Étiquette : Tool

Lohhof – Untitled

Lohhof - Untitled

Amateur de House à sonorités « d’époque » vous serez charmés, j’ai là une belle pépite à vous faire écouter, qui sait peut être que ce petit maxis vous retournera l’esprit comme cela a été le cas pour moi. Aux manettes de l’EP, Lohhof, un parfait inconnu qui je suppose doit avoir des racines Allemandes (si l’on se base sur le pays de provenance des galettes). Mais là n’est pas la question, l’artiste a une place mais comme vous le savez si bien le paysage de la musique électronique dite « underground » ne s’attarde pas autant sur la personnalité du mec dans le studio. Non le plus important dans l’histoire c’est bien les 5 morceaux présent sur la galette de base. Encore tout frais (sortis je le rappelle en Février 2015) l’EP suit la continuité d’une bonne ambiance organique que l’on peut retrouver sur bon nombres de producteurs anonymes à l’heure actuelle (tel Traumprinz, DJ Metatron, les nombreux Unknown Artist et j’en passe…). Je viens de vous résumer très rapidement l’esprit du maxis mais la libre interprétation est encore de mèche, ce sera à vous de vous bouger les neurones pour capter l’ambiance de l’oeuvre. Pas besoin non plus de s’attarder sur le label, j’ai nommé Woodwork : encore tout jeune, l’EP du jour en est sa première sortie et fort heureusement la structure marque un sacré tour de force en la matière.

Le premier morceau, Algentee, pose les bases d’une House tout en rondeur : que ce soit les kick, les nappes mélodiques en arrière plan ou même les timides graves, tout les éléments s’immiscent en douceur et mettent en place une ambiance ô combien planante, « Sweet » comme dirais les anglais. Ce n’est qu’à l’arrivée de la première boucle rythmique que la sauce prend toute sa saveur : la douceur de l’intro cède la place à un mélange innovant et agréable à entendre, ça ne choque pas mais ça accompagne le contexte de base tout en douceur. D’ailleurs cette impression s’accentue considérablement dans le titre suivant, Vaulty By Nature. Malgré une base rythmique plus acide et frappeuse, l’engouement de l’artiste pour les boucles organiques donne au titre une chaleur mais dans le même temps une certaine froideur non déplaisante. Ce parcours entre les deux pôles est l’un des éléments clé des compositions de Lohhof : délivrer une House qui a le mérite de ne pas prendre parti et oscille délibérément entre sentiments ambivalents tout au long de l’écoute. La suite démontre d’ailleurs à merveille cet argument : le généralissime Midway Moodswings est tout simplement l’un des morceaux les plus inventif que j’ai pu trouver sur la toile ces derniers temps. Le mur de graves associé à la boucle rythmique (Roland avec ses Groovebox n’est pas loin) laisse d’abord l’auditeur sur un sentiment plutôt dark mais c’est sans compter l’arrivée (ou plutôt le retour) des si belles nappes mélodiques dont Lohhof a le secret. Le résultat est aérien, libérateur et procure juste une claque des plus totale si le contexte y est. Associé à un rendu visuel qui lui correspond, ce titre est capable de procurer une multitude de sentiments si la foule tente de s’immerger un tant soit peu dans l’ambiance. Voilà donc un titre à fort potentiel si vous voulez « ambiancer » votre soirée sans non plus choquer les non initiés. La suite s’amorce cependant avec Midway Moodswings (Terekke Remix) : l’auteur du remix, Terekke, est lui aussi en orbite autour de la House organique dont je vous parlais ci dessus (coup d’oeil sur Discogs recommandé). Le mix des deux univers des artistes respectifs donne lieu à un mélange encore plus accentué : oubliez le gros kick de l’original et remplacez le par des graves bien imposantes. Garder les nappes mélodiques mais mettez en second plan la partie rythmique. Je dis ça mais croyez moi ces petits détails et changements donnent naissance à une base solide, plus imposante certes mais tout autant réussie sur le plan qualitatif. Littéralement si le coup de coeur vous prend aux tripes comme cela a été le cas pour moi vous vous réjouirez à l’écoute du dernier titre, Happy Times. Le minimalisme dépouillé est la règle qui guide ce morceau pour conclure le maxis. Les DJ verront d’ailleurs en ces 6minutes de House un formidable Tool (titre qui sert à poser une base rythmique pour ensuite tranquillement enchainer sur un autre morceau). Un peu comme le nombre de marches dans votre escalier, Lohhof prend un plaisir à faire monter la sauce tout en douceur pour arriver un final dépouillé mais qui satisfera vos petites oreilles. A haut niveau d’écoute les impressions n’en seront que renforcés, c’est un petit conseil je vous conseille d’abord une écoute passive avant d’enchaîner sur l’analytique, dans ce genre de sortie l’esprit passe avant la technique et vous n’en serez que plus satisfait sur long terme.

Pour les plus flemmard qui n’auront pas lu la totalité de cette chronique, je vous résume l’oeuvre en quelques mots clés : écoute passive, sentiment de chill, House d’ambiance, pas de partis pris, voilà dans les grandes lignes ce à quoi vous devez vous attendre au moment de lancer la galette. Croyez moi je ne regrette pas la découverte, j’espère que cet anonyme Lohhof sortira de sa tanière pour nous délivrer des sorties dans le même esprit !

