Étiquette : Minimal

Chronique : Traumprinz, le génie anonyme…

Traumprinz

Mon avis sur ce producteur au visage caché est fait après plus d’un mois d’écoute. De la même manière que Renart, j’ai eu droit à un de ces flash qui a bien marqué mon regard sur la musique électronique actuelle. Issu du prestigieux label « Giegling », Traumprinz (nouvel alias après carrière sous le nom de « Prince Of Denmark ») apporte un sublime touché à la House : il manie comme un maître les recettes gagnantes tout en s’inscrivant dans la lignée de producteurs talentueux du moment. Déjà titulaire d’un album et d’une très bonne série de maxis, il faut aussi rajouter une série de mix vraiment à par dans le paysage actuel. Commençons !

2011 : Freedom

Premier maxis sous son nouvel alias, le tout en vinyle sous un sous-label éponyme. « Freedom » ouvre le bal avec ses graves tout en rondeur. Le rythme t’emporte dans un morceau minimaliste destiné avant tout à te lancer dans la partie. Dès lors on peut parvenir à percevoir un certain calme dans le style du producteur. Cette volonté d’emporter l’auditeur sans l’égratigner est la ligne conductrice d’un travail de production conséquent : le mixage est propre, la base simple, le boulot est fait. « Hey Baby » fait la coupure avec des kicks bien lourd, typique d’une House Old School. En samplant, la voix de l’animatrice de Best Radio 92.6 (sample aussi utilisé pour un remix de « Time » des Pachanga Boys) l’effet est à son comble : l’envoutement te saisit dans une douceur juste parfaite pour tes petites oreilles. Lourd de conséquence dans une douceur olympienne, voilà de quoi te rendre heureux après les 7 minutes du titre. « Speak To Me » opte pour ce même dépouillement : la structure du morceau reste nerveuse mas étonnamment simple. Cette simplicité se retrouve même dans les petites pointes acides qui videront ponctuer le rythme. Mais malgré tout ça, la recette est diablement gagnante : un kick tapeur, une boucle mélodique épurée, un sample d’une vocal, rien de plus n’est nécessaire pour faire durer ton kiff. « Because we love House music », cette phrase résonne parfaitement l’intention de premier maxis.

 

2012 : Say Or Do EP

Seconde sortie sur le sous-label « Traumprinz », Say Or Do EP est de loin la plus grande réussite du producteur mystérieux. Un sans faute d’une portée vraiment magistrale, voilà l’Ovni de l’année 2014 pour moi. « Say Or Do » ouvre le bal dans un demie-calme vite coupé par l’arrivée d’un kick tout simplement massif. Les graves lourdes confèrent ce côté vraiment puissant de la House, quand à cela vient s’ajouter en douceur une magnifique ligne vocal (et très émouvante par la même occasion) tu es bercé de bonheur. Transporté dans cette tornade d’ambiguité, les 5 minutes du titres racontent à elle seule tout une histoire. « Changes », dans sa nervosité rythmique, t’étonnera elle aussi quand la vague de synthé s’immiscera tout en douceur dans le morceau. Encore une fois Traumprinz y rajoute un petit sample vocal parfaitement ajusté au reste. Dis comme ça c’est peut être trop synthétique mais tu sera vraiment transporté dans un autre univers avec un bon sound system. « Changes » résonne d’intensité, d’émotions et en même temps d’une chaleur ô combien rare pour les productions électroniques du moment. Viens te percher sur cet océan de douceur l’ami, la partie n’est pas encore jouée. « Eachstep » envoie du lourd, du très très lourd. Mais pas du n’importe quoi, la dimension inquiétante du titre restera pour moi sans égal dans l’histoire que Traumprinz cherche à nous raconter. Finis les vocales joyeuses des deux premières tracks, cette fois les graves imposantes et la sombre vocale qui vient y s’ajouter tapent dur, vraiment dur. Cette lourde ambiance dégagée annonce dans le même temps une ultime track non négligeable. « Neeeeed » s’amorce, le rythme ultra chill des graves te pose tout en douceur. L’équation est simple : prend deux caissons Onken, aligne les devant toi, laisse les roucouler et tu comprendra ce qu’a voulu faire Traumprinz. Le pire dans l’histoire c’est qu’il refait le coup de la vocale bercé à coup d’écho et de réverb’ mais ça marche ! Ca marche avec un énorme smile même, tu t’enquilles un petit tarpé dans cette vague de grave et tu te dis que chiller c’est plutôt frais avec du bon son.

