Étiquette : Remix

Mind 80 #19 « Peregrination d’un joyeux luron « 

Le guerrier silencieux

Cette 19ième playlist sort un peu des sentiers battus : les amateurs de Techno en sortiront peut être ravis, d’autres auront reconnus certains « comportements » typiques des soirées du genre, bref l’heure est à l’humour. Il y a en grande majorité de belles pépites de Techno qui m’ont durablement marqués cette année mais la fin de playlist comporte aussi quelques sons plus soft et plus accessible pour le commun des mortels. Libre à vous de suivre la petite histoire inventée par mes soins, ça n’est qu’un petit accompagnement destiné à vous donner le sourire. Bonne écoute !

Le label anglais Digital Tsunami regorge déjà de bonnes pépites mais la surprise fut totale avec le mix de ce cher An-I. Pour les plus curieux celui derrière cet alias n’est autre que Lee Douglas, un génie touche à tout capable de déchainer les septs enfer avec la montagne de matos à sa disposition. Ça se ressent particulièrement sur ce mix d’ailleurs, la touche analogue fera toujours des putins de merveilles.  Si tu es à la recherche de sonorités qui oscillent entre le punk, la new beat (5% pour être précis), la techno et un soupçon d’électro-clash (pardi!) tu es entre de bonnes mains. Mention spéciale pour la track à 22min et son groove galactique !

SITUATION : 21h23, bide remplis de pattes carbo’ cuisinée à l’arrache 38minutes avant, sourire en coin qui démontre ton envie pressante d’allez te prendre un demie au bar, un désir exaucé après 1minute14 d’attente parce que Melissa (17ans, blogueuse mode, hipster kékoide superficielle) draguait le serveur dans l’objectif de nouer un contact professionnel (sexu….). Tu gardes cependant foi en l’humanité et décide de continuer à danser.

 

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Toute en puissance. 14anger & Dep Affec nous avaient déjà habitués à des sorties méchamment vénère de chez vénère. Ils récidivent ici avec ce qui pourrait s’apparenter à « l’OST d’une 3ième guerre mondiale en 2034 » : littéralement Eye Trap a tout le potentiel pour transformer une foule de Techos en joyeux lurons tous plus déchainés les uns que les autres. Et c’est justement ça le délire.

SITUATION : 22h56, 1 bon stick et 3 bières t’ont mis dans un début de zion plutôt agréable, soudain le tonnerre retentit quand un mur de grave s’éclate en plein dans ta tronche. Plusieurs aventuriers comme toi hésiteront dans l’attitude à employer :

  1. Foncer comme un déluré (à savoir danser comme un joyeux primate bloqué dans le groove mais complètement furieux, vu de l’extérieur personne ne comprendra mais vu de l’intérieur c’est la guerre psychique totale)
  2. Demander le 50/50 (tu alterneras entre micro-sessions furieuses et descente de ta pinte en vitesse subliminique, et oui il faut tout de même garder son image un minimum préservée dans ces moments de chaos et tu as très soif. Tellement soif que tu te décides à emmerder tout le monde en te ramenant au premier rang et, au passage, en renversant la moitié de ta pinte sur d’innocentes petits âmes. Voici Ryan, petit con en école de commerce prêt à tout pour montrer qu’être ravagé c’est encore mieux quand tu fais le bon enculé)
  3. Jouer au « squatteur de tabouret » (beh oui tu vois tu as galère 17minutes pour pouvoir reposer tes pattes et tu commences à découvrir la faune et la flore du bar, peut être qu’il y a moyen de procrastiner sait on jamais, en plus les shots ne sont qu’à 7euros c’est pas cher, c’est pas comme si il y avait 500 personnes dans la boite et que tu faisais chier à bloquer le passage. Doux connard.)
  4. Tu y vas timidement (Jean Christophe, bouge ses bras dans un petit mimick sympathique mais tente avant tout de chercher une présence féminine, eh oui Jean Christophe pense avec sa bite et n’en a rien à carrer de la Techno, c’est un con tout simplement. Un con qui se donne un genre mais un con)
  5. Tu cries de joie (tu gueules des « allez la » qui emmerdent tout le monde, méritent une grosse paire de claque et surtout font perdre foi en l’humanité. 4h après le Kevin ayant choisis cette option sera raide mort, même plus capable de danser et réduit à l’état d’une loque déshydratée. Repensez à Frodon qui épargne Gollum et vous comprendrez la situation, la pitié l’emportera toujours)
  6. Tu continues ton chemin (« eh eh cé ti que cé aussi simple »)

 

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Prenez Moby, souvenez vous que le mec a pondu l’un des plus bel album de Trip Hop qui existe, qu’il a récidivé par la suite et s’est forgé une carrière ô combien gigantesque. Pour beaucoup on l’imagine comme un mec plutôt cool, le genre de gars posé en studio, un bon spliff au bec et une innovation débordante. Sauf que voyez vous le gugus avait déjà fait ses faits d’armes dans la Techno depuis bien longtemps : preuve en est l’un des morceaux les plus givrés que j’ai pu écouter dans le domaine n’est autre que son excellent Thousand (check du padre). Un classique que Perc a subtilement repris en apportant sa petite touche.

SITUATION : 00h23, tu es raide mort et vainement conscient mais tu est dans un kiff auditif des plus total. La soirée n’en est encore qu’à ses prémices ce qui te donnes une joie de fou, un oublie total de l’existence de cours le lendemain (ouh le vilain TD) et surtout une envie de faire la fiesta comme un joyeux petit fou. Continue aventurier, ton chemin est loin d’être terminé.

Leçon de mathématique : 1993 -> (HARDCORE TECHNO+ MOBY) +  (PERC -> EDIT) = CAISSONS EN MIETTES/FOULE EN DÉLIRE.

 

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C’est fou de voir que 5 ans après Renart continue de foutre de grandes paires de claques aux plus grands. Son remix de The Dead Mantra a cette fois ci explosé les compteurs : je ne sais pas si on peut parler de Techno ou de Hardcore, le son du goupil a assurément une ambiance à part dans le paysage de la musique électronique actuelle. Voyez la track comme un voyage galactique à vitesse lumière : extrêmement brutal, fondamentalement intriguant, la mention spéciale revient aux notes stridentes en fin de morceau, la cerise sur le gâteau qui te fait comprendre que tu n’écoutes pas n’importe quoi.

SITUATION : 3h36, Jean Christophe désespère mais persévère, Ryan et Kevin sont tout deux dans le chaos mental tandis que la 3ième vague de « squatteurs de tabourets » s’est décidée à allez danser « à la lounge » sur du gros son. Melissa a fait d’incroyables photos de l’Event et est fier d’être allez en backstage (votre imagination fera le reste). La situation est paradoxalement délire : d’un côté les quelques vétérans encore présents, de l’autre les nouveaux venus assez déroutés par le choc émotionnel et l’ambiance surréaliste des lieux. Mais c’est pas grave, tout le monde s’éclate et dans l’ensemble c’est un peu l’apothéose de la soirée.