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Mind 80 #13

Bud Le Vénérable

Il était temps que je sorte cette satané playlist les amis, il était grand temps. Au programme pas mal de Tech’ triée sur le volet, on ne change pas la recette gagnante après tout. Il y a beaucoup de choses que j’aurait pu rajouter dans le même temps mais je garde quelques surprises pour la suite de l’année, on est pas pressé !

Randomer était déjà présent dans ma bibliothèque depuis quelques temps mais malheur à moi j’avais oublié son excellent titre « Stupid Thing I Do ». Je me rattrape donc, mon meilleur pote m’a relancé sur le sujet et c’est ainsi que ce monstre de Techno à la Old School se retrouve en tête de cette 11ième playlist. Ta mission : encaisser les kicks bien fat de ce tube en puissance, Randomer a sorti les grosses machines pour l’occasion !

 

Toute personne qui suit un tant soit peu les Boiler Room ou autres events du paysage de l’Underground de la Techno ont entendu ce bon vieux « Model 1 » de Truncate. Utilisé par pas mal de vieux squales pour raviver les DJ Sets, cette track reste sobre et puissante et fait office de Tool parfait pour renchainer dans ton mix. Une recette classique certes mais qui dont on ne s’en lasse pas.

 

Ah ah passons maintenant à la vitesse supérieure avec cet énormissime « Corp » de Markus Suckut. Déjà entendu (et longtemps introuvable) dans la Boiler Room du paternaliste Len Faki, l’effet qui se dégage de ces 7minutes de Techno à l’Allemande est tout bonnement hallucinant. Tu te retrouves pris dans les rouages d’une machinerie prête à tout faire péter à coup de graves furieuses. Sur un bon système et à un niveau correct tu vas t’en prendre PLEIN LA TÊTE !

 

Mark Broom a des hauts et des bas en tant que producteur mais il faut lui reconnaitre une certaine ingéniosité non déplaisante. La preuve en 5minutes avec « Nucleus » : Ben Klock est lui aussi tombé sous le charmes de ces graves si caractéristiques et a pour habitude de la passer dans pas mal de ses Sets. Sans être trop agressive, cette track a l’intérêt de relancer la fête un bon coup et de motiver les troupes sur la piste. Yeah man, je perçois un semblant de Groove.

 

Finis de rigoler, l’heure est venu d’inclure une petite track de Virgil Enzinger et de son pote Submerge. « Eternal Flame » comme elle se nomme rassemble deux versants pourtant opposé : une Dark Techno puissante et à un rythme frappeur avec de l’autre côté une touche orientale non déplaisante. Pour le coup cette track te mettra directement dans l’ambiance et te lancera peut être sur les vagues de la Dark Techno, domaine vaste et remplie de tube en puissance…

 

Petite pause émotion l’ami, l’heure est venue de se poser dans ton canapé et de t’écouter « Crystal City » de Jackson Ryland. Prend le côté contemplatif de Moonin, rajoutes y un zeste de House à l’ancienne et une rythmique vraiment décente et te voilà devant un véritable petit trip auditif. Du très très bon boulot, Jackson Ryland a réussi son paris de nous transporter dans une cité futuriste en douceur.

 

Les titres de Tech House qui sortent du lot sont plutôt rares mais j’ai réussis à dégotter une petite merveille : « Roach Hotel » de Pele & Shawnecy. Inconnus à mes oreilles, ces deux gars m’ont foutu une sacré claque rythmique dans la tête. L’ambiance du titre est travaillée, la page rythmique excellente et entrainante à n’importe qu’elle heure, bref de quoi te lancer sur les starting block de la soirée l’ami !

 

Je vais faire un petit hommage au magnifique « Never Grow Old » de Floorplan (aka Robert Hood, l’un des Padre de Detroit). La touche mélodique qu’il maitrise si bien s’allie avec élégance avec la voix d’Aretha Franklin, preuve en est la track s’est déjà classé dans le top de la Tech de cette année 2014. De temps en temps une petite leçon par un grand maître du milieu ça ne fait pas de mal !

 

Ah quel plaisir j’ai pris à l’écoute de « A Ground Without a Figure ». Shuttle358 m’était pourtant totalement inconnu (et un peu trop obscur) mais je dois reconnaitre que j’ai été transporté pendant ces courtes 4 minutes. Le message est on ne peut plus simple : fait le point sur ton année, réfléchis à la suite mais ne renie pas ton passé. Gros gros merci Shuttle358 pour cette track contemplative.

 

PAUSE. S’il y a bien une énorme révélation pour l’année 2014 c’est DJ Metatron qui reçoit la palme d’or avec sa dernière sortie « U’ll Be The King Of The Stars ». Subjugué, voilà le mot pour décrire ma réaction lors de la première écoute de ses productions. Entre un travail d’orfèvre sur le mixage de ses titres, une ambiance vraiment à part dans le paysage des sorties électroniques de cette année, DJ Metatron est LE génie du même rang que Renart, un expérimentateur de haute volée qui donne le sourire après écoute. Avec « Oh Ah » et ses plus de 8minutes d’envolées, tu tombera sous le charme l’ami !