 

2012 : Paradise With A Lobotomy

Cette fois l’ami Traumprinz est allé du côté de Kann Records pour sortir son 3ième maxis. Ce choix est somme toute logique étant donné la direction que prennent ses sonorités, le producteur choisis ici un peu plus de puissance pour booster la piste. « Big Baby Jesus » ouvre le bal sur un kick déjà si reconnaissable, l’envolée se fait tout en douceur sur des petites touches de réverb’ typique de la Dub Techno. La structure du titre, minimaliste de bout en bout, n’empêche pas une immersion des plus agréable, encore un pari réussi pour le producteur talentueux. Les premières secondes d’écoute de « Love Yeah » résonnent de la même manière, il faut par contre noter un sampling assez intéressant : la boucle (instrumentale comme vocal) utilisée donne un côté quasi-skizophrénique au morceau, pas de quoi te mettre mal à l’aise mais suffisamment pour marquer ton intérêt. Allié à la rigueur et au minimalisme de Traumprinz, « Love Yeah » marche de la manière la plus simple et élégante pour tout auditeur amateur de House. Renchainons maintenant avec le court « Feel », titre qui conclue cette 3ième sortie. Le gros changement de rythme occasionné fait plaisir à entendre, Traumprinz s’est créé une petite track de Dub Techno à sa manière mais la recette est gagnante. Avec ses 4 minutes, « Feel » déverse un bel ensemble de piste subtilement placée pour te faire vibrer. Certains pointeront la petite touche nostalgique du titre, cela reste au choix de l’auditeur cependant. Pour une 3ième sortie, Traumprinz s’écarte de l’écurie Giegling pour faire un petit détour non déplaisant cher Kann Records. Le producteur prend ici du plaisir à lâcher en toute tranquillité le fruit de son travail, cette impression se ressent fortement par rapport à ses autres sorties mais cela ne fait pas de mal. Après tout chacun à la droit à sa petite pause non ? 😉

 2012 – Into The Sun

Le grand retour sur Giegling est de la parti l’ami, que de plaisir ! Pour cette 4ième sortie (encore une fois un maxis) Traumprinz opte pour un côté plus progressif, plus en longueur et surtout plus orienté vers la Techno. Un choix qui va d’abord se ressentir sur la longue ballade de « I’ll Never Let You Alone » : plus de 11 minutes d’envolées nerveuses bercée par une ligne vocal de toute beauté, voilà le rapide résumé du titre pour faire court. Avec le recul cette première track pourrait aisément se placer en début de Set, sa structure simple mais entrainante pourra aisément faire vibrer la foule en un rien de temps. L’éponyme « Into The Sun » tranche indubitablement avec le précédent morceau : Traumprinz fait alliance avec un aspect bien plus synthétique tout en conservant sa patte rythmique. Cette ambivalence forme pourtant un résultat assez convaincant, la douceur qui s’en dégage est d’ailleurs surprenante d’intensité. A la manière de la leçon du soir, Traumprinz démontre tout son talent pour te faire rentrer dans sa bulle malgré les aprioris. Il est simple de trouver les prémices de son futur pseudonyme « DJ Metatron » mais j’en reparlerai après pour éviter de spoiler à tout va. En 3ième place sur les starting blocks on retrouve le curieux « Lady Lazerus ». La surprise à l’écoute est normale cher auditeur, j’ai moi même été étonné par ces sonorités organiques et le côté expérimental qui s’en dégage. J’ose le dire mais c’est sans doute la track la moins ouverte de Traumprinz, malgré sa simplicité et son originalité je déconseille aux nouveaux venus de commencer par là.