 

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Si vous avez écoutez un à un les sons précédents avec une bonne sono’ alors vos tympans vous remercient. Partons vers quelque chose de plus soft, de plus aérien : « coucou la trance ». Hallucinogen (pas les champis, l’artiste) est l’un des piliers du genre, les connaisseurs reconnaitront d’emblée ses productions. Pourquoi cette track ?  Parce que Starling Black Mabel est étonnamment minimaliste mais tout aussi entrainante et fun. Pas de réflexion, tout est dans l’intuition.

SITUATION : 4h47, gueule enfarinée mais toujours dans le groove, tu demandes une mi-temps mais tes potes te font signe qu’ils préfèrent largement s’enquiller leur dernier stick avant de bouger chez Sylvain, une connaissance hétéroclite qui promet du gros son et une fin de soirée prometteuse. Aventurier sois vigilant, les autres « Concreteux et Techoide » sont à proscrire tout comme les afters à l’autre bout de la ville (tes jambes ont déjà souffert). A part ça un léger vent de fatigue t’envahis et tu observes les requins tourner autour de Cindy (20ans, étudiante en Psycho polyvalente et pleine d’énergie). Tu comprend le petit manège en jeux, souris, puis continue ton chemin.

 

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Encore lui ! J’insiste checker le sur Discogs voir ma chronique précédente (ici). Toujours dans des sonorités trances.

SITUATION : 5h22, Bob arbore son stick dans une longue conversation sur les dérives politiques du couple Balkany. Pendant ce temps tu phase sur la playlist youtube lancée par Sylvain (25ans, DJ et producteur de Trance, N°2765 sur la liste nationale des « gars sympa mais bien trop dans leur délire »). Le gang des requins s’est considérablement réduit, passant de 5 congénères à seulement 2. Les perdants descendent une bière en guise de consolation, les gagnants eux choisissent de redoubler d’effort dans la bataille finale. Tu es bien, terriblement bien et tu commences à lorgner le canapé. Ton ventre t’appelle, le détour au macdonald du coin commence à germer dans ton esprit. Tu lances l’appel à Steven qui lui aussi est à la recherche d’un casse dalle rapide. Bonne résolution.

 

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Alias résolument perché (les Borgs doivent y être pour quelque chose) Gnork va te transporter sur un doux petit nuage de fraicheur. Mêlant une bonne recette à l’ancienne avec des sonorités plus synthétiques Lose Control porte à merveille son nom. Envolée auditive, voilà les qualificatifs de cette petite pépite.

SITUATION : 6h26, ton ventre est repue et tu es sur le chemin du retour. Tes potes sont repartis à pied ou pour les plus chanceux en metro/tram/bus. Tu as quitté l’after depuis 41minutes et la fatigue t’envahis pleinement, minute par minute. Bob s’était endormis, Cindy avait décliné l’offre de Steven (qui déçu, avait décidé de rentrer lui aussi). Sylvain avait mis un terme à la soirée 23minutes après ton départ en raison des voisins qui faisaient chier la planète. Tu observes les quelques vétérans sur leurs chemins de retour respectifs. Tu décides de mettre tes écouteurs pour passer le temps, qui sait tu auras peut être l’âme d’un philosophe en marchant dans cette ville que tu connais tant. L’ambiance est surréaliste : pleinement déphasé du monde réel tu regardes les lieux se réveiller progressivement. Tu atteints ton appart’, te brosse les dents et sombre dans les bras de morphé en 2minutes. Ton parcours, ô grand aventurier, prend fin. Une autre épreuve t’attend pourtant le lendemain.

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Chronique : Renart

Renart

Derrière cette photo qui te rappellera le roi Arthur (et toute sa bande de joyeux copains) se cache pourtant l’un des producteurs les plus en vogue du moment. Son nom c’est Renart, le Goupil des temps modernes mais surtout un gars qui te propulse en pleine renaissance auditive à chaque écoute. Mais comment le mystérieux Frédéric Destres parvient il à te sortir ces sons de l’espace ? Je vais tenter d’apporter une petite réponse à ce propos, mon but est déjà de parler de la carrière du jeune producteur et ce à quoi elle est amenée à être dans quelque temps. Pose toi en forêt avec un bon soundsystem et lance toi dans une « Medieval Party » si tu as le cran Macfly !

 

2010 – Music For The Royal Fireworks EP : C’est dans le courant de cette année là que le Goupil est sortis de sa tanière pour te balancer son tout premier Maxis. 3 compositions pour 3 remixes, ça commence déjà bien avant même d’allumer le compteur. Comme introduction à l’ensemble on a droit au magnifique Wolf Winterwood, titre nerveux bourré de synthés qui saura égayé tes afters de folie d’été. On remarque presque une petite pointe de sonorité arabes à certains moments (Acid Arab bonjour), c’est un très bon point mais cela reste à nuancer selon les avis (et oui je vois des choses partout, je suis un petit fou !). La track éponyme, Music For The Royal Fireworks, est quand à elle beaucoup plus subtile. La base rythmique très solide du titre (ainsi que ses graves) fait place à des envolées mélodiques par à coup très bien pensées. Ça pourra te rappeler Qualia (de son dernier maxis) au départ mais tu deviendras quand même vite accros à ce morceau. Autre détail les deux morceaux déjà abordés comportent un petit coté Electro-Clash très plaisant à entendre. Néanmoins la merveille du maxis c’est avant tout chose ce bon vieux Oiseau de Malheur. Combine la nervosité de Voyage Chromatique avec des graves ultra saturés et te voilà plongé en plein trip avec les corbac’s de Game Of Thrones. J’abuse peut être un peu les choses mais quand on te procure tes 6,30 minutes de kiff avec cette track tu en ressors indéniablement satisfait. Mais oui monsieur, je fait l’impasse sur les trois remixes de la galette car mon but est avant tout de chroniquer notre célèbre Goupil !

https://soundcloud.com/ftw/sets/renart-music-for-the-royal-fireworks-ep   (Sorry l’amie pas de lien intégrable).

2010 – Voyage Chromatique (Single) : Je ne vous présente plus ce tube devenu mythique en un rien de temps. Voyage Chromatique c’est un peu comme si tu prenais un zeste de l’esprit de Philip K. Dick et que tu l’associais finalement avec une Techno tout droit sortis du monolithe de 2001 : L’odyssée de l’espace. « That’s a fucking Bingo » tu pourras dire, je serais d’accord avec toi l’amis car les 7,40 minutes du morceau ont eu droit à un très beau clip (et quand je dis très beau c’est très beau). Badaboum cosmique dans ta tête !

