainte et douce mère « Techno ». Ma besace de titre est plutôt pleine en ce moment, mes avis que quelques chroniques et playlist vont arriver d’ici peu de temps. Allez l’amis, profites bien de ce début de printemps et prépare toi bien aux grosses teuf de l’été !

Saschienne – Grand Cru Remixes

Saschienne est l’union de deux artistes : Sascha Funke, déjà bien connu en terre Allemande (apparition chez Bpitch Control puis chez Kompakt ou il y demeure toujours actuellement) et Juliette Dessagne. Le couple (ils se sont marriés il y a quelques semaines) a donc décidé de former un duo, lequel accouchera d’un excellent album Techno/Minimal, Unknow. Un subtil mélange Vocal/Beat qui a su charmer les critiques en somme. Toutefois l’apparition d’un maxi de remixes a marqué mon attention : d’un coté une version Live de Grand Cru, une montée en puissance qui se laisse savourer dans les moments de calmes ou de mauvais temps. De l’autre un Remix des Pachanga Boys sobrement intitulé « Grand Cru (Pachanga Boys Glam Drive)« . Après Time, Bot’Ox (tous des morceaux de plus de 10 minutes !) les deux compères nous refont le même coup, encore une fois de manière magistrale. On retrouve très vite leur patte musicale, mais l’envolée est tellement bien orchestrée que c’est avec un grand sourire qu’on termine l’écoute. Ils n’ont pas finis de nous étonner les deux là, Kompakt a d’ailleurs fêter ses 20 années de services (et oui 20 ans, il y a du niveau).

 

Sunya Beat – Comin’ Soon

Comin' Soon

Peu d’entre vous ont du entendre parler de Sunya Beat. Très peu, une infinité même, et c’est bien normal car le groupe Allemand ne joue pas la carte de la communication : site du label à l’abandon, pressage ultra limité et j’en passe… On peut seulement les trouver sur Amazon en numérique ou sur Discogs pour la version vinyl. Je suis passé par ce dernier personnellement et je vais tenter de vous expliquer pourquoi. Tout d’abord l’histoire remonte au padre qui avait fait un enregistrement d’une radio Allemande sur le net. Sur la tracklist, Am Anfang, un des titres de Comin’ Soon. On a tout les deux été allumé par ce son : mélange subtil de sonorités indiennes et du psyché/Krautrock Allemand, ça a été le coup de foudre. Je me suis donc vite décidé à en savoir un peu plus, mais là je suis tombé sur une impasse : aucun moyen de télécharger l’album (mis à part Amazon mais mes tunes étaient au plus bas), aucune communication comme j’ai pu le marquer précédemment, enfin en bref un mur, un peu comme celui de Berlin pendant la guerre froide. Jusqu’à ce que noël arrive, et par la même occasion les rentrées d’argent : aucune hésitation, je commande la galette sur Discogs. Risqué, au pris de 30 euros il y a intérêt que l’investissement soit bon. Quelque jour plus tard, le colis arrive. Déballage fait, je m’empresse de lancer la platine pour deguster tout ça.

Je retombe donc sur Am Anfang, première piste de l’album. La magie opère toujours, je retrouve cette merveille psychédélique Indienne mais cette fois avec la qualité du vinyle. 4 minutes de plaisir, peut être trop court à mon avis tellement le guitariste en jette (non mais vraiment, le gas utilise à la perfection la pédale Ouah Ouah). Bref, monstrueux, du psychédélique comme on en voit plus depuis très longtemps (de mémoire j’ai pris la même claque uniquement avec les Floyd et Tame Impala, c’est dire !).

Ca continue avec Bond’s Off, un remix du thème de James Bond par les 3 Allemands  : là encore les sonorités indiennes (les percussions par exemple) se mélangent admirablement avec la marque Krautrock (distorsions à gogo, effets de réverb’ et j’en passe). Le célèbre riff de guitare accompagne le tout, s’atténuant à des moments pour revenir faire trembler l’auditeur. L’idée au départ semblait loufoque mais le résultat en jette, ce mélange de genres  relève juste du génie, une autre pépite !

Lys trois se démarque justement des deux précédentes pistes : on pense même à du Santana tellement le rythme et la guitare semblent similaire. Pourtant, on reconnait très vite la patte Sunya Beat, ne serait ce qu’avec l’apparition de riffs endiablés vers les 6,30 minutes du morceau. Parce que oui, ça monte en puissance petit à petit pour atteindre une apogée bandante. 10 minutes de pied total, l’hymne à la détente par excellence quoi. 3 ième pépite au tableau, ça relève du miracle !

Le sourire aux lèvres, j’attaque la suite avec Sierra nostra. L’introduction de 2 minutes laisse très vite place à une batterie endiablée, là encore accompagnée « Indiennement » de la fameuse guitare. Ca « groove » presque, j’en reste étonné d’ailleurs sur le moment. Mais c’était sans compter le savoir faire Allemand : une pause de plus de 2 minute plonge l’auditeur dans une transe, sur fonds de vocals obscurs et luminescents. Ca repart cependant très rapidement avec le batteur qui remet le rythme et un guitariste qui nous délivre un magnifique solos . Ok, Sunya Beat se place déjà dans le top des découvertes 2012.

Landmarke 3 continue dans la lignée du morceau précédent, cette fois en version 15 minutes. Plus structurée, on pense tout de suite à de l’Ambient. Rythme posé, légère guitare en fond, percussions encore une fois Indienne, le fait d’avoir composé ce morceau peut demeurer un mystère au départ, mais à mon avis l’aspect scénique accompagné d’une bonne dose de ganja peut donner la réponse. Au final, cette ballade planante peut se traduire par une très longue interlude, ce qui est à mon avis un très bon choix étant donné ce qui va suivre.