2013 – Mothercave

Et voici venu le premier LP de ce bon vieux Traumprinz. Etape charnière pour bien des artistes, on peut comprendre la nécessité de s’illustrer avec une série de maxis avant de passer à l’étape suivante. Et force est de reconnaitre la sagesse de ce conseil, Traumprinz semble avoir pleinement compris la leçon de A à Z. Le timide « One Love » joue à merveille le rôle d’introduction, sa simplicité et son côté répétitif donneront le sourire. L’éponyme « Mothercave » frappe par l’envoutement de ses nappes mélodiques et son rythme nerveux, c’est le décalage spatial vers Neptune qui est en jeux l’ami, Traumprinz te donne juste l’OST qu’il fallait pour l’occasion. « It Takes Two Wings » joue plus le rôle de track pour accompagner l’ambiance de début de soirée. La Dub Techno se ressent pleinement mais quelques changements figurent en proue comme c’est le cas du vocal répétitif qui annonce la suite des hostilités. Cette suite, c’est « Believe ». Fort de ses plus de 6 minutes, ce morceau accompagnera à merveille tes excursions en territoire urbain tout en apportant son lot d’émotion au fur et à mesure de l’écoute. Plus besoin de rappeler la sobriété de Traumprinz, ses maxis t’ont déjà mis en confiance et du devrais être à l’heure actuelle sous le charme de son style. Continuons cependant avec le mystérieux « There Will Be XTC » : ce morceau est une énigme à lui tout seul, un assemblage de genres pourtant diamétralement opposés. Prenez les mythiques synthétiseurs de Vangelis sur la l’OST de Blade Runner, ajoutez y un kick tribal, un rythme typique du Dubstep et des vocales nerveuses et vous voilà éberlué devant ce monument de Techno. C’est sans doute l’un des plus gros virage qu’aie fait Traumprinz, tirons lui le chapeau pour cette prise de risque qui donne des merveilles. « Yo man, petit tarpé au De Graal d’Amsterdam ? Yeah man on y go ». Tu rentres dans l’établissement, tu te poses et tu fais le point de ta journée. Une musique spécifique pour ce petit moment d’aparté ? « The Monkey » bien entendu, voilà la track absolue pour chiller dans les règles de Traumprinz. Crois moi que le rythme de ce titre trainera dans ta petite tête et te forcera à la réécoute d’ici peu, crois moi… Il est toutefois des merveilles qui ne sont pas exemptes de défauts, la preuve avec « Kiefermuskelkater » qui malgré son rôle d’interlude ne parvient pas à te mettre sur le cul comme cela a été le cas avec les précédentes tracks. Trop répétitif, trop simpliste, c’est la première erreur de Traumprinz mais on peut lui pardonner avec le sourire. Si tu es amateur des longues envolée à la Minilogue, « I Found Truth In A Soft Night Of Confusion But I Lost It » devrait te plaire. En jouant sur des graves en arrière fond et un rythme typique d’une machine qu’on redémarre, le mystérieux producteur délivre ici un penchant pour la Minimal tout nouveau pour tes petites oreilles. Mission réussis pour cette petite douceur, tu es encore une fois dans la bulle de Traumprinz avant de t’en rendre compte. Terminons maintenant le LP avec « Ambient 006 », une curieuse ballade synthétique qui conclue l’expérience d’une surprenante manière. En effet, Traumprinz a jugé bon de rajouter quelques notes de violons (bien entendu passé à quelques modifications sur ordinateur) pour apporter un peu de chaleur à son titre. Le morceau gagne d’ailleurs en intensité, but voulu pour conclure ce premier album ô combien réussie. Sortis sur Giegling (encore une fois !) en 2013, « Mothercave » a apporté sa pierre à l’édifice tout en permettant à Traumprinz de se forger sa propre identité sur la scène électronique Européenne. A partir de là, il a tout d’un grand !