2011 – Voyage Chromatique EP : Il fallait réitérer le trip pour convaincre la foule. Renart nous livre ici un maxis très spécial, des inédits saupoudrés de bon remix par ses potes. Malpertuis nous dévoile un Edit vraiment sympa de Voyage Chromatique : si peu de choses changent réellement, cette version est plus uniforme et assez intéressante pour y jeter un coup d’oeil. Renart renchaine avec Charlatan, une track au nom aguicheur qui te prouvera que la Techno en période de fête ça peut être cool en fin de compte. Tu commenceras même à te poser une question : mais d’ou sort-il tous ces samples, mélodies et j’en passe ?! Grande énigme l’amie, intéresse toi plutôt au morceau suivant, Confiture. Le petit son du carillon, aussi bête soit il, donne une sacré immersion dès les premiers coups lancés. Pour résumer ce titre de manière objective on est face à une sacré expérimentation rythmique comme mélodique. Confiture est et restera un sacré morceau, tu t’amuseras à le fredonner dans des situations bien barjo en compagnie de tes potes. FAON en a lui aussi fait les frais en nous en pondant un remix « illico-presto ». Plus traditionnel sur certains aspects, le résultat reste tout bonnement jouissif. Tu es dans ta bulle, perdu dans tes idées à te questionner sur la manière dont la track a été composée. Larcier rejoint le champ de bataille et nous livre sa version des choses : la carte de l’envoutement est tirée, tu ne peut rien y faire ton trip ne fait que commencer.

2010-2011 – Inédits : Ne stresse pas l’amie j’ai tout bonnement donné le nom « Inédits » aux différentes tracks du Goupil qui étaient inclassables. Enfin non, pas inclassables mais plus à part. Je commencerais donc avec le très bon Al Isra, titre méconnu du grand public mais qui a pourtant un énorme potentiel en milieu de soirée. C’est sans doute pour moi l’une des plus belle fusion qu’il m’ai été donné d’entendre : le coté expérimentateur de Renart se marrie avec celui de la balade électronique en plein moyen-orient. La carte rythmique est elle aussi impeccable, nerveux mais juste comme il faut. Mais comme toute chose à une fin il va être temps de lancer Songe Enigmatique Séquentiel. 13,30 minutes de délire auditif à réserver aux puristes de l’extreme. C’est précisément avec CETTE track que tu peut apercevoir le génie créatif de Renart : une belle part d’imagination poussée à coup d’expérimentations innovantes sans aucun temps morts. Il est certain que ce morceau n’est pas adressé à tout le monde mais les quelques personnes qui sauront apprécier l’idée du titre comprendront ce que je veut dire. La suite se trame déjà avec Styx. Cette fois ci Renart s’attaque presque au travail d’un compositeur d’OST : sortir la carte de l’ambiance et faire planer le mystère. Sans faute absolue, à bon rendement sur un bon système audio vous pourrez presque vous imaginez dans le Solaris russe de 1972.

2012 – Petits Charmes : Ma découverte de Renart remonte précisément à ce Maxis. Déjà 2 ans que je m’écoute cette petite merveille, c’est fous comme le temps passe vite quand on y pense. 4 morceaux uniques composent la galette, galette qui commence ainsi avec Au Matin, La Mort De L’Astre. Outre ce nom plutôt évocateur Renart a tiré la carte de simplicité en utilisant tout ce qu’il sait faire de mieux à bon escient. Le résultat est impressionnant : un style particulier t’envoute pendant les 6 minutes du morceau, bref du travail de maestro. L’expérience se poursuit avec la track éponyme, Petits Charmes. Elle porte bien son nom d’ailleurs, l’ambiance chaude doublée des magnifiques petites notes de synthé est convaincante dès les premières secondes d’écoutes. Les nappes mélodiques qui surviennent et disparaissent au fur et à mesure du titre rajoutent vraiment un petit plus qu’on attendait tous. Pour avoir vu ce que ça donnait en live (et je suis loin d’être le seul) l’ambiance que procure Petits Charmes est absolument unique. Tellement unique que Renart nous a dégotté une autre version, Petits Charmes (Le Poème). La structure reste similaire mais tout auditeur qui se respecte aura remarqué les subtiles réverb’ placé sur le synthé d’origine. Comble du plaisir on a droit à une très bonne vocale (de qui, je ne sais pas) qui rajoute un coté presque skyzophrénique au titre. La seconde partie s’accélère nettement avec des réverb’ encore plus dingue, en bref du grand génie à la Française. Ouh ouh ouh on arrive au met ultime, le Saint Graal absolue de ma bibliothèque audio. Quand j’ai entendu la première fois Conte D’Été je n’ai pas réussis à classer le morceau dans telle ou telle catégorie. Le titre va à l’encontre même des concepts préétablis de la musique électronique : Renart a fait preuve d’audace en ressortant de sa besace ses meilleurs samples. Ou plutôt la totale, groovebox, synthés, vocales et j’en passe. Ces 7,50 minutes te transporteront sur un petit paradis imaginaire et feront de toi un être repus de musique (du moins pendant longtemps, très longtemps). Trop de Techno dans la tête depuis quelque temps ? Alors jette toi sur Conte d’Été de suite et amuse toi à écouter les vocales de la petite fille qui s’amuse à observer le studio du Goupil. Du grand art, et à la Française merde !

2013 – Et Le Rêve Des Absents : C’est en ce mois de Novembre 2013 que Frédéric nous lâche cet EP : Et le rêve des absents est une vraie surprise, un savant mélange tribal/mélodique sur une vague d’ambiance psychédélique. Rares sont les sorties à me procurer un tel plaisir, j’ai mis du temps à rédiger cette chronique en partie pour cette raison car l’oeuvre se savoure sur le long terme, en écoute casque ou avec un très bon Sound-System. Stratagème nous laisse pénétrer doucement dans cet univers chaotique, champ de bataille entre les Kick d’une techno agressive et d’une suite de mélodies synthétiques. On se reprend à penser à Voyage Chromatique, l’atmosphère du single revient à quelques moments mais ici elle est poussée à son paroxysme. Introduction en douceur et qui joue à merveille son rôle, cette première track démontre un important travail de production et de réflexion, tout  est millimétré et orchestré à la perfection. Ces 6 minutes de plaisir se poursuivent avec Qualia placé en seconde position de la galette. L’agressivité est remontée de 10 crans avec des Kick bien lourd, ça surprend même au départ mais très vite on se prend a planer. L’envoutement se fait ici par palier successif, des notes de synthés saturées qui s’amplifient, ralentissent et se relancent au fur et à mesure de l’écoute. Point d’ajouts barbants, ici Renart vise un minimalisme maitrisé et qui te fait bouger pendant 5,30 minutes. La Bataille de Synthèse poursuit cette épopée et le moins que l’on puisse dire c’est que ça envoie : une montée en puissance tout bonnement jouissive, cette track a un sérieux avenir en club ! Ce 3ième morceau même s’il est de la même veine que les deux précédents surprend beaucoup plus dès la première écoute car on nage en plein dans un mélange Minimal agressive/Ambient. Surprise surprise l’ami ça ne s’arrête pas pendant les 5 minutes suivantes et bien au contraire, ici l’animal te livre une véritable fresque mélodique. Comme quoi une boite à rythme, un synthé, une pannelle de VST et un producteur talentueux peuvent donner un véritable chef d’oeuvre. Attention l’ami ne te dit pas que l’aventure est finie, bien au contraire il reste encore la fameuse track éponyme Et le Rêve de absents. Parce que l’apogée de ton trip se situe bien entendu dans ces dernières 7,30 minutes. Ecouter la galette de manière disparate ne ferait que casser l’idée, l’écoute d’une traite est largement conseillée (surtout avec une bon casque ou une belle paire d’enceintes). Car oui, ce dernier morceau équivaut à la démultiplication de Voyage Chromatique à coup de M16. Les kicks te lancent en pleine Rave, les mélodies en plein voyage interstellaire. Faire mieux me paraît difficile voir suicidaire tellement l’idée est géniale.

