Étiquette : Starling Black Mabel

Mind 80 #19 « Peregrination d’un joyeux luron « 

Le guerrier silencieux

Cette 19ième playlist sort un peu des sentiers battus : les amateurs de Techno en sortiront peut être ravis, d’autres auront reconnus certains « comportements » typiques des soirées du genre, bref l’heure est à l’humour. Il y a en grande majorité de belles pépites de Techno qui m’ont durablement marqués cette année mais la fin de playlist comporte aussi quelques sons plus soft et plus accessible pour le commun des mortels. Libre à vous de suivre la petite histoire inventée par mes soins, ça n’est qu’un petit accompagnement destiné à vous donner le sourire. Bonne écoute !

Le label anglais Digital Tsunami regorge déjà de bonnes pépites mais la surprise fut totale avec le mix de ce cher An-I. Pour les plus curieux celui derrière cet alias n’est autre que Lee Douglas, un génie touche à tout capable de déchainer les septs enfer avec la montagne de matos à sa disposition. Ça se ressent particulièrement sur ce mix d’ailleurs, la touche analogue fera toujours des putins de merveilles.  Si tu es à la recherche de sonorités qui oscillent entre le punk, la new beat (5% pour être précis), la techno et un soupçon d’électro-clash (pardi!) tu es entre de bonnes mains. Mention spéciale pour la track à 22min et son groove galactique !

SITUATION : 21h23, bide remplis de pattes carbo’ cuisinée à l’arrache 38minutes avant, sourire en coin qui démontre ton envie pressante d’allez te prendre un demie au bar, un désir exaucé après 1minute14 d’attente parce que Melissa (17ans, blogueuse mode, hipster kékoide superficielle) draguait le serveur dans l’objectif de nouer un contact professionnel (sexu….). Tu gardes cependant foi en l’humanité et décide de continuer à danser.

 

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Toute en puissance. 14anger & Dep Affec nous avaient déjà habitués à des sorties méchamment vénère de chez vénère. Ils récidivent ici avec ce qui pourrait s’apparenter à « l’OST d’une 3ième guerre mondiale en 2034 » : littéralement Eye Trap a tout le potentiel pour transformer une foule de Techos en joyeux lurons tous plus déchainés les uns que les autres. Et c’est justement ça le délire.

SITUATION : 22h56, 1 bon stick et 3 bières t’ont mis dans un début de zion plutôt agréable, soudain le tonnerre retentit quand un mur de grave s’éclate en plein dans ta tronche. Plusieurs aventuriers comme toi hésiteront dans l’attitude à employer :

  1. Foncer comme un déluré (à savoir danser comme un joyeux primate bloqué dans le groove mais complètement furieux, vu de l’extérieur personne ne comprendra mais vu de l’intérieur c’est la guerre psychique totale)
  2. Demander le 50/50 (tu alterneras entre micro-sessions furieuses et descente de ta pinte en vitesse subliminique, et oui il faut tout de même garder son image un minimum préservée dans ces moments de chaos et tu as très soif. Tellement soif que tu te décides à emmerder tout le monde en te ramenant au premier rang et, au passage, en renversant la moitié de ta pinte sur d’innocentes petits âmes. Voici Ryan, petit con en école de commerce prêt à tout pour montrer qu’être ravagé c’est encore mieux quand tu fais le bon enculé)
  3. Jouer au « squatteur de tabouret » (beh oui tu vois tu as galère 17minutes pour pouvoir reposer tes pattes et tu commences à découvrir la faune et la flore du bar, peut être qu’il y a moyen de procrastiner sait on jamais, en plus les shots ne sont qu’à 7euros c’est pas cher, c’est pas comme si il y avait 500 personnes dans la boite et que tu faisais chier à bloquer le passage. Doux connard.)
  4. Tu y vas timidement (Jean Christophe, bouge ses bras dans un petit mimick sympathique mais tente avant tout de chercher une présence féminine, eh oui Jean Christophe pense avec sa bite et n’en a rien à carrer de la Techno, c’est un con tout simplement. Un con qui se donne un genre mais un con)
  5. Tu cries de joie (tu gueules des « allez la » qui emmerdent tout le monde, méritent une grosse paire de claque et surtout font perdre foi en l’humanité. 4h après le Kevin ayant choisis cette option sera raide mort, même plus capable de danser et réduit à l’état d’une loque déshydratée. Repensez à Frodon qui épargne Gollum et vous comprendrez la situation, la pitié l’emportera toujours)
  6. Tu continues ton chemin (« eh eh cé ti que cé aussi simple »)

 

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Prenez Moby, souvenez vous que le mec a pondu l’un des plus bel album de Trip Hop qui existe, qu’il a récidivé par la suite et s’est forgé une carrière ô combien gigantesque. Pour beaucoup on l’imagine comme un mec plutôt cool, le genre de gars posé en studio, un bon spliff au bec et une innovation débordante. Sauf que voyez vous le gugus avait déjà fait ses faits d’armes dans la Techno depuis bien longtemps : preuve en est l’un des morceaux les plus givrés que j’ai pu écouter dans le domaine n’est autre que son excellent Thousand (check du padre). Un classique que Perc a subtilement repris en apportant sa petite touche.