2014 – All The Things

Rappelle toi l’ami du virage vers lequel s’orientait Traumprinz avec son premier album et tu pourras te donner un premier aperçu de cet énième maxis. Le terme énième n’a aucune visée péjorative étant donné la recette à succès du producteur qui continue de faire vibrer nos petites oreilles. La preuve avec « Messed Up Jam », un morceau de 7 minutes froid en apparence mais à fort potentiel cinématographique. Très répétitif (je pense aux notes de synthétiseur), le titre n’a rien d’une ébauche mais s’apparente plutôt à une entrée en douceur dans un Traumprinz 2.0. « All The Things » est LE titre qu’il faut retenir sur ce maxis. Il initie les nouvelle sonorités phares que choisis Traumprinz tout en gardant la patte rythmique si chère au producteur. Ce mélange donne naissance à 9 minutes de voyages auditif, parfait pour chiller sur une plage en plein été. Les vocales magnifiquement mises en valeurs se marient parfaitement avec le kick robotique et la rythmique Techno du début de titre. « Don’t cryyyyyyyyy », rien que cette petite vocale te mettra sous le charme… « I Gave My Life » sort en apparence de cette petite île de douceur mais t’amènera à terme sur une claque similaire au titre précédent. C’est cette fois l’alliance grave-vocale qui est mise en avant, la ligne mélodique apparaissant plus tardivement mais apportant sa petite pointe de mélancolie comme il le fallait. Tout est millimétré pour te transporter lentement sur de nouveaux horizons. « Let It Go » est un pure titre d’Ambient comme il se doit d’être, rien à redire là dessus si ce n’est l’ouverture musicale de l’auditeur vers d’autres genres. Mission unièmement réussie pour ce maxis, Traumprinz utilise les bonnes combinaisons pour un résultat innovant de réalisme.

 2014 – Intrinity

Avec ce nom plein de promesses, Traumprinz sWe lance une nouvelle fois dans la composition d’un maxis. « I love Ya » renoue avec ses précédentes productions, un kick lourd d’intensité ouvre le titre avant d’être accompagné d’un combo vocal-synthétiseur tout autant frappant. C’est un peu comme si tu te remettais un bon vieux Creedence Clearwater Revival mais à la sauce House, un classique jamais déplaisant à réécouter. « Intrinity » décoiffe net après une petite dizaine d’écoute. Je dis ça de manière expéditive mais ce titre est un vrai plaisir pour tes petites oreilles, il t’entrainera dans un univers si représentatif des productions de Traumprinz que tu redemanderas ta dose à tout va. C’est pendant ces 7 minutes de folies auditive que tu te lâcheras pleinement sur la piste, ça je peut te le promettre. « Something Magic » te rappellera quand à elle tout l’esprit du Chicago des 90’s. Pas besoin de dire plus, tout est résumé pour que tu puissances te lancer dans l’écoute de cet EP.

2014 : DJ Metatron – U’ll Be The King Of The Stars

C’est avec un plaisir non dissimulé que je rajoutes ce maxis signé sous le pseudonyme « DJ Metatron ». Si le nom sonne un peu comme le grand méchant de Transformers (cimer la référence), il n’en est rien de la qualité de production qui a été accordée pour cette sortie. Traumprinz s’est forgé un autre nom pour explorer de nouvelles possibilités. On est face à du lourd, du très lourd, la perle gagnante de l’année qui terminera indubitablement sur le Podium. « U’ll Be The King Of The Stars » sonne avec innocence, ouverture d’esprit et émotions. En te conviant avec douceur dans cette 1ère tentative sous son nouveau nom, Traumprinz s’illustre sous un nouveau jour mais toujours avec qualité. « Rave Child » est plus nerveux mais initie encore une fois avec succès la notion d’ouverture d’esprit. Mes avis que ce morceau pourrait aisément figurer dans la bande son d’un film de SF correctement réalisé. Digne du travail d’un grand, « Rave Child » est unique, indissociable de Traumprinz/DJ Metatron mais unique, rien que ça c’est très fort. La petite pause contemplative de « Spiral Worlds » est indissociable du reste du maxis, elle apporte son lot de douceur et de calme nécessaire pour une écoute dans les bonnes conditions. « The Colour (Sad Sad Euphoria Breakbeat Mix) » reprend la situation précédente dans un rythme nouveau pour le producteur anonyme. Si l’esprit du morceau colle parfaitement avec le reste, les changements occasionnés (rythmiques surtout) donnent un nouveau rendu et une surprise non déplaisante. Comme toute chose à une fin, il est temps de terminer avec « Oh Ah ». Avec cette recette on ne peut plus simple, DJ Metatron achèvera de convaincre les derniers récalcitrants à son style. La track est assimilable à une synthèse de tout ce qu’il y a de mieux sur le maxis, l’émotions toujours au rendez vous, le rythme est entrainant, le minimalisme régnant toujours aussi efficace, bref tout est sélectionné et placé à merveille pour te transporter dans un nouveau monde. C’est l’ENORME CLAQUE DE 2014, la grosse révélation de malade qui restera incrusté dans ta tête.