2012-2013 – Renart Remixes : Pour faciliter le rangement de ma Bibliothèque MP3 j’aime bien simplifier les choses. C’est ainsi que j’ai décidé de rassembler tout les remix de Renart dans une seul compil’ histoire de faire perdurer le trip comme il se doit de faire. Avant toute chose il s’agit de te faire apprécier l’esprit du Goupil donc je commencerais avec Love Is Not A Joke (Renart Remix). Initialement composé par Ahmad Al Kosem, ce morceau marque l’affection que porte Renart vis à vis des sonorités du moyen-orient. Et c’est tant mieux vu le résultat nerveux que ça donne : crois moi ta soirée risque de devenir complètement tarée si tu passes ce titre. Bon point donc, en plus d’être un producteur émérite Renart affirme désormais ses talents de remixeur. Bell (Renart Remix) est aussi une petite merveille : les graves sont bien mixés et se marie parfaitement avec le coté un peu déjanté des mélodies. Parfait pour faire monter l’ambiance et en même temps rester dans le cadre du milieu de soirée. Dream Is On (Renart Remix) de Loony Wise Men change la donne en faisant péter ton caisson. Les graves envoutantes font très vite place au son industriel qui se répète tout du long, et ce en appelant en renfort des vocales robotiques à certains moments. « Très intriguant » : telle sera ta réaction, mais « très kiffant » tel sera ton souvenir (Maître Yoda est avec moi les gars). Si tu veut de reposer après cette bataille nerveuse alors enchaine avec Sometimes I See (Renart Remix) de Larcier. Je pourrais presque reconnaitre un sample de John Shepheard (Type on A pour être précis) mais l’ambiance posée du titre me dissuade de faire preuve de réflexion. Calme toi l’amie et endors toi tout simplement. Si tu veut que ça groove tout en planant alors démarre Atoms & Axes (Renart Remix). Tu vas bien phaser sur les vocales lancinantes en intro mais ce sont les graves qui forgent l’essence même du titre. Petit détail tu peut même entendre le petit clic d’un trackpad Apple, et oui le Goupil a pensé à tout ! Ça ne te suffit pas ? Alors pars avec moi dans le désert Syrien pour découvrir l’histoire des souverains Perses avec Atabat (Renart Remix). C’est le géniallissime Omar Souleyman qui a été remixé, en élément de comparaison tu peut imaginer l’excellent Surf Smurf (Rebolledo Version) transformé à la sauce du moyen-orient et de l’asie mineure. Alicia (Renart Remix) va te booster un petit coup avant d’affronter le mur du son du Berghain. Imagine l’USS Enterprise passer en vitesse lumière avec Renart qui te pose un set dans le même temps, tout est dit. Si tu es tombé sous le charme de Petits Charmes (yeah la blague) alors jette toi sur The Wheel (Renart Remix) de Square Mode. Petit retour aux ambiances chaudes du sud de la France le tout servis sur un petit nuage de volupté musicale. Mushroom (Renart Remix) de vOPhoniQ surfe sur la même tendance, dis toi que des petits champignons seront parfait pour savourer l’expérience (pas de blague voulue). Je t’ai gardé le meilleur pour la fin l’amie, c’est pas tout le monde qui est capable de pondre un remix pareil. Je parle de Enfant Flamme (Renart Remix) originalement composé par Blind Digital Citizen. Point d’introduction mélodieuse le kick est déjà lancé à fond. Non ce qui frappe c’est le goût prononcé de Renart pour les envolées mélodiques. Le coté d’abord agressif du titre fait la part belle à un côté bien plus poétique, coté qui m’a d’ailleurs rappelé le talent de Vangelis sur la bande son de Blade Runner. Je te laisse découvrir le remix de Home Music par tes propres moyens, là aussi c’est du grand art. Oh mon petit c’en est finis des remixes malheureusement, le Goupil a disparu dans un buisson. Pas grave, la suite est tout aussi énorme.

2013 – Normal Music 01 : La courte apparition de Renart chez Normal Music est une histoire à ne pas oublier. Un seul titre en a découlé pour l’instant, Or Sang Tu Mens. Une petite bombe d’envoutement comme le jeune producteur sait le faire, que ce soit en Live ou bien en écoute chez toi tu resteras fasciné par cette track. Là est le talent de Renart justement…

2013 – Acid Arab Collections #1 : LE titre absolu de la compilation. Versatile Records à du être bien content en voyant la réaction des gens à l’écoute de Sahra min tahab. LA combinaison parfaite de la puissance de la Techno, de l’envoutement des mélodies et enfin des sonorités arabes (Syriennes pour plus précis). Si tu as l’occasion de partir dans le désert un de ces quatre embarque ton Ipod et ce morceau d’office. Si tu es encore plus chanceux ramène ta sono et fais péter le son avec les scorpions du Sahara. Bref c’est Renart quoi.

« Lost Track Of Time »

"Lost Track Of Time"

Adeptes d’Hippie Dance et des grands Pachanga Boys vous êtes les bienvenus. Pour faire simple on va parler du cultissime « Time », l’un des titres les plus accrocheurs de 2011. Ça peut vous paraitre bizarre étant donné que Girlcatcher est sortis il y a plus de 3 ans mais tout est bon à prendre. Allez l’amis, tu as forcément entendu ces 15 minutes de pures plaisirs et je vais tâcher de mettre le paquet afin de tz convaincre que tout n’est pas encore terminé !

 

Quand tu es un producteur sympa et que tu désires changer un peu d’air il existe les remixes. Par là j’entend que même si le fameux « Time » a beau l’air inattaquable tout est encore possible. La preuve avec la version Edit de Waite & Armani. Pas de panique la structure du morceau reste intacte et toutes les nappes mélodiques font toujours autant d’effet. Non ce qui change (ou plutôt ce qui a été rajouté) c’est une bonne ligne de synthétiseur 80’s et de petites mélodies déchirantes d’envoutement. Ah ah je te vois rigoler derrière ton « smartphone qui tue » mais crois moi ces petits ajouts ouvrent pas mal de nouvelles perspectives au morceau d’origine. Chapeau bas pour cette relecture minimaliste.