SITUATION : 00h23, tu es raide mort et vainement conscient mais tu est dans un kiff auditif des plus total. La soirée n’en est encore qu’à ses prémices ce qui te donnes une joie de fou, un oublie total de l’existence de cours le lendemain (ouh le vilain TD) et surtout une envie de faire la fiesta comme un joyeux petit fou. Continue aventurier, ton chemin est loin d’être terminé.

Leçon de mathématique : 1993 -> (HARDCORE TECHNO+ MOBY) +  (PERC -> EDIT) = CAISSONS EN MIETTES/FOULE EN DÉLIRE.

 

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C’est fou de voir que 5 ans après Renart continue de foutre de grandes paires de claques aux plus grands. Son remix de The Dead Mantra a cette fois ci explosé les compteurs : je ne sais pas si on peut parler de Techno ou de Hardcore, le son du goupil a assurément une ambiance à part dans le paysage de la musique électronique actuelle. Voyez la track comme un voyage galactique à vitesse lumière : extrêmement brutal, fondamentalement intriguant, la mention spéciale revient aux notes stridentes en fin de morceau, la cerise sur le gâteau qui te fait comprendre que tu n’écoutes pas n’importe quoi.

SITUATION : 3h36, Jean Christophe désespère mais persévère, Ryan et Kevin sont tout deux dans le chaos mental tandis que la 3ième vague de « squatteurs de tabourets » s’est décidée à allez danser « à la lounge » sur du gros son. Melissa a fait d’incroyables photos de l’Event et est fier d’être allez en backstage (votre imagination fera le reste). La situation est paradoxalement délire : d’un côté les quelques vétérans encore présents, de l’autre les nouveaux venus assez déroutés par le choc émotionnel et l’ambiance surréaliste des lieux. Mais c’est pas grave, tout le monde s’éclate et dans l’ensemble c’est un peu l’apothéose de la soirée.

 

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Si vous avez écoutez un à un les sons précédents avec une bonne sono’ alors vos tympans vous remercient. Partons vers quelque chose de plus soft, de plus aérien : « coucou la trance ». Hallucinogen (pas les champis, l’artiste) est l’un des piliers du genre, les connaisseurs reconnaitront d’emblée ses productions. Pourquoi cette track ?  Parce que Starling Black Mabel est étonnamment minimaliste mais tout aussi entrainante et fun. Pas de réflexion, tout est dans l’intuition.

SITUATION : 4h47, gueule enfarinée mais toujours dans le groove, tu demandes une mi-temps mais tes potes te font signe qu’ils préfèrent largement s’enquiller leur dernier stick avant de bouger chez Sylvain, une connaissance hétéroclite qui promet du gros son et une fin de soirée prometteuse. Aventurier sois vigilant, les autres « Concreteux et Techoide » sont à proscrire tout comme les afters à l’autre bout de la ville (tes jambes ont déjà souffert). A part ça un léger vent de fatigue t’envahis et tu observes les requins tourner autour de Cindy (20ans, étudiante en Psycho polyvalente et pleine d’énergie). Tu comprend le petit manège en jeux, souris, puis continue ton chemin.

 

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Encore lui ! J’insiste checker le sur Discogs voir ma chronique précédente (ici). Toujours dans des sonorités trances.

SITUATION : 5h22, Bob arbore son stick dans une longue conversation sur les dérives politiques du couple Balkany. Pendant ce temps tu phase sur la playlist youtube lancée par Sylvain (25ans, DJ et producteur de Trance, N°2765 sur la liste nationale des « gars sympa mais bien trop dans leur délire »). Le gang des requins s’est considérablement réduit, passant de 5 congénères à seulement 2. Les perdants descendent une bière en guise de consolation, les gagnants eux choisissent de redoubler d’effort dans la bataille finale. Tu es bien, terriblement bien et tu commences à lorgner le canapé. Ton ventre t’appelle, le détour au macdonald du coin commence à germer dans ton esprit. Tu lances l’appel à Steven qui lui aussi est à la recherche d’un casse dalle rapide. Bonne résolution.

 

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Alias résolument perché (les Borgs doivent y être pour quelque chose) Gnork va te transporter sur un doux petit nuage de fraicheur. Mêlant une bonne recette à l’ancienne avec des sonorités plus synthétiques Lose Control porte à merveille son nom. Envolée auditive, voilà les qualificatifs de cette petite pépite.

SITUATION : 6h26, ton ventre est repue et tu es sur le chemin du retour. Tes potes sont repartis à pied ou pour les plus chanceux en metro/tram/bus. Tu as quitté l’after depuis 41minutes et la fatigue t’envahis pleinement, minute par minute. Bob s’était endormis, Cindy avait décliné l’offre de Steven (qui déçu, avait décidé de rentrer lui aussi). Sylvain avait mis un terme à la soirée 23minutes après ton départ en raison des voisins qui faisaient chier la planète. Tu observes les quelques vétérans sur leurs chemins de retour respectifs. Tu décides de mettre tes écouteurs pour passer le temps, qui sait tu auras peut être l’âme d’un philosophe en marchant dans cette ville que tu connais tant. L’ambiance est surréaliste : pleinement déphasé du monde réel tu regardes les lieux se réveiller progressivement. Tu atteints ton appart’, te brosse les dents et sombre dans les bras de morphé en 2minutes. Ton parcours, ô grand aventurier, prend fin. Une autre épreuve t’attend pourtant le lendemain.