 

J’ai écris cette retrospective avec un plaisir non dissimulé : celui de faire connaitre à au moins quelques personnes la carrière d’un producteur génialissime à mes yeux. Traumprinz figure déjà dans ma liste des grands artistes de notre génération. L’évolution de son style est elle aussi à prendre en compte : elle est représentative d’un artiste désireux de se renouveler et porteur d’un message on ne peut plus agréable pour tes oreilles. Que ce soit sur ses maxis, son LP ou encore sous son pseudonyme DJ Metatron, Traumprinz a tout du mec qui saura se hisser aisément au panthéon de la House ! En cadeau (et pour te montrer que on en a jamais terminer réellement) voici un remix encore Unreleased, un autre remix officiel et surtout deux mixes qui te convaincront du talent du gars, à la prochaine l’ami !

PS : Mention spéciale pour le mix RA.387, une pure merveille à fort potentiel d’addiction.

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Mind 80 #7

 

Teknival

7ième sélection du blog, ça commence à former quelque chose d’intéressant. Croyez moi quand je termine des chroniques comme celle de NU je considère que les playlist peuvent attendre un peu. Mais bon, comme je vois que pas mal de temps est passé depuis je m’y remet !

 

Ah Minilogue, ce duo de génie qui lâche des tracks de 15/20 minutes comme ça sans rien dire. Ils surfent constamment entre la Minimal et la bonne vieille Techno mais bon dieu on reconnait toujours leur patte artistique. Coup de coeur de la semaine avec Nothing Is Lost, un tube présent dans leur dernier maxis qui n’a pas fini de te faire décoller. Qui a dit que la musique électronique était froide ?

Junip était il y a peu une formation totalement inconnu à mes petites oreilles. Jusqu’au jour ou en pleine nostalgie de Breaking Bad (série bandante à souhait) je me regarde le trailer du finale. La série a toujours eu le chic d’avoir une chouette bande son mais Line On Fire colle tellement avec le scénario (il n’y qu’a écouter les paroles) que je la place dans cette sélection.

Toujours agréable de replonger dans des périodes prolifiques comme celle de Detroit : impossible de savoir la quantité d’oeuvre produite dans les 90’s tellement ça en regorge sur youtube. Mais cette masse cache toujours son lot de petites merveilles, des sons bien souvent connus des connaisseurs du genre mais totalement oublié par une génération penchée sur son Iphone à rien faire. Ouh je sens que ça en titille certains donc je vais faire bref : Rhythm On The Loose a sortis une petite série de maxis dans les 90’s dont le tube Break Of Dawn devenu culte notamment à Ibiza (et oui à l’époque c’était encore cool). Ecoute et plonge toi dans le passé un petit coup ça ne fait jamais de mal 😉

Trip Do Brazil Vol 1 est assurément une des meilleurs bande son qu’il m’ai été donné d’écouter. Mélange subtil entre des sonorités Brésiliennes et celle d’une House bien UK, c’est un peu l’équivalent de la compil’ d’Acid Arab mais dans un autre genre. Croyez moi en pleine canicule d’été cette galette a de quoi vous faire bouger. Magenta dépasse cependant les espérances avec Un Café!, tube en puissance d’un peu plus de 5 minutes. Allez l’amis, bouge tes pattes et achète ton ticket pour Rio illico !

Reach dans sa version « Little More Mix » est clairement une grosse tuerie en boite : quand tu es plaqué contre les caissons et que la petite mélodie débarque avec les bonnes vieilles sirènes de l’Acid House tu ne peut que rentrer en transe. Dansant, envoutant, trouve toi ta propre définition du morceau parce que tu y repenseras forcément en soirée.

Si tu as jeté un petit coup d’oeil aux chronique que j’ai réalisé alors tu sais forcément que les Twins se hissent déjà dans mes favoris. C’est très subjectif, je comprend totalement qu’on ne puisse pas adhérer au concept mais quand je vois sur Facebook l’annonce d’un nouveau maxi mon coeur s’emballe. Julienne Dessagne nous livre cette fois ci (avec le mastering de Superpitcher) le magnifique Water Coaster. A écouter sans modération et dans de bonnes conditions.