 

Mon second choix se porte sur le Remix de Ramos & Young. Les deux compères changent de direction, ici les quelques ajouts sont plus subtilement placés dans la seconde partie du morceau.
Je le répèterais tout du long de cette chronique (à nuancer) mais n’espérez pas faire face à l’inconnu, même structure pour même durée, même BPM pour même vocales et etc… Enfin non dans le cas présent c’est bien les vocales qui sont concernés donc jette toi sur tes enceintes et fait péter le son !

 

On renchaine avec une version revisitée par une émission de radio. Comme seul indice la fréquence (92.6) et un Edit qui portera uniquement (et encore une fois tu me diras) sur les vocales. Ce qui est sans doute le plus intéressant sur ce fameux Edit c’est qu’il convaincra tout le monde : des clubbers attachés au morceau de base jusqu’aux producteurs en quête de nouveauté toute cette petite troupe sera quand même sur le cul. En plus de ça la track a une fâcheuse tendance à conclure pas mal de SET d’ou une étoile supplémentaire : prenez une horde de gens arrachés à 8h du mat’ et passez leur cette version, vous verrez leur réaction en un clin d’oeil… Dernière remarque, la petite pause au milieu du titre est la clé de voute du titre.

 

3 fois la même track il va être temps de conclure. Ah non en faite il me reste un dernier atout dans ma besace. Tient voyageur, accepte ce présent toi qui vit au jour le jour. Au programme une version plus courte accompagnée d’un petit piano bien sympa. And it’s gone…

Chronique : Paul Kalkbrenner

Paul Kalkbrenner

L’ascension Kalkbrennerienne relève du miracle : Berlin Calling l’a propulsé sur les hautes sphères de la techno dès la sortie du film éponyme. Sa masse de fans n’a fait qu’augmenté avec le temps, toutefois il devient nécessaire d’éclairer la partie immergé de l’iceberg. PK a commencé bien avant sa célèbre bande son et j’ai l’impression qu’une bonne partie de ses fans ne se rend pas compte des nombreux maxis et albums qu’il a produit par le passé. Cette (longue) chronique retracera la totalité de ses sorties, de ses surnoms « Grenade » et « Paul dB+ » jusqu’à son dernier album Guten Tag sortie en 2012. Haters ou fan absolue du bonhomme vous avez le choix de suivre cette longue rétrospective !

Paul DB+

Rusé comme un squale, Kalkbrenner démarre dans la scène électronique Berlinoise avec ce surnom de Paul DB+. Il est toutefois encadré par un Label en plein essor : Bpitch Control. A sa tête Ellen Allien, jeune patronne en quête de réforme sonore et prête à tout pour dynamiser la capitale. L’influence qu’elle exercera sur Paulo sera conséquente avec le temps, pour du bon ou du moins bon il faut reconnaitre que la miss est une des premières a avoir propulsé notre allemand bien aimé sur le devant de la scène.

Friedrichshain (1999) est la toute première sortie officielle de Paul Kalkbrenner. Dans un style résolument Tech House voir pour certains morceaux Techno, le Berlinois planche sur des rythmes agressifs et des montées par palier (voyez y l’ajout d’un kick central puis celui d’un autre kick cette fois secondaire et etc). Force est de reconnaitre que ce maxi de 4 morceaux est efficace, Crazyness Of Myself restera d’ailleurs dans les mémoires. Même si l’utilisation de boucle reste prédominante, le style de Kalkbrenner s’étoffe au fur et à mesure des pistes. Le choix des samples et autres boites à rythmes est certe classique, son utilisation et son mélange n’en sont pas moins maitrisés. Cet EP lance timidement sa carrière du bon coté des choses et lui permet d’observer la réceptivité du public face à ses productions.

Largesse EP (1999) : tout fan de Techno ou du précédent EP trouvera de très bon titres dans ce maxi. Le temps accordé aux noms des morceaux est certes dérisoires (il s’est pas cassé la tête pour le coup notre Paulo) mais ne faites surtout pas l’impasse sur ce détail, beaucoup de surprises sont à découvrir.

Largesse Plus EP (2000) : La difficulté que j’ai eu pour trouver les différents morceaux de ce maxi a été énorme : comment voulez vous trouvez des RIP acceptables d’un Vinyl tiré en 300 exemplaires ? La encore c’est à vous de forger votre propre avis sur l’oeuvre. Vous pouvez très bien adoré comme cela a été le cas pour le précédent maxi ou bien vous pouvez détester. A vous de voir !

Gigahertz (2000) : Ah ah, on arrive à une étape importante. Point d’informations superflues ici, tout les titres s’appellent « Untitled ». On reste encore dans la même veine que les précédentes productions mais un morceau sort du lot : Untitled B1. Derrière ce nom robotique se cache une pure merveille de Minimale, un titre à l’énorme potentiel lors d’un SET.

 

dB+ (2000) innove en la matière. Composé de 4 morceaux, ce maxi envoie du lourd, très lourd même. Au point que le choc se fait rude, on passe de sa précédente expérience Tech House/Techno à de la Techno/Minimal bien bourrine. Le meilleur exemple c’est bien sur Eins avec ses 6 minutes de tabassage à coup de grave bien huilées. L’ajout de quelques mélodies au fur et à mesure du morceau (qui au passage deviendront sa spécialité par la suite) laisse penser que l’allemand à déjà beaucoup d’idées derrière la tête. En opposition à la montée frénétique du 1er titre, Vier conclue le maxi sur un rythme axé vers la Dub qui tranche sévèrement avec le reste. Cela reste toutefois une bonne idée, on en sort tout content et reposé après la claque du début. Tournant nécessaire ou non, dB+ reste tout de même une grosse surprise.

Performance Mode (2001) est un cas à part : sortis sous le pseudo de Grenade, Paul Kalkbrenner s’écarte un peu de Bpitch Control pour allez vers le label Cadeaux. Structure moins importante, le bonhomme dispose d’une certaine liberté de composition : pour moi ce maxi représente sans doute un des meilleurs délires de l’allemand. On reste dans de la Techno bien brute mais un petit plus se dégage : l’ambiance froide, le rythme rapide, les sonorités agressives, tout y est pour  te faire au moins remuer la tête pendant un bon quart d’heure. Les trois morceaux se différencient pas mal mais le coup de coeur majeur est la 3ième track. Un petit air de Blade Runner (cf Vangelis) mélangé à de la Techno bien froide et puissante sont la recette gagnante de cette sortie.

Superimpose (2001), premier album et première étape majeure à franchir pour tout artiste qui se respecte. Dans le cas présent, Kalkbrenner use de tout ses talents pour ce LP. La présences de graves bien puissantes est toujours à noter mais cette fois l’aspect mélodique est plus poussé. L’allemand a pris soin de mêler une pointe de chaleur dans ses productions bien hivernales. La montée par escalier des kicks (phénomène déjà connu et qu’il reprendra par la suite) accompagnée des magnifiques vocales plonge l’auditeur dans une ambiance très très glauque. Pas sur que l’album plaise à tout le monde d’ailleurs car même si une bonne partie des morceaux sont diablement efficaces il y a tout de même des séquences ratées. Certains accuseront la « simplicité » déconcertante de quelques tracks, d’autres la merveille de puissance de Far Away ou de La Force, bref c’est à chacun de trancher. A noter tout de même que Lp doit s’écouter dans de bonnes conditions, arrêter tout de suite l’écoute avec votre Iphone en mode haut parleur, ça vous ruinera l’expérience.

