Mois : février 2013

Sunya Beat – Comin’ Soon

Comin' Soon

Peu d’entre vous ont du entendre parler de Sunya Beat. Très peu, une infinité même, et c’est bien normal car le groupe Allemand ne joue pas la carte de la communication : site du label à l’abandon, pressage ultra limité et j’en passe… On peut seulement les trouver sur Amazon en numérique ou sur Discogs pour la version vinyl. Je suis passé par ce dernier personnellement et je vais tenter de vous expliquer pourquoi. Tout d’abord l’histoire remonte au padre qui avait fait un enregistrement d’une radio Allemande sur le net. Sur la tracklist, Am Anfang, un des titres de Comin’ Soon. On a tout les deux été allumé par ce son : mélange subtil de sonorités indiennes et du psyché/Krautrock Allemand, ça a été le coup de foudre. Je me suis donc vite décidé à en savoir un peu plus, mais là je suis tombé sur une impasse : aucun moyen de télécharger l’album (mis à part Amazon mais mes tunes étaient au plus bas), aucune communication comme j’ai pu le marquer précédemment, enfin en bref un mur, un peu comme celui de Berlin pendant la guerre froide. Jusqu’à ce que noël arrive, et par la même occasion les rentrées d’argent : aucune hésitation, je commande la galette sur Discogs. Risqué, au pris de 30 euros il y a intérêt que l’investissement soit bon. Quelque jour plus tard, le colis arrive. Déballage fait, je m’empresse de lancer la platine pour deguster tout ça.

Je retombe donc sur Am Anfang, première piste de l’album. La magie opère toujours, je retrouve cette merveille psychédélique Indienne mais cette fois avec la qualité du vinyle. 4 minutes de plaisir, peut être trop court à mon avis tellement le guitariste en jette (non mais vraiment, le gas utilise à la perfection la pédale Ouah Ouah). Bref, monstrueux, du psychédélique comme on en voit plus depuis très longtemps (de mémoire j’ai pris la même claque uniquement avec les Floyd et Tame Impala, c’est dire !).

Ca continue avec Bond’s Off, un remix du thème de James Bond par les 3 Allemands  : là encore les sonorités indiennes (les percussions par exemple) se mélangent admirablement avec la marque Krautrock (distorsions à gogo, effets de réverb’ et j’en passe). Le célèbre riff de guitare accompagne le tout, s’atténuant à des moments pour revenir faire trembler l’auditeur. L’idée au départ semblait loufoque mais le résultat en jette, ce mélange de genres  relève juste du génie, une autre pépite !

Lys trois se démarque justement des deux précédentes pistes : on pense même à du Santana tellement le rythme et la guitare semblent similaire. Pourtant, on reconnait très vite la patte Sunya Beat, ne serait ce qu’avec l’apparition de riffs endiablés vers les 6,30 minutes du morceau. Parce que oui, ça monte en puissance petit à petit pour atteindre une apogée bandante. 10 minutes de pied total, l’hymne à la détente par excellence quoi. 3 ième pépite au tableau, ça relève du miracle !

Le sourire aux lèvres, j’attaque la suite avec Sierra nostra. L’introduction de 2 minutes laisse très vite place à une batterie endiablée, là encore accompagnée « Indiennement » de la fameuse guitare. Ca « groove » presque, j’en reste étonné d’ailleurs sur le moment. Mais c’était sans compter le savoir faire Allemand : une pause de plus de 2 minute plonge l’auditeur dans une transe, sur fonds de vocals obscurs et luminescents. Ca repart cependant très rapidement avec le batteur qui remet le rythme et un guitariste qui nous délivre un magnifique solos . Ok, Sunya Beat se place déjà dans le top des découvertes 2012.

Landmarke 3 continue dans la lignée du morceau précédent, cette fois en version 15 minutes. Plus structurée, on pense tout de suite à de l’Ambient. Rythme posé, légère guitare en fond, percussions encore une fois Indienne, le fait d’avoir composé ce morceau peut demeurer un mystère au départ, mais à mon avis l’aspect scénique accompagné d’une bonne dose de ganja peut donner la réponse. Au final, cette ballade planante peut se traduire par une très longue interlude, ce qui est à mon avis un très bon choix étant donné ce qui va suivre.

C’est donc en étant arrivé au milieu du Lp que je reste sur le cul devant une telle claque : comment ces mecs là peuvent continuer à rester dans l’ombre alors qu’ils réalisent sans doute un des meilleur album de Krautrock de la décennie ? Vaste question l’amis,  je crois avoir ma petite idée là dessus : le plaisir est leur mot d’ordre, l’argent ne les intéresse pas et ils préfèrent marcher en Live plutôt qu’en vente d’album. Vrai ou faux, à chacun d’interpréter, mais devant un tel génie c’est l’hypothèse la plus probable.

Mais trève de bavardages, on reprend la suite des évènements. Skies Unlimited débarque et le moins que l’on puisse dire c’est que le morceau voit haut : la guitare prend ainsi un rôle secondaire voir même mélodique au début, la percussion quand à elle ne bouge pas tout du long (tout en restant très Indienne dans l’idée). Ce sont au final les distorsions et autres reverberations qui sont justes jouissives. Totalement planant,on a droit ici un morceau sans étiquettes, mélant comme ils savent si bien le faire différents courants (je pense à la Dub ou l’Ambient). Enorme merci, voilà ce que tu devras dire l’amis.