Allez comme c’est la 7ième autant conclure avec quelque chose de posé. Tyson Ballard nous a un jour sortis son titre My House et tout changea dans ma tête. Plus sérieusement le schéma est classique et tape dans tout ce qui a pu se faire depuis pas mal d’années mais cette recette est toujours aussi efficace. C’est entrainant et parfait en pleine après midi d’été quand tu cuves ton trip de la veille mais que tu as quand même envie de son.

Allez l’amis il est temps de se quitter, profites de ta semaine et n’oublie pas que le jeudi soir est proche, ça sera le bon moyen d’utiliser cette playlist 😉

Renart – Et le rêve des absents

 

Renart - Et le Rêve des absents

 

Renart est l’image même du renouveau de la scène Française, un peu comme un Ovni dans un paysage parsemé de caissons et de DJ en veut tu en voilà. Derrière l’image de l’animal se cache pourtant un gas comme les autres alias Frédéric et qui cherche juste à s’éclater avec des sons. Mais attention, ici on ne prend pas le client pour un con, on lui sert une des meilleures sorties de 2013. Revenons simplement sur l’année 2012 avec son maxi Petits Charmes : 4 morceaux pour 25 minutes d’écoute. Mais bordel quelle efficacité, entre le cercle lyrique de Petits Charmes, le trip galactique d’au matin la mort de l’astre et l’envolée théâtrale de Conte d’été, Renart commençait très fort. Un talent de dingue injustement méconnu selon moi, le triple oscar aurait du lui être décerné d’office. Mais j’était confiant pour l’avenir que l’animal allait décoller au 7ième ciel de la sphère électronique. Son single Voyage Chromatique de 2010 laissait toujours présager une part d’ouverture sur d’autres genres moins ouvert, une originalité risquée qui a pourtant fais pas mal de succès (le clip collait parfaitement à l’ambiance du morceau en même temps).

 

Et c’est donc en ce mois de Novembre 2013 que Frédéric nous lâche cet EP : Et le rêve des absents est alors une vrai surprise, un savant mélange tribal/mélodique sur un ambiance psychédélique. Rares sont les sorties à me procurer ce plaisir, j’ai mis du temps à rédiger cette chronique en partie pour cette raison car l’oeuvre se savoure sur le long terme, en écoute casque ou avec un très bon Sound-System. Stratagème nous laisse pénétrer doucement dans cet univers chaotique, champ de bataille entre les Kick d’une techno agressive et d’une suite de mélodies synthétiques. On se reprend à penser à Voyage Chromatique, l’atmosphère du single revient à quelques moments mais ici elle est poussée à son paroxysme. Introduction en douceur et qui joue à merveille son rôle, cette première track démontre un important travail de production et de réflexion, tout  est millimétré et orchestré à la perfection. Ces 6 minutes de plaisir se poursuivent avec Qualia placé en seconde position de la galette. L’agressivité est remontée de 10 crans avec des Kick bien lourd, ça surprend même au départ mais très vite on se prend a planer. L’envoutement se fait ici par palier successif, des notes de synthés saturées qui s’amplifient, ralentissent et se relancent au fur et à mesure de l’écoute. Point d’ajouts barbants, ici Renart vise un minimalisme maitrisé et qui te fait bouger pendant 5,30 minutes. La Bataille de Synthèse poursuit cette épopée et le moins que l’on puisse dire c’est que ça envoie : une montée en puissance tout bonnement jouissive, cette track a un sérieux avenir en club ! Ce 3ième morceau même s’il est de la même veine que les deux précédents surprend beaucoup plus dès la première écoute car on nage en plein dans un mélange Minimal agressive/Ambient. Surprise surprise l’ami ça ne s’arrête pas pendant les 5 minutes suivantes et bien au contraire, ici l’animal te livre une véritable fresque mélodique. Comme quoi une boite à rythme, un synthé, une pannelle de VST et un producteur talentueux peuvent donner un véritable chef d’oeuvre. Attention l’ami ne te dit pas que l’aventure est finie, bien au contraire il reste encore la fameuse track éponyme Et le Rêve de absents. Parce que l’apogée de ton trip se situe bien entendu dans ces dernières 7,30 minutes. Ecouter la galette de manière disparate ne ferait que casser l’idée, l’écoute d’une traite est largement conseillée (surtout avec une bon casque ou une belle paire d’enceintes). Car oui, ce dernier morceau équivaut à la démultiplication de Voyage Chromatique à coup de M16. Les kicks te lancent en pleine Rave, les mélodies en plein voyage interstellaire. Faire mieux me paraît difficile voir suicidaire tellement l’idée est géniale. Ce maxi est donc à écouter fort, accompagné de bonnes substances mystérieuses (si tu voit ce que je veut dire) parce qu’il représente sans aucun doute la meilleure sortie de 2013.