Chrono (2001). Douce merveille sortie du paradis de la Minimal, ce maxi se hisse clairement dans le top 3 des productions de notre allemand. Avec ses 4 morceaux, il résume à lui seul la synthèse de tout ce que Kalkbrenner sait faire de mieux. Guardia démarre en trombe, le morceau ouvre le bal d’une belle façon  : une boucle toute conne mais o combien phasante qui se voit secondée par la suite d’une série de kick rapide. Sur le papier la recette semble dérisoire mais bordel de merde que c’est efficace, tu es dans l’obligation de remuer tes petites pattes. Le trip se poursuit avec D.E.E.P, magnifique balade électronique de 5,30 minutes. Très poétique, ce titre pourrait très bien rentrer dans une OST de film SF. Glacier quand à lui te relance dans le bain de la foule : la track malgré sa forme épurée dispose d’un énorme potentiel en club et passera largement en before avec tes potes. Faites cependant une pause deux petites secondes parce que la consécration de cette sortie c’est Precision. Ce morceau de 6 minutes te fera bander/mouiller en l’espace de trentes secondes. C’est le combo parfait entre la carte mélodique et celle des graves, le mixage est dépouillée mais foutrement dansant, les différentes montées calculées à la perfection et j’en passe tellement il y a de points forts. LE titre à retenir dans la carrière de PK ! Ecoutez le en casque ou sur un sound system efficace car c’est pas avec des petits caissons de chez Sony ou Samsung que vous allez prendre votre pied croyez moi.

Zeit (2001), second album et étape incontournable pour tout fan qui se respecte. A l’opposé de son premier LP, Kalkbrenner se lance dans des ambiances bien plus chaudes. La preuve dès Sie Liebt Mich qui te fait décoller en douceur sur une nappe de mélodie envoutante. Frühling tape dans le même délire mais cette fois l’arrivée du kick est plus rapide. Les simples petites notes de piano qui résonnent au bout d’une minute te donneront forcément un bon souvenir de la track. Zeit change par contre la donne : sur un sample fort proche de My Weakness (Moby) l’allemand pose son matos et déploie toute sa puissance. Long trip de 5,30 minutes, ce morceau est injustement méconnu selon moi. L’album se poursuit avec Kranich, titre plus orienté vers le calme ambiant de ton petit duvet. Selber surfe sur la même vague que Crazyness Of Myself, toujours le genre de sonorité bonne à entendre. Unterton est un monstre d’ambient, le genre de titre forcément présent sur une playlist de vacances. Smaragd conclue le Lp d’une belle manière : cette courte odyssée synthétique joue parfaitement le rôle qu’on lui a assigné. Je passe bien sur les quelques interludes qui pour moi ont peu d’importance et certains morceaux présents sur la version vinyle : et oui, Bpitch Control a sortis deux versions de Zeit toutes deux agencées différemment. J’ai un faible pour la version numérique mais les deux sont appréciables. Tournant majeur dans carrière, ce second album lance Kalkbrenner sous les tropiques loin de son Berlin natal et c’est tant mieux au vu du résultat.

Brennt (2002) est le maxi qui suit la sortie de Zeit. Mille excuses humble auditeur je me suis trompé : notre allemand a passé environ 1 an a écumer les soirées et autres teknivals de son gout. Cette absence s’est malheureusement fait sentir sur la production : on sent que l’allemand a eu une petite panne d’inspiration et un profond coup de mou. Brennt est un morceau plutôt sympa pourtant mais le délire de l’ambiance prend trop le dessus sur la force brute. Dampf parvient à remonter le niveau mais là encore sans réel coup de coeur. Les deux autres tracks du maxi sont quand à elle inintéressantes. Petite erreur donc, pas de quoi se tirer une balle dans le crâne non plus.

F.FWD (2003) : Derrière ces initiales mystérieuses se cache deux morceau bandant. Bandant dans le sens que le minimalisme a beau être poussé à son maximum je continue à me dire que ça envoie sévère jour après jour. Clairement orienté vers une Techno bien classique, F.FWD (titre éponyme) te plongera dans une transe de Raver pendant 7,30 minutes. Miles Away poursuit l’expérience et calme le jeu : produit sous MD (99% certain) ce titre est d’un barré sans égal. Content de voir que notre PK est de retour, surtout avec deux bombes comme celles ci.

Steinbeisser (2003) : Tu n’as pas le temps de te poser qu’un autre maxi pointe le bout de son nez. Pas des moindres d’ailleurs, on reste dans la tradition des deux titres et on garde le même niveau de production que F.FWD. Ah non attendez, on passe Mac 5 cette fois ci. Steinbesser surfe sur un délir quasi tribal saupoudré de pointes mélodiques jouissives. Les graves saturées font bientôt place à des kicks teigneux et à des petites pauses nécessaires pour se rétablir mentalement. Oui c’est efficace, oui tu passes ça à Neuilly passy on te prendra pour un tarré mais bordel ça déchire sa race ! Le pire c’est que ça continue avec Mundgucci. Derrière ce nom enfin prononçable (« Thanks Dutch ») se cache une petite bombe de speed, le genre de titre qui peu importe l’heure d’écoute te réveillera forcément et te poussera à allez clubber plus vite qu’un rat des champs. Il aura suffit d’un tout petit quart d’heure pour démontrer le talent de Paul Kalkbrenner.

Self (2004) : si il n’y a plus de bouffe on va à la Cafet’ ! Ok blague de merde, je sors. Plus sérieusement on est face au 3ième Lp du bonhomme donc on arrête de déconner et on se met à l’écoute. Tout le monde connait le célèbre et bon Dockyard donc je ne m’attarderais pas dessus. Je passe aussi les interludes de 2 minutes qui sont sympa mais pas très intéressantes à l’écoute casque. Je commence donc avec Page Three : on reconnait direct le style et ça sonne un peu à la Zeit. Bon point qui se poursuit avec Queer Follow, bouse sans nom qui ne mérite aucune description de ma part. Heureusement The Grounch arrive et on retrouve le sourire : retour vers la minimal et les graves bien hardcore que PK nous faisait il y a peu. Ah ça fait du bien tout d’un coup, on se prend une méchante claque mais on en redemande. C’est donc en absorbant ta dose que se lance Since 77. Plus reposant et entrainant que ça tu meures, les douces nappées mélodiques sont tout bonnement jouissives. Gros travail dans le mixage (ça se sent dès les premières secondes) et idée prodigieuse sont les crédos de ce titre. Marbles fait presque mal à tes tympans, les sonorités ont beau me rappeler Moby elles restent agressives (bien trop après l’expérience précédente). Le problème vient surtout (et a mon avis) de la tracklist qui est mal agencée, il aurait fallu placer le morceau en début d’album. Ah ah, on arrive enfin à Castanets, mystère total du sampling. Pourquoi je vous dit ça ? Et bien el padre et moi même avions un jour écouté une cassette de Dub qui comportait le sample en question sauf que par malheur aucun de nous deux n’a pris le temps de prendre note. Alors quand il s’agit de retrouver LE bon morceau sur 500 cassettes, « good luck and may the force be with you ». Ne tentez pas de chercher sur le net car j’ai déjà procédé à des fouilles industrielles et nul internaute n’a eu la patience de révélez le titre. Au delà de cette petite histoire fort sympathique Castanets est un très bon morceau, de la Minimal pure mais efficace. Je passe The Palisades et pour une fois je vous laisse écouter tout seul (et oui comme des grands).