C’est donc en étant arrivé au milieu du Lp que je reste sur le cul devant une telle claque : comment ces mecs là peuvent continuer à rester dans l’ombre alors qu’ils réalisent sans doute un des meilleur album de Krautrock de la décennie ? Vaste question l’amis,  je crois avoir ma petite idée là dessus : le plaisir est leur mot d’ordre, l’argent ne les intéresse pas et ils préfèrent marcher en Live plutôt qu’en vente d’album. Vrai ou faux, à chacun d’interpréter, mais devant un tel génie c’est l’hypothèse la plus probable.

Mais trève de bavardages, on reprend la suite des évènements. Skies Unlimited débarque et le moins que l’on puisse dire c’est que le morceau voit haut : la guitare prend ainsi un rôle secondaire voir même mélodique au début, la percussion quand à elle ne bouge pas tout du long (tout en restant très Indienne dans l’idée). Ce sont au final les distorsions et autres reverberations qui sont justes jouissives. Totalement planant,on a droit ici un morceau sans étiquettes, mélant comme ils savent si bien le faire différents courants (je pense à la Dub ou l’Ambient). Enorme merci, voilà ce que tu devras dire l’amis.

Mais la jouissance ultime dans cet album, c’est Delhi Slide. Je classerais aisément ce morceau dans le panthéon de la musique. C’est divin dans l’idée, jouissif à l’écoute, et bandant quand on y repense. La montée en puissance des précédents morceaux revient encore une fois mais pas du tout dans le même état d’esprit : Delhi Slide se savoure seulement après des dizaines voir des centaines de lectures. La guitare qui est toujours dans le même accordement que le reste de l’album passe ainsi pour un vocal : la finesse des notes surprend, le Lp étant tiré d’un live et n’autorisant donc aucune retouches ou travail de Post-Production. Ce travail colossal porte ainsi ses fruits sur cet aspect là, l’album ne pouvant être pleinement savouré qu’en live tellement l’ambiance qui s’en dégage semble magnifique. Dans le même genre que les Pachanga Boys avec Time, Sunya Beat délivre la même claque avec Delhi Slide. Encore !

Gamma Weg sort de cet esprit par contre, ne serait ce que pour les percussions. Les traditionnelles font ainsi place aux numériques, le morceau en perd ainsi toute crédibilité même si l’on parvient à entendre de temps à autres la patte Sunya Beat. Gorgée d’idée mais quasi-vide dans la forme, je me dit que le groupe aurait pu se passer de ce morceau.

Herzberg Anthem est dans une situation diamétralement opposé : séparée en deux parties, la première aborde un coté groovy, reposant même. La seconde quand à elle part dans le trash, la saturation et les notes aigues poussées au maximum. Cette opposition coupe littéralement le morceau en deux. C’est fourbement bizarre au début, mais après multiples réécoutes on s’y prend.

Enfin pour Voodoo Chile (titre exclusif à la version Vinyle) c’est le déferlement total. Reprise de Jimi Hendrix dans le riff de guitare devenu maintenant mythique, tout le reste est passé à la trappe et a été remplacé par les inspirations de Sunya Beat. On se retrouve donc avec un titre à part entière, un remix unique qui change les idées reçues à propos des trop nombreuses reprises dans le monde du rock et du psyché. Seul la batterie et la guitare figureront parmi les points communs envers la star des 60’s. Mais c’est tellement bon qu’on en oublie que c’est la fin de Comin’ Soon. Fin d’un album injustement méconnu pourront dire certains, mais dans un sens je suis content qu’ils restent dans cette forme d’anonymat scénique : ça leur plait, c’est leur expérience et ils en tirent un putin de plaisir en live. Que demander de plus si ce n’est multiplier leurs apparitions en Europe tellement on en bave à l’écoute ! Allez l’amis, c’est la fin de cette chronique, garde en mémoire que c’est un des meilleurs albums psychédélique que tu puisses écouter dans ta vie et que si tu veut en profiter pleinement il faudra passer par le Vinyl.

Allez, pour que t’en profites directement et en un seul clic j’ai rippé ma version vinyle pour la mettre sur youtube. Tu as juste a cliquer sur play et hop tout l’album va s’enchainer 😉 (Elle est pas belle  la vie l’amis !)

Laurent Garnier – Crispy Bacon

Laurent Garnier : pilier de la French Touch (je n’aime pas ce terme, on a clairement rien inventé, juste du recyclage), gourou producteur et excellent DJ, enfin bref le genre de mec qui impose le respect. Forcément bon nombre d’entre vous le connaissent, impossible de passer à coté quand on aime l’Electro. Mais trêve de plaisanterie, passons aux choses sérieuses à savoir le morceau en question : Crispy Bacon. Devant ce nom bien loufoque se cache une petite merveille de Techno, ça décolle en très peu de temps… pour arriver à l’orgasme auditif. Chapeau bas Laurent, on a pu entendre ton morceau dans 99 Francs, mais c’est en live que tu nous donnes le meilleur de toi même ! La preuve avec cet extrait du live à L’Elysée Montmartre : un mix orchestré à la perfection, un calme du personnage apparent qui laisse perplexe quand on sait la quantité de sono présente dans la salle (ça fait du DB tout ça). Bref l’amis, admire !