 

Mind 80 Selection #3

Une longue absence marque toujours un retour. Daft Punk l’a compris, la preuve étant que le duo a annoncé aujourd’hui la venue de son 4ième album. Il va donc falloir patienter jusqu’au 21 Mai, pour celà je vous propose ma 3ième sélection en guise d’amuse bouche.

Je ne suis pas un fin connaisseur de Hip Hop, mais je m’efforce d’en apprendre plus sur ce style de jour en jour. Nujabes est un des artistes qui m’a fait comprendre tout la beauté du genre justement, alors autant la poster pour vous faire comprendre tout le talent du bonhomme.

Changement d’ambiance avec le morceau suivant, Trade nous livre de la Techno à sa sauce et ça tabasse. Quelque chose d’industriel plane sur le maxi (sans doute le vocal), mais la track qui en jette le plus reste Half Nelson. Ajoutez une mur de caisson et vous comprendrez qu’en Allemagne on déconne pas avec le client.

La Synthwave à vu émerger de nombreux artistes tout aussi talentueux les uns que les autres depuis quelques années. Toutefois Tommy se démarque en composant ses morceaux comme si une trame SF passait en fond (voyez par là une sorte de bande son d’un film imaginaire). Looking For A Lost Friend est le parfait exemple de ce mélange.

Grand fan de Molecule depuis quelques années (mon padre m’a fait découvrir la Dub, à moi de reprendre le flambeau) je reste sur le cul en voyant le talent du Parisien. Tournant sa veste Dub pour venir à la Techno, la reconversion s’est faite dans les règles de l’art, en premier lieu par ses deux maxis (Virage et Orage) et maitenant par un album Remix (Script001). Son remix de Mikron est tout bonnement jouissif, au même niveau que Gesaffelstein selon moi.

On poursuit avec Isaac Lane, fraîche découverte de la semaine. Balançant des sons sur son Soundcloud, le Français a retenu mon attention avec Lost Happy Days, magnifique track de Minimal. Il semble que je ne sois pas le seul a attendre une sortie en 12″, dans tout les cas j’espère qu’un Label s’intéressera à ses productions.

Je conclue cette sélection avec I Monster. Avec leur morceau Heaven, le duo anglais nous montre tout le talent du samplage. Une pointe de paradis dans un monde en crise.

Saschienne – Grand Cru Remixes

Saschienne est l’union de deux artistes : Sascha Funke, déjà bien connu en terre Allemande (apparition chez Bpitch Control puis chez Kompakt ou il y demeure toujours actuellement) et Juliette Dessagne. Le couple (ils se sont marriés il y a quelques semaines) a donc décidé de former un duo, lequel accouchera d’un excellent album Techno/Minimal, Unknow. Un subtil mélange Vocal/Beat qui a su charmer les critiques en somme. Toutefois l’apparition d’un maxi de remixes a marqué mon attention : d’un coté une version Live de Grand Cru, une montée en puissance qui se laisse savourer dans les moments de calmes ou de mauvais temps. De l’autre un Remix des Pachanga Boys sobrement intitulé « Grand Cru (Pachanga Boys Glam Drive)« . Après Time, Bot’Ox (tous des morceaux de plus de 10 minutes !) les deux compères nous refont le même coup, encore une fois de manière magistrale. On retrouve très vite leur patte musicale, mais l’envolée est tellement bien orchestrée que c’est avec un grand sourire qu’on termine l’écoute. Ils n’ont pas finis de nous étonner les deux là, Kompakt a d’ailleurs fêter ses 20 années de services (et oui 20 ans, il y a du niveau).