Press On (2004) : Encore un maxi ?! Bordel il a une armée d’esclave sous ses ordres ou c’est moi qui bug ? Trève de plaisanterie, Kalkbrenner est un grand bosseur et prend du plaisir a enchainer les sorties. On retrouve le titre éponyme déjà présent sur Self. Surprise par contre avec John 3-21 : on reste dans le style du premier morceau mais cette fois on prend ça comme une belle invitation à bouger. Petite réussite donc, Bpitch Control a surement voulu se faire un peu de tunes par ci par là histoire d’arranger les fins de mois.

Tatü-Tata (2005) : déjà culte pour les fans de Kalkbrenner, ce maxi est un sans faute total. Vous me direz qu’avec deux morceaux c’est pas bien compliquer de réussis la mission. Et bien… Oui et non : Kalkbrenner innove non seulement avec Gebrunn Gebrunn tout comme il reste dans sa ligne directrice (et bien bonne) avec Tatü-Tata. Le premier titre est d’une puissance sans nom (quels kicks putin !) tandis que l’autre mise sur une montée presque dans le groove (oui oui écoutez bien les graves dans le fond). Point bonus, les vocales utilisés pour Gebrunn Gebrunn seront plus tard repris dans un des remix de Paulo (vous verrez dans une prochaine chronique).

Maximalive (2005) : POWAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!! Je vais être clair : mon live album préféré de techno, celui que j’écoute tout les jours sans jamais m’en lasser. Et ce qui me donne envie de péter une gueulante c’est que ce Lp (si on peut le qualifier comme ça) est totalement inconnu pour une majorité des fans de Paulo. Et oui, les hipsters auront toujours deux petits neurones pour suivre tout ce qui fait le « buzz ». Sérieusement je donnerais cher pour assister à un live de cette qualité : Kalkbrenner reprend ici tout ses plus grands morceaux (période Bpitch Control) et les mixes avec une aisance sans égal. Du pur talent de producteur allié à une prouesse de DJ. Composé de 3 parties (chacune d’elles comprenant environ 4/5 morceaux), ce Lp transformera ta piaule en rave party pendant une bonne heure, garantie illimité. On entend du Torching (« Ah ah, Yes Yes » sur des kicks bien fat), du Gigahertz, du Mundgucci, du Steinbesser, du F.FWD et pleins d’autres morceaux unreleased. Mais quel kiff quoi, on m’aurait donné ça à mes 10 ans j’aurais chialé de bonheur. L’une des meilleures voir LA meilleure sortie de Paul Kalkbrenner.

Reworks (2006) : album en version numérique, Maxi dans sa forme vinyle. Ici ce sont tout les potes à Paulo qui se lancent dans le remixage de ses productions. On a droit à tout les genres et c’est tant mieux car chacun y trouvera son compte. Outre Ellen Allien, Modselektor ou encore Agoria (et j’en passe) Kalkbrenner nous offre même un autoremix de Der Berserker (je préfère toute de même l’original). C’est un peu comme si toute la famille avait voulu rendre un hommage au mentor du label, au gas qui a propulsé Bpitch Control sur la scène Européenne de la Techno. Alors allume ton spliff et accorde toi une petite minute de silence en faveur de tout ce Crew de passionné.

Keule (2006) : Décidément la sortie de maxi à tout va est un des autres talent caché de PK. On se magne le cul de poser la galette sur la platine et c’est partis pour Keule. Chose rare dans sa carrière, Kalkbrenner use d’une panoplie de synthétiseur boosté a du 120 BPM. Etrange au premier abord, diablement jouissif après écoute approfondie. Atzepeng que vous connaissez surement (Berlin Calling bonjour !) marque un petit tournant dans le style de l’Allemand. On sent que la force brute de ses précédentes sorties fait peu à peu place à des lignes mélodiques plus intenses. Bonne ou mauvaise chose, à vous de voir ! Freund Blase arrive à la fin de la galette (vinyle si vous ne comprenez pas) : a moitié surpris, le titre ne se hisse pas dans les espérances tant attendues. Demie succès qui se rapproche du sans faute, Keule (le maxi hein) est un bon trip qui annonce de grandes choses.

Altes Kamufel (2007) : Maxi sorti avant Berlin Calling, on retrouve le maintenant célèbre Altes Kamufel mais cette fois en version longue. Autre point important, la présence d’Icl Muss Aus Dit Milieu Heraus (oui je sais c’est totalement imprononçable, surtout pour un breton). Belle surprise pour l’occasion, ce morceau de 7 minutes s’écoute avec plaisir. On se croirait même en plein festoch’ de Transe lorsque les mélodies débarquent. Encore un de ses Maxi qui rentre dans la catégorie du sans faute.

Camping 02 (2007) : Cette fois on a droit à un jolie Single. Der Senat s’enclenche et démarre tout doucement. Baignée dans la minimale, cette track surprend plutôt au premier abord. C’est éloigné du style de Kalkbrenner, on pourrait certes faire un léger rapprochement entre les sonorités mécaniques de Mundgucci mais ça en reste là. 6 minutes d’ascension électroniques dans elle plus grand calme et la plus grande finesse. Chapeau l’artiste.

Berlin Calling (2008) : Je dirais que 99% des personnes de mon âge (18 ans en clair) connaissent Kalkbrenner avec cet album/OST. Ce doux mélange de morceaux déjà connus (Castanets, Queer Follow, etc…) et d’inédits (Train, QSA, Bengang, Torted, Absynthe) dégage un putin de souffle jouissif. C’est varié et après avoir vu le film ça colle parfaitement aux scènes en questions. Que ce soit avec Revolte ou notre Paulo (alias ickarus) pète un énorme câble ou Torted quand sa copine et une de ses amies se tapent gros trip en boite, tout y passe. Clairement une des meilleures OST électroniques de la décennie, Berlin Calling est très vite devenu le symbole d’un Berlin paradisiaque et d’une Allemagne porté vers la Techno. Et bon dieu que ça fait du bien ! Qui n’a pas chantonné les lyrics de Sky and Sand ?! Qui n’a jamais écouté le moindre morceau de cette OST ?! Petite piqure de rappel, l’album est disponible en version numérique (logique quoi) mais aussi en Vinyl (3 maxis vendus séparément de mémoire).