Mais la jouissance ultime dans cet album, c’est Delhi Slide. Je classerais aisément ce morceau dans le panthéon de la musique. C’est divin dans l’idée, jouissif à l’écoute, et bandant quand on y repense. La montée en puissance des précédents morceaux revient encore une fois mais pas du tout dans le même état d’esprit : Delhi Slide se savoure seulement après des dizaines voir des centaines de lectures. La guitare qui est toujours dans le même accordement que le reste de l’album passe ainsi pour un vocal : la finesse des notes surprend, le Lp étant tiré d’un live et n’autorisant donc aucune retouches ou travail de Post-Production. Ce travail colossal porte ainsi ses fruits sur cet aspect là, l’album ne pouvant être pleinement savouré qu’en live tellement l’ambiance qui s’en dégage semble magnifique. Dans le même genre que les Pachanga Boys avec Time, Sunya Beat délivre la même claque avec Delhi Slide. Encore !

Gamma Weg sort de cet esprit par contre, ne serait ce que pour les percussions. Les traditionnelles font ainsi place aux numériques, le morceau en perd ainsi toute crédibilité même si l’on parvient à entendre de temps à autres la patte Sunya Beat. Gorgée d’idée mais quasi-vide dans la forme, je me dit que le groupe aurait pu se passer de ce morceau.

Herzberg Anthem est dans une situation diamétralement opposé : séparée en deux parties, la première aborde un coté groovy, reposant même. La seconde quand à elle part dans le trash, la saturation et les notes aigues poussées au maximum. Cette opposition coupe littéralement le morceau en deux. C’est fourbement bizarre au début, mais après multiples réécoutes on s’y prend.

Enfin pour Voodoo Chile (titre exclusif à la version Vinyle) c’est le déferlement total. Reprise de Jimi Hendrix dans le riff de guitare devenu maintenant mythique, tout le reste est passé à la trappe et a été remplacé par les inspirations de Sunya Beat. On se retrouve donc avec un titre à part entière, un remix unique qui change les idées reçues à propos des trop nombreuses reprises dans le monde du rock et du psyché. Seul la batterie et la guitare figureront parmi les points communs envers la star des 60’s. Mais c’est tellement bon qu’on en oublie que c’est la fin de Comin’ Soon. Fin d’un album injustement méconnu pourront dire certains, mais dans un sens je suis content qu’ils restent dans cette forme d’anonymat scénique : ça leur plait, c’est leur expérience et ils en tirent un putin de plaisir en live. Que demander de plus si ce n’est multiplier leurs apparitions en Europe tellement on en bave à l’écoute ! Allez l’amis, c’est la fin de cette chronique, garde en mémoire que c’est un des meilleurs albums psychédélique que tu puisses écouter dans ta vie et que si tu veut en profiter pleinement il faudra passer par le Vinyl.

Allez, pour que t’en profites directement et en un seul clic j’ai rippé ma version vinyle pour la mettre sur youtube. Tu as juste a cliquer sur play et hop tout l’album va s’enchainer 😉 (Elle est pas belle  la vie l’amis !)

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Confetti’s – The Sound Of C

Aujourd’hui ça va être la carte du barré et pour ça il y a Confetti’s. Originaire de la Belgique, le groupe a inventé ce qu’on appelle dans le jargon musical la New Beat à savoir un style novateur qui a fait un terrible succès dans les 90’s. The Sound Of C compte parmi les tubes de cette époque désormais révolu : sonorités d’époque (synthé et autres Korg mythiques), beat tapageur (ça tape dans le lourd), tout est présent pour faire un petit voyage dans le passé. Et franchement on dira ce qu’on voudra (les détracteurs argueront que le clip est d’un kitsch complet par exemple) mais ça passe toujours aussi bien qu’à l’époque. Peter Renkens (le grand gugus déguisé qui n’est autre que le leader) est tout d’abord partis dans l’idée de promouvoir un club du pays, mais ça a ensuite muté pour devenir un groupe à part entière. Respect l’amis !

Laurent Garnier – Crispy Bacon

Laurent Garnier : pilier de la French Touch (je n’aime pas ce terme, on a clairement rien inventé, juste du recyclage), gourou producteur et excellent DJ, enfin bref le genre de mec qui impose le respect. Forcément bon nombre d’entre vous le connaissent, impossible de passer à coté quand on aime l’Electro. Mais trêve de plaisanterie, passons aux choses sérieuses à savoir le morceau en question : Crispy Bacon. Devant ce nom bien loufoque se cache une petite merveille de Techno, ça décolle en très peu de temps… pour arriver à l’orgasme auditif. Chapeau bas Laurent, on a pu entendre ton morceau dans 99 Francs, mais c’est en live que tu nous donnes le meilleur de toi même ! La preuve avec cet extrait du live à L’Elysée Montmartre : un mix orchestré à la perfection, un calme du personnage apparent qui laisse perplexe quand on sait la quantité de sono présente dans la salle (ça fait du DB tout ça). Bref l’amis, admire !