Bingo Bongo (2008) : accrocheur comme nom tu me diras. La première track éponyme rentre dans cette idée de « tu mixe n’importe quoi et ça donne du n’importe quoi ». Un peu comme si tu déballais une groovebox et que tu te lançais dans un paquet d’expérimentation. Schwere Ware tape quand à elle dans le dark : graves et mélodies acides sont les deux piliers du morceau. Enorme tube pour after selon moi, ce deuxième titre est injustement méconnu du grand public.

Icke Wieder (2011) : Détesté par une masse de fan en délire, ce 5ième album est un cas à part dans la discographie de Paul Kalkbrenner. Non pas qu’il soit forcément brouillon, loin de là d’ailleurs, ce Lp comporte pourtant son lot de surprise : Böxing Leise, Gutes Nitzwerk ou encore Kleines Bubu sont de très bon titres par exemple. Malheureusement il y a aussi tout un lot d’erreur : Des Stabes Reuse ou Jestrüpp sont proche de l’hérésie si l’on se fie à la carrière prospère de l’allemand. Album « moyen », Icke Wieder trouvera ses partisans chez les nouveaux venus dans la Techno : c’est un bon moyen pour rentrer dans la sphère électronique en douceur. Je décerne toutefois un point bonus pour Der Breuzen et la claque que le morceau envoie.

Guten Tag (2012) : Ici l’ami je t’invite à jeter un oeil sur ma précédente chronique. Allez, c’est détaillé et tu trouveras sans doute les réponses à tes questions. Clique ici

Voili voilou, cette chronique sur la carrière de Paul Kalkbrenner s’achève ici. Je suis bien conscient que j’ai oublié pas mal de choses : entre les remixes et les inédits de A Live Documentary ça fait un paquet de truc. Mais croyez moi une autre chronique sera nécessaire afin d’en parler convenablement. J’espère avoir éclairé une partie d’entre vous sur cet artiste talentueux qu’est PK. Je remercie aussi les gens qui prennent le temps de ripper leurs vinyles pour ensuite les poster sur youtube (et ce gratuitement). Ces personnes là sont vitales pour analyser la carrière de tel ou tel personne dans la Techno. Sur ce fête bien ça l’ami, dis toi que tu trouvera forcément ton bonheur dans cette masse de maxi/Lp/OST/single 😉

Mind 80 #5

Il est temps de faire péter la 5ième sélection, ça fait déjà un petit moment que je n’ai pas entretenu le blog. Il y aura donc du choix ce mois ci même si bien sur on reste sur la ligne de la minimal/techno bien causy. Alors fais chauffer l’ampli ou ton bon vieux casque histoire de te préparer à la petite heure de son qui va suivre.

 

Nu restait, reste et restera une valeur sure au niveau de la Minimal/Ambient de luxe : point d’ajout pompeux, ici la carte de la simplicité est tirée dès les première secondes. Entre des graves savamment maitrisées, des vocales recherchées et surtout un talent pour nous dégotter des airs bien planant, ce jeune producteur s’attire de nombreuses amitiés. La relation qu’il entretient avec Acid Pauli est sans aucun doute vouée à un très long futur comme le témoigne ce remix de We Love The Sun.

Le nom de Jurgen Paape m’étant encore inconnu jusqu’à la semaine dernière. Derrière celui ci se cache pourtant un des cofondateurs de Kompakt Records, véritable industrie de la techno à Cologne. Le gugus se fait bien discret, ses sorties étant généralement bien espacées et sa publicité quasi absente mais bon dieu qu’il est doué ! So Weit Wie Noch Nie n’est qu’un exemple dans son palmarès.

Rabbits In A Hurry ? Oui oui l’ami on est face au coté psyché de notre cher Superpitcher et même si son rôle dans les Pachanga Boys tend à l’écarter de sa carrière solo l’allemand restait à l’époque un producteur de renom. Rassurez vous le splendide n’a rien perdu, bien au contraire il a gagné en expérience avec le temps mais c’est tout de même avec une petite pointe de nostalgie que je réécoute ses productions d’antan.

Nina Kraviz, la belle russe qui au lieu de choisir le mannequinat a préféré se lancer dans la voix du caisson et de la fiesta. Vaste énigme que d’analyser cette décision, toutefois elle a bien eu raison : ses productions regorgent d’une ambiance a te foutre en transe en seulement 5 minutes chrono. Les vocals en boucle sur toutes les séries de kicks bien minimalistes ne peuvent que te faire bouger l’ami, Desire a bien été conçue pour ça.

JM Jackmaster est à ce jour un des plus dévoué et fervent défenseur des vieux tubes perdus ou en manque de popularité. Attention je parle bien de morceaux qui ont eu leur gloire dans les 80’s ou 90’s allant de la techno à l’Acide House. Histoire de passer du bon temps le gas nous réédite/remixe quotidiennement un tas de productions et les pose sur son soundcloud, le tout gratuitement et sans réclamer la moindre récompense. If You Will,Why Don’t You ? est une petite bombe de puissance, le genre de son à te propulser une masse en délire sur les hautes strates du 7ième ciel.

On continue par……. Bon bref il y a bien des moments ou la description rapide me casse la tête donc pose ton casque et écoute tout simplement, ça tape dans le reposant et tu vas pouvoir allez te faire un petit somme tranquille (un peu de green et t’es partis pour la nuit).

La phase Minimal/techno de passée il est temps de faire place à des rythmes un peu plus cool : non seulement ça va ta soulager ton petit crâne en bouillie (substances mystérieuses tu me tient) mais aussi tes jambes carrément brisées. This Time, véritable hymne à la détente entre pote s’impose comme une petit must à l’approche de Nöel : soirée de retrouvailles pour certains, moment de repos pour d’autres, peu importe les scénarios Vanilla nous a livré ici une petite perle de cool-attitude.

Gramatik est un artiste honnête : pirater pour lui ce n’est pas mal, au contraire c’est amener à découvrir et à toujours allez plus loin. Que les plus fourbes d’entres vous qui sont déjà sur les sites de torrent ne s’étonnent pas, l’artiste à lui même posté sa discographie gratuitement. Petit retour sur Tearin’ It Up qui reste pour moi un de ses plus gros hit.

Que dieu remercie Shazam pour l’aide que cette petite merveille a pu m’apporté : el padre a un jour dégotté une petite bombe d’Electro-Dub sur l’une de ses radios. Seul hic au tableau : l’artiste qui restait dans le domaine du mystère. C’est là ou mister Shazam intervient et m’économise des heures de recherches infructueuses sur le net. Lightning Head – Stilla Move, telles sont les infos que tu dois retenir l’ami parce qu’il est temps de